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Année de l'opération :
1996Sujets :
fosse, bâtiment sur poteaux, four, four domestique, four de tuilier, canalisation, tubulure, vaisselle, fixation de vêtement, épingle, ossement animal, stockageChronologie :
Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, Empire romain, Haut-Empire romain, Bas-Empire romainNature de l'opération :
fouille programméeNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Association régionale pour l’essor de l’archéologie
Texte intégral
1Durant l’été 1996, l’étude du site des Cottes-Mains par l’Area s’est poursuivie dans le cadre d’une fouille programmée. L’objectif de cette campagne était d’accéder à une meilleure compréhension dans l’organisation de l’atelier de tuilier gallo-romain : quatre fours avaient été repérés et trois d’entre eux fouillés en 1994 et 1995. Nous souhaitions étendre la fouille au nord et à l’ouest de la zone précédemment dégagée afin de poursuivre l’étude des niveaux de circulation apparus en 1995. Durant l’hiver, nous nous sommes livrés à une prospection électrique par la méthode de résistivité des sols qui nous a permis de repérer de fortes perturbations dans ce secteur.
2La fouille qui a suivi nous a permis de mieux cerner la division de l’espace en plusieurs aires qui, bien qu’ayant connu des remaniements successifs, ont dans l’ensemble conservé leur spécificité.
3Au nord-est, la zone des fours, bordée au nord et au nord-ouest par un ensemble de fosses ayant servi à stocker et à pourrir l’argile. Ces fosses se recoupent et certaines sont comblées avec des matériaux provenant de la destruction et de l’abandon des fours 2 et 4, démontrant ainsi qu’elles se sont succédé dans un secteur qui ne présentait pas d’autres types d’aménagement et qui a donc conservé la même vocation (stockage de l’argile) tout au long de la vie de l’atelier.
4À l’ouest, une aire limitée par des alignements de piquets était recouverte par un radier de tuile. Elle a livré au moins deux bâtiments ouverts sur poteaux, du type halle de séchage ou de stockage des matériaux.
5Un bâtiment avec assises de pierres et élévation en terre jouxtait ce secteur. Il a connu un réaménagement dans un angle, composé d’un niveau de briques et de tuiles liées par de l’argile rubéfiée qui atteste sa vocation artisanale. Un niveau de sol très cendreux lui était associé, et a livré deux monnaies de la seconde moitié du iie s.
6Ce secteur a également livré du mobilier domestique (vaisselle, os et dents de porc, fragment de coupe en verre, épingle à cheveux…) et des structures (réserve avec calage pour dolia ou amphores, petit four domestique ou séchoir), témoignages de la vie quotidienne des occupants du site et d’un souci d’intendance incluant les structures liées à l’alimentation au sein de l’atelier.
7La stratigraphie a permis d’établir au moins cinq phases successives dans l’occupation du site. Quelques céramiques datent du milieu ou de la fin du ier s., mais elles sont toujours associées à du matériel du iie s. Il est donc impossible pour l’instant de parler d’une occupation du ier s. Par contre, les monnaies et les céramiques datantes confirment une forte présence à la fin du iie s. et dans le courant du iiie s. Quelques éléments datant du ive s. ont été découverts dans les couches supérieures, ce que nous avions déjà constaté les années passées au-dessus des niveaux d’abandons des fours 1 et 2.
8La découverte d’une canalisation en terre cuite amenant l’eau jusqu’à une fosse servant de bassin de réception a également répondu en partie à nos interrogations concernant l’approvisionnement de l’atelier en eau. Il nous reste à déterminer sa provenance, mais aussi à trouver le système utilisé dans les phases antérieures de l’atelier, car elle date de l’état no 4.
9Une autre interrogation concerne des tubulures découvertes dans les niveaux de remblai des bâtiments et dans le comblement du four 4 : elles ont une forme et des dimensions semblables à celles utilisées dans les fours de potier, fours à sigillée ou four à cuisson rayonnante comme ceux d’Augers-en-Brie ou de La Boissière-École. Nous n’avons pas trouvé d’exemple de four de tuilier utilisant ce type de matériaux : faut-il supposer qu’il nous reste à découvrir un ou des four(s) de potier sur l’atelier ou dans ses environs, et que, dans ce cas, il pourrait s’agir de four(s) à cuisson rayonnante ?
10La campagne 1996 nous a donc permis de mieux cerner l’organisation spatiale de l’atelier et son histoire, avec au moins cinq réaménagements successifs, mais elle ouvre aussi de nouveaux champs de réflexion concernant l’imbrication des structures liées à l’artisanat avec celles de la vie domestique, l’approvisionnement en eau et la finalité des tubulures retrouvées dans les niveaux de remblai.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Le bâtiment 6/9 et son réaménagement |
| Crédits | Cliché : J. Roiseux (Area). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/214361/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 738k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Francine Marcoult, « Savins – Les Cottes-Mains » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Île-de-France, mis en ligne le 05 septembre 2025, consulté le 13 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/214361
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