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1996
77 – Seine-et-Marne

Changis-sur-Marne – Le Dessus de la Chaussée, les Pétreaux

Fouille préventive (1996)
Responsable d’opération : Françoise Lafage
Notice rédigée avec Paul Brunet, Valérie Delattre, Fabrice Edin, J.-M. Favier, Catherine Frugier, Pascal Gille, Yves Lanchon, Bruno Léger, L. Louis, Stéphane Marion et Flory Mizabakani Diamonika

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Afan

Texte intégral

1Deux campagnes de fouille préventives ont été prescrites par le service régional de l’Archéologie d’Île-de-France durant l’année 1996, pour le suivi de la découverte des établissements agricoles protohistoriques de Changis-sur-Marne (Seine-et-Marne nord), révélés depuis l’été 1995 sur la nappe alluviale de la Marne dans le cadre de l’exploitation des granulats de la carrière Morillon-Corvol.

2Au total, ce sont désormais plus de 10 ha qui ont été fouillés (5 ha en 1995 ; 6,15 ha en 1996). La densité d’occupation s’est révélée être sensiblement constante depuis le début de la fouille préventive : les campagnes de 1995 ont permis de mettre au jour 35 constructions sur poteaux (bâtiments et/ou greniers à quatre, cinq, six et neuf poteaux), et celles de 1996 en ont révélé 37 (15 sur 2,5 ha dans le secteur 3 ; 22 sur 4,15 ha dans le secteur 4), soit en moyenne un peu plus de sept constructions à l’hectare.

3Ces constructions sont toujours accompagnées de nombreuses structures en creux (39 silos découverts en 1996 répartis en deux batteries distinctes et une centaine de fosses). À chaque campagne, au moins deux sépultures isolées d’horizons chronologiques différents ont été découvertes. Seule la sépulture no 5 de Changis, découverte durant l’hiver 1995, est bien datée de la fin du Néolithique moyen II (14C : Ly. 7613, 4725 ± 85 BP ; en calibré : 3660/3212 av. J.-C.) ; elle fait actuellement l’objet d’une étude approfondie. Les autres sépultures ont été déterminées et analysées, mais ne sont pas encore datées.

4Comme nous l’avons souligné précédemment, le mobilier datant issu des structures en creux est rare en raison de l’importante érosion enregistrée sur cette sablière. Des butoirs chronologiques sont malgré tout définissables pour les 10 ha envisagés : la zone de la nappe alluviale étudiée dans cette partie du méandre a connu une occupation humaine plus ou moins dense depuis le Néolithique ancien (deux fosses de la culture de Villeneuve-Saint-Germain ont été mises au jour en 1996) jusqu’au gallo-romain tardif (ive s. apr. J.-C.). Ainsi qu’il avait déjà été annoncé en 1995, les établissements ruraux actuellement les mieux documentés demeurent ceux des premier et second âge du Fer. Toutefois, des traces tangibles de structures du Bronze final IIb-IIIa (une fosse Rhin-Suisse-France orientale) et de La Tène probablement D2 (un four) sont apparues lors des deux dernières campagnes de 1996 : elles suggèrent une représentation probablement plus importante de ces faciès lors des prochains décapages.

5Ainsi, il semble encore extrêmement délicat de vouloir tenter un phasage réaliste de l’ensemble de ce site rural ouvert dans l’état actuel des découvertes et avant une étude plus approfondie. En effet, les limites de chaque implantation ne sont pas encore clairement définies dans l’espace, et l’absence de fossés ne facilite pas la perception des rapports entre des espaces occupés différemment dans le temps. En l’absence de réelle stratigraphie verticale, il semblerait que l’on ait affaire, en stratigraphie horizontale, à une succession relativement régulière de petits établissements agricoles ouverts protohistoriques, sur une emprise assez constante. Ils comprennent un ou plusieurs bâtiments, des greniers surélevés, des fosses détritiques (ou autres), et des structures de stockage en creux. Dans l’immédiat, on peut noter une interruption nette dans cette partie du site entre le Néolithique moyen II et le Bronze final.

6La poursuite d’une surveillance archéologique sur l’extension de cette carrière permettra probablement, durant les prochaines campagnes, de mieux délimiter des secteurs chronologiquement plus fiables que ceux perçus à ce stade des découvertes.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Françoise Lafage, Paul Brunet, Valérie Delattre, Fabrice Edin, J.-M. Favier, Catherine Frugier, Pascal Gille, Yves Lanchon, Bruno Léger, L. Louis, Stéphane Marion et Flory Mizabakani Diamonika, « Changis-sur-Marne – Le Dessus de la Chaussée, les Pétreaux » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Île-de-France, mis en ligne le 05 septembre 2025, consulté le 10 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/214025

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Auteurs

Françoise Lafage

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Droits d’auteur

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