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AccueilRégionsÎle-de-France199677 – Seine-et-MarneGrisy-sur-Seine – Les Roqueux

1996
77 – Seine-et-Marne

Grisy-sur-Seine – Les Roqueux

Fouille préventive (1996)
Responsable d’opération : Patrick Gouge
Notice rédigée avec Jean-Marc Séguier

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Département de Seine-et-Marne

Texte intégral

1L’étude du territoire de la ferme d’lsle s’est poursuivie en 1996, par la fouille de différents témoins d’occupation répartis sur une emprise de 6 ha sur la partie sud-ouest des Roqueux, qui a été décapée par la Société des sablières de Saint-Sauveur-lès-Bray pour en extraire le gisement alluvionnaire. Hormis une fosse qui a livré du mobilier du Néolithique moyen II en faible quantité, les différentes structures dégagées se rapportent au Bronze final IIa, au Bronze final IIb-IIIa, au premier âge du Fer ou à la période gallo-romaine.

Fig. 1 – Schéma d’implantation des principales installations

Fig. 1 – Schéma d’implantation des principales installations

2Le Bronze final IIa est représenté par des rejets domestiques, accumulés dans de simples fosses, au nombre de quatre, creusées dans les limons de débordement dont la puissance atteint 2 m au-dessus des sables et des graviers. Le matériel céramique est plus ou moins abondant selon les fosses, mais très fragmenté. Le mobilier métallique est seulement représenté par une épingle en bronze du type de Courtavant. Deux autres fosses ont livré quelques tessons de céramique qui peuvent appartenir à cette phase du Bronze final. Ces témoins enrichissent de façon appréciable les données déjà collectées sur le site depuis 1980. Ils permettent une vision d’ensemble de l’occupation du site au cours du Bronze final IIa. Les structures de cette phase, limitées à une dizaine de fosses très dispersées, renseignent mal sur l’architecture de l’habitat. En revanche, l’étude approfondie du mobilier permettra probablement de répondre à certaines questions, en particulier la chronologie relative des installations, mais aussi la nature et la part des activités économiques dans un environnement semi-palustre.

3Dans le voisinage des structures du Bronze final IIa, une vaste fosse au creusement complexe a manifestement servi de dépotoir domestique au Bronze final IIb-IIIa. Le matériel céramique, abondant et varié dans ses formes et ses décors, complète largement les données attribuées à cette phase et collectées sur le site. En effet, depuis le début des travaux, une vingtaine de dépotoirs de cette phase ont déjà été fouillés sur la partie sud et sud-ouest des Roqueux. Ces structures plus densément réparties que celles du Bronze final IIa rappellent l’ensemble plus ou moins contemporain des Méchantes Terres, situé à 600 m plus au sud et fouillé en 1986 dans le même contexte (territoire de la ferme d’lsle, sablière). On peut regretter que les structures d’habitat proprement dites fassent défaut tant aux Roqueux que sur les Méchantes Terres, mais l’étude du matériel reste prometteuse pour caractériser ces occupations.

4À proximité de ces structures du Bronze final, quelques fosses ont livré un matériel peu abondant dont les éléments céramiques les plus caractéristiques permettent une attribution chronoculturelle au premier âge du Fer.

5L’occupation gallo-romaine (étude J.-M. Séguier) consiste en un grand enclos de forme subtrapézoïdale, de 2 ha de superficie environ, délimité par des fossés et des tronçons de palissades (enclos des Roqueux centre). La structure de cet établissement rural, dont les premiers éléments ont été trouvés en 1989, n’a pas encore pu être analysée dans le détail. La structure générale du site et les recoupements de fossés témoignent de plusieurs phases de réfection qu’il n’est pas toujours possible de démêler et qui se sont succédé, semble-t-il, sur un laps de temps assez court.

6L’intérieur de l’enclos est divisé en parcelles de proportions inégales et aux fonctions sans doute différentes. C’est dans la grande parcelle située à l’ouest que se concentrent les fosses (à vrai dire peu nombreuses) liées à des installations domestiques alors que les parcelles orientales semblent très peu investies. La répartition du mobilier dans les fossés semble refléter aussi cette partition fonctionnelle de l’espace.

7De longs fossés situés tout autour de l’enclos ainsi qu’un chemin bordé par deux fossés constituent des éléments de structuration du paysage agraire ; tous ces éléments ne sont peut-être pas synchrones mais ce système parcellaire semble créé en même temps que l’enclos.

8La principale originalité du site tient à ce que l’occupation comporte deux phases séparées par un hiatus important qui traduit soit un abandon complet soit un changement radical de statut.

9La première phase couvre tout le ier s. apr. J.-C. C’est à cette époque que la presque totalité du système fossoyé est mise en place. La plupart des fosses de la partie ouest, souvent atypiques, appartiennent à cette phase, mais aucun bâtiment ne peut y être rattaché avec certitude. Les éléments les plus anciens sont d’époque tibéro-claudienne, les plus récents d’époque flavienne.

10Les iie s. et iiie s. semblent constituer une phase d’abandon ; tout au moins aucune structure n’est comblée à cette époque. Les seuls documents contemporains sont quelques tessons résiduels trouvés dans des fosses plus tardives ; ils semblent témoigner d’une fréquentation du site mais certainement pas d’un habitat. Par contre, à cette époque, est occupé un second enclos, plus petit, situé au nord (enclos des Roqueux nord, fouille P. Gouge, 1989-1990).

11Le site est réoccupé à partir de l’extrême fin du iiie s. ou plutôt au tout début du ive s. et jusque dans la seconde moitié du ive s. Bien que les structures restent dans les limites de l’enclos du Haut-Empire, les fossés ne sont pratiquement plus visibles et, au Bas-Empire, le site ne semble pas délimité par un système fossoyé. Par ailleurs, la superficie occupée est bien plus restreinte qu’au ier s.

12Outre quelques modestes bâtiments sur poteaux à calages, quelques fosses atypiques et un ou deux puits, la principale caractéristique de l’établissement est une série de très grandes fosses peu profondes et irrégulières, d’un modèle connu sur plusieurs sites de la région à cette époque et dont la nature reste à déterminer (sont-elles liées à une mise en culture des lieux ?). Le mobilier, abondant, ne laisse pas de doute sur l’existence d’un habitat sur les lieux mêmes ; sa diversité illustre la variété des activités (travail du bois, des textiles, métallurgie, tabletterie ?). La présence de nombreux fragments de pilettes et de tubuli dans l’une des fosses pose le problème de l’existence d’un hypocauste sur le site.

13L’intérêt de ce gisement antique est double. Il réside dans le fait qu’il s’intègre à un secteur bien documenté car décapé sur près de 140 ha donnant ainsi de précieuses informations sur l’environnement des enclos (parcellaires, structures dispersées). Il tient aussi à ce que l’on peut mettre en évidence, entre La Tène finale et le début du haut Moyen Âge, une série de déplacements de l’habitat à l’intérieur d’une entité territoriale qui pourrait s’assimiler à un finage.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Schéma d’implantation des principales installations
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/214522/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 400k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Patrick Gouge, Jean-Marc Séguier, « Grisy-sur-Seine – Les Roqueux » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Île-de-France, mis en ligne le 05 septembre 2025, consulté le 08 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/214522

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Auteurs

Patrick Gouge

SDA de Seine-et-Marne

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Jean-Marc Séguier

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Responsable d’opération

Patrick Gouge

SDA de Seine-et-Marne

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Droits d’auteur

CC-BY-SA-4.0

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