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AccueilRégionsÎle-de-France199677 – Seine-et-MarneCompans – Ouest du Parc

1996
77 – Seine-et-Marne

Compans – Ouest du Parc

Fouille nécessitée par l’urgence absolue (1996)
Responsable d’opération : Jean-Pierre De Régibus
Notice rédigée avec Henri Proux

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Afan

Texte intégral

1Le site JPGF 182 découvert en 1985 et déclaré en 1987 n’a pas été protégé faute d’avoir été intégré dans les documents officiels (POS communal réalisé en 1990, et deux enquêtes d’utilité publique pour la ZAE du Parc [44 ha] en 1992 et 1995).

2La JPGF est intervenue dès le 23 janvier 1996 dans des conditions climatiques sévères, sans aide spécifique de la SESM (Société d’économie mixte de Seine-et-Marne), si ce n’est une certaine souplesse dans l’utilisation d’un engin de terrassement (VIA France – antenne de Mitry-Mory).

3Le chantier commença le 19 janvier 1996 sans contrôle des archéologues, ce qui a entraîné la destruction d’une partie de la couche archéologique (0,30 m environ), effaçant du même coup des structures, empêchant la datation d’autres ou ne laissant que des traces infimes comme certains solins marqués sur 2 à 3 cm seulement.

4Le site est calé sur un chemin antique se dirigeant vers Mauregard en passant par les habitats du Poteau du Mesnil et de la chapelle de Notre-Dame de Guivry, puis vers le sud il rejoint la voie des Sacres au sud de Claye-Souilly en passant par Gressy.

Les prospections

5Les prospections pédestres JPGF menées depuis 1978 ont permis de cartographier un maillage très serré d’habitats gallo-romains implantés sur ce riche plateau lœssique. Certains d’entre eux, dans l’enceinte de l’aéroport, sont irrémédiablement détruits. D’autres seront étudiés grâce aux documents et repérages de la JPGF, dans le cadre des opérations réalisées préalablement à l’aménagement de la piste 4.

6La prospection du lieu-dit l’Ouest du Parc avait révélé l’existence de cinq zones à forte concentration d’artefacts et/ou à colorimétrie très foncée. Le résultat des prospections donne 147 éléments lithiques dont 29 outils (ratio 19,7 %) et 2 904 tessons indiquant une période d’occupation allant du début du ier s. au ve s. apr. J.-C.

La fouille

7La fouille menée sur environ la moitié du terrain (10 650 m2 sur 22 000 m2 présumés) a permis de vérifier quatre points majeurs. Elle mérite d’être poursuivie pour mieux appréhender les aspects suivants :

  • présence éventuelle d’un habitat Villeneuve-Saint-Germain ;
  • réseau de fossés et parcellaire ;
  • hypocauste ;
  • bâtiments tardifs de la fin du ive s. et du début du ve s., période d’extinction du site.

8L’occupation humaine confirmée par la fouille concerne les périodes suivantes :

  • Néolithique : fosse et silos du Villeneuve-Saint-Germain ;
  • Fin de l’indépendance gauloise et Haut-Empire : fossés, habitats, caves, dépendances agricoles jusqu’au début du iiie s. ;
  • Bas-Empire : fosses, fours, puits, zone de stabulation, bâtiments de la fin du iie au début du ve s.

9L’organisation spatiale des vestiges montre un ensemble agropastoral à plan éclaté. Il est implanté dans un rebord de pente exposé nord-ouest, calé contre le ru des Cacherats, affluent de la Biberonne. Ce type d’habitat éclaté rappelle celui découvert récemment par les archéologues de l’Afan dans la zone aéroportuaire de Roissy (site JPGF 300 : Le Chapitre nord, commune du Mesnil-Amelot). Nous ne sommes pas en présence d’une villa à cour fermée, classique du paysage antique de la Picardie qu’ont révélé les travaux de R. Agache.

10Les structures du Haut-Empire ont livré un abondant matériel ostéologique, métallique et surtout céramique.

11Un bâtiment, dont il ne subsistait plus que la cave ou cellier, a livré un lot important de céramique noire lustrée et décorée (stries et guillochis, décors au sable), de sigillée en provenance de la Graufesenque et accessoirement de Banassac, dont les estampilles donnent une fourchette chronologique précise (40-70 apr. J.-C.). Cette structure a également livré de la céramique rose à enduit rouge pompéien, de la céramique commune, des tèles et du mortier, des cruches et amphores, de la terra nigra avec estampilles épigraphiques ou anépigraphiques, etc. Le catalogue des formes est actuellement en cours de rédaction et sera prochainement publié.

12Des enduits peints ont été mis au jour dans cet établissement relativement luxueux. La base des murs en mortier blanc assez grossier présentait un tracé imitant un mur de briques, la partie supérieure était agrémentée de panneaux soulignés de couleurs (rouge, verte, jaune, ocre) et avec au moins des motifs végétaux.

13L’accès au sous-sol se faisait par des marches directement taillées dans le substrat marno-calcaire de Saint-Ouen.

14Sur le plan scientifique, deux éléments méritent d’être soulignés :

  • la quasi-absence de céramique NPR (Jobelot-Vermeersch), alors qu’elle est très abondante sur tous les sites du Haut-Empire situés dans cette partie du plateau ;
  • la présence de céramique craquelée bleutée, dans un ensemble clos du ier s., présentant un aspect porcelané caractéristique jusqu’alors des pâtes du ive s.

15Un bel ensemble du ive s., plus à l’est, a livré des structures d’habitation, des fosses et fossés, une grande aire domestique et de stabulation, des fours domestiques circulaires et un tubulaire, un puits. Le four situé dans la partie basse présentait un cendrier hérissonné de pierres liées au limon, le déchargement du trop-plein des cendres se faisait dans l’aire de stabulation. L’abondant matériel céramique orné à la molette et les objets manufacturés en os ou en métal pourraient d’après Paul Van Ossel dater du milieu du ive s.

16Des études environnementales sont en cours ou à venir : Véronique Materne pour les macrorestes végétaux, l’ichtyologie et l’entomologie ; Jean-Hervé Yvinec pour l’ostéologie des structures les plus intéressantes du site (étude diachronique), selon l’enveloppe budgétaire allouée ; Michel Petit a pris en charge l’acheminement vers le laboratoire de Grenoble des prélèvements de bois effectués sur des poutres conservées dans un puits du Bas-Empire.

17La fouille de ce site sera poursuivie dans le courant de l’année 1997. Elle permettra de compléter le plan de cet établissement et de préciser ses différentes phases d’occupation.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Jean-Pierre De Régibus, Henri Proux, « Compans – Ouest du Parc » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Île-de-France, mis en ligne le 05 septembre 2025, consulté le 15 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/214109

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Auteurs

Jean-Pierre De Régibus

Afan

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Responsable d’opération

Jean-Pierre De Régibus

Afan

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Droits d’auteur

CC-BY-SA-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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