Limoges – Place de la République, abbaye Saint-Martial, église du Sauveur
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Année de l'opération :
2010Numéro d’opération :
123023Chronologie :
époque médiévaleNature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Éveha
Lhermite X., Marty A. 2010 : Limoges (87), Place de la République. Découverte des vestiges de la nef de la basilique du Sauveur, rapport de sondage, Limoges, SRA Limousin, 53 p., 22 pl.
Texte intégral
1De l’abbaye Saint-Martial, détruite pendant la Révolution, seuls sont aujourd’hui visibles, au sein de la crypte archéologique, place de la République, les vestiges de l’hypogée du haut Moyen Âge abritant le tombeau du premier évêque de la ville et les deux églises accolées au nord de l’ancienne abbatiale.
2Connue par plusieurs plans et coupes d’époque moderne, l’abbatiale du Sauveur était une grande église du xie s., dotée d’un chevet à déambulatoire et chapelles rayonnantes et possédant des tribunes au-dessus des bas-côtés de la nef et du transept. Ses dispositions la rapprochent des églises de Sainte-Foy de Conques, Saint-Sernin de Toulouse, Saint-Martin de Tours et Saint-Jacques de Compostelle. Les études récentes insistent sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’un monument homogène mais qu’elle résultait de plusieurs phases de construction. La chronologie de ces différents chantiers d’époque romane demeure cependant incertaine.
3Jusqu’à aujourd’hui, seules les fondations des murs et des grandes arcades du bras nord du transept avaient été mises au jour lors des campagnes de fouilles des années 1960. Mais, face à l’ampleur des découvertes réalisées alors, ces vestiges ne furent que très partiellement étudiés. Ils n’ont, par ailleurs, pas été mis en valeur au sein de la crypte archéologique.
4La construction d’un café dans l’angle sud-ouest de la place de la République, nécessitant une modification des réseaux ERDF, a motivé un suivi archéologique des travaux, préconisé par le SRA. La première intervention (sondage 1) de 0,80 × 0,80 m a été arrêtée dès la découverte d’une maçonnerie, moins de 0,20 m sous le sol actuel. Le mur, dégagé sur une assise seulement, a été relevé et photographié puis le sondage a été rebouché. La deuxième opération (sondage 2) s’est déroulée un mois plus tard. La tranchée de 8 m de long sur 1 m de large en moyenne était occupée par de très nombreux câbles électriques. Les éléments mis au jour dans ces deux sondages se révèlent néanmoins intéressants.
5Un mur, dont le parement nord fut découvert au sein du sondage 1 et le parement sud, doté d’un ressaut de fondation, fut mis au jour dans le sondage 2, occupait la partie nord de la zone de fouille. Large d’environ 1,65 m, il doit vraisemblablement être identifié avec le mur gouttereau nord de l’abbatiale. En effet, le recalage des plans anciens sur le cadastre actuel permet de localiser à cet emplacement le mur de la nef de l’église du Sauveur qui correspond, par ses dimensions, sa localisation et son orientation, au mur découvert lors des fouilles.
6Dans la partie centrale du sondage 2, une importante maçonnerie de moellons se développait parallèlement à ce mur. Construite sans réel parement, il faut sans doute y reconnaître le mur reliant en fondation les grandes arcades de la nef. La partie supérieure de cette fondation, plane, devait recevoir le sol de l’édifice. Cette maçonnerie recouvrait un mur plus ancien dont seul le parement sud a été dégagé sur quelques centimètres. Enfin, sous le remblai disposé contre les fondations fut découvert un niveau, sans doute préroman, riche en chaux (sol ou préparation de sol). Une fenêtre ouverte dans ce niveau a révélé une couche argilo-limoneuse ocre jaune compacte pouvant là encore apparaître comme un niveau de sol. Cette couche recouvrait une pierre convexe de grandes dimensions qui pourrait être un couvercle de sarcophage.
7Les importantes maçonneries mises au jour peuvent donc être identifiées au mur gouttereau nord de la nef et aux fondations des grandes arcades de l’abbatiale romane (fig. 1). Le remblai disposé contre les fondations révèle l’important apport de terre qui fut nécessaire pour aplanir le terrain et pour hausser le sol de l’église. Par ailleurs, les éléments anciens perçus dans le fond de la tranchée pourraient correspondre à un état préroman de la basilique. Malgré les conditions de l’opération et son caractère limité, assez d’éléments ont été mis au jour pour estimer qu’une fouille d’une plus grande ampleur permettrait d’appréhender de très nombreux niveaux depuis l’antiquité tardive jusqu’au xie s.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Localisation des vestiges au sein du bas-côté nord de la nef de l’édifice |
| Crédits | Dessin : A. Marty, X. Lhermite, d’après les relevés de T. Creissen et A. Marty (Éveha). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/213867/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 151k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Xavier Lhermite, Angélique Marty, « Limoges – Place de la République, abbaye Saint-Martial, église du Sauveur » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 01 septembre 2025, consulté le 16 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/213867
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