Meaux – La Bauve
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Année de l'opération :
1996Sujets :
ensemble religieux, sanctuaire, ensemble monumental, bâtiment sur poteaux, trou de poteau, gaine, fourreau, arme, arme offensive, arme de jet, javelot, objet métallique, objet en ferChronologie :
Protohistoire, âge du Fer, Second âge du Fer, Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, Empire romain, Haut-Empire romain, Bas-Empire romainNature de l'opération :
fouille programméeNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Ministère de la Culture
Texte intégral
1Cette nouvelle campagne de fouille programmée pluriannuelle (1995-1997) sur le site de la Bauve a permis de poursuivre les investigations sur les phases les plus anciennes du site, au niveau de l’entrée monumentale de l’enceinte quadrangulaire, et de reprendre la fouille du monument à plan centré et plus particulièrement de son bâtiment méridional. Un nouveau secteur a été ouvert à l’extérieur du côté oriental de l’enceinte, afin de suivre les constructions sur poteaux et de mieux comprendre l’organisation du mobilier métallique protohistorique abondant dans cette partie du site.
2L’occupation antique se manifeste toujours ici par la présence d’une phase de couches marron, implantée directement sur le substrat géologique, datées du début du ier s. apr. J.-C. pour certaines et de la fin du ier s. apr. J.-C. pour d’autres. Sous cet ensemble de couches, des trous de poteau s’organisent en deux lignes parallèles de bâtiments, dont l’orientation correspond à celle de l’ensemble des structures antérieures et non à l’implantation du sanctuaire monumental gallo-romain. Ces structures en creux sont difficiles à dater car elles ne sont visibles qu’au niveau du substrat géologique et leur remplissage ne se différencie pas des niveaux supérieurs.
3L’armement du ive s. av. J.-C. retrouvé dans les couches datant du ier s. apr. J.-C. se compose essentiellement cette année de fragments de fourreaux d’épée et de deux pointes de javelot. Il correspond au sanctuaire protohistorique situé à proximité mais qui n’a pas encore été localisé. La répartition de cet armement n’est nullement due au hasard ; de nettes concentrations sont en effet visibles à l’emplacement des bâtiments sur trous de poteau. Diverses hypothèses peuvent être retenues : soit le mobilier en fer a été déplacé puis remanié et étalé au ier s. apr. J.-C., soit l’armement a été étalé de façon homogène, l’installation venant postérieurement perturber cet ensemble, soit l’armement a été peu déplacé et son emplacement reflète sa distribution initiale (la concentration de matériel s’explique alors par la contemporanéité du dépôt des armes et des bâtiments, les armes constituant des trophées situés entre ceux-ci). Seules la datation plus fine des bâtiments et la poursuite de l’exploration de cette zone permettront de préciser la répartition du mobilier protohistorique et son lien éventuel avec les bâtiments sur poteaux.
4Concernant le complexe monumental gallo-romain (enceinte quadrangulaire et surtout monument à plan centré), les investigations archéologiques ont été rendues possibles après l’enlèvement, en 1995, d’un important tas de déblais qui bloquait l’accès à cette partie du site. Ainsi le bâtiment à plan centré sud a-t-il particulièrement retenu l’attention cette année. La fouille a été réalisée selon l’axe d’une coupe est-ouest se développant parallèlement et perpendiculairement aux murs correspondant aux côtés ouest, sud et est de la galerie de circulation, et aux entrées ouest, sud et est du bâtiment méridional.
5D’impressionnantes phases de remblais de construction ont été repérées ici ; il est surprenant de trouver à cet endroit du site, correspondant en principe à l’extérieur des bâtiments, des remblais de construction présents pour l’essentiel d’habitude à l’intérieur du monument. Mais la partie méridionale du monument s’organise, semble-t-il, de façon radicalement différente de son côté septentrional.
6La partie sud-est du monument à plan centré, à l’est de l’entrée méridionale, se caractérise par la présence de plusieurs murs orientés nord-sud (M92 et M86), installés parallèlement au puissant mur M40 qui divise le site en deux parties sensiblement égales. Cet espace est également comblé de remblais de construction ; il faut signaler une aire de récupération récente bien visible avec un bloc de grand appareil calcaire prêt à être détaché. Mais ici, et pour la première fois sur le site, une couche sombre contenant du matériel antérieur au Bas-Empire est présente entre deux phases de remblais de construction.
7Elle est en relation avec le changement d’appareil du mur M92. La partie sud-ouest du monument, à l’ouest de l’entrée méridionale, est entièrement comblée de remblai de construction sans aucun matériel archéologique, sur une hauteur de près de 3 m. C’est au sud de cet espace que sont apparues deux imposantes constructions prises dans l’épais remblai. Il s’agit de deux massifs semi-circulaires (M97 et M98) qui viennent s’appuyer, au sud, sur un mur orienté est-ouest (M96). On retrouve de bas en haut pour la construction : six lits de petit appareil régulier en calcaire dur, une arase de blocs de calibre plus important en gypse saccharoïde, puis une dizaine de lits de petit appareil en calcaire mélangé à du grès et à du gypse. Ces massifs semi-circulaires ne sont pas entièrement appareillés : en effet, les espaces créés par les murs M96, M97 et M98 sont comblés de remblais de construction. Il faut signaler de plus que ces massifs sont disposés dans le sens de la pente du site et, de ce fait, servent à contrebuter la poussée des remblais de construction destinés à rattraper le pendage du terrain. La fonction de ces massifs semi-circulaires, présents pour l’instant uniquement au sud-ouest du monument à plan centré, est difficile à préciser dans l’état actuel de la recherche et seule la poursuite de la fouille dans cette partie du site peut nous éclairer sur leur destination exacte.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Massifs semi-circulaires fouillés en 1996 au sud du bâtiment à plan centré méridional |
| Crédits | Cliché : D. Magnan (SDA). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/214277/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 639k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Danielle Magnan, Stéphane Marion, « Meaux – La Bauve » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Île-de-France, mis en ligne le 05 septembre 2025, consulté le 18 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/214277
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