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Année de l'opération :
1996Nature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Département de l’Essonne
Texte intégral
1La ville de Montlhéry, dominée par l’ancienne forteresse bâtie au sommet d’une butte-témoin du Stampien, s’étend sur une terrasse intermédiaire au nord-ouest. Les prisons sont localisées au sud de la ville haute, le long de l’ancienne voie royale de Paris à Orléans et non loin de la porte Baudry.
2Le bâtiment des anciennes prisons, dont la construction est généralement attribuée au règne de Philippe Auguste, s’inscrit dans un rectangle d’environ 12 m de long, 6 m de large et un peu plus de 7 m de hauteur. La partie centrale est constituée d’une tour en saillie, de 4 m de diamètre intérieur, qui devait être munie de planchers. Le mur présente une avancée constituée de deux ouvertures superposées. Deux ailes latérales de même hauteur sont accolées à la tour. L’ensemble des parements est constitué de grès de Fontainebleau.
3La parcelle comprend un autre bâtiment, en façade de l’ancienne voie, de facture plus récente et dont l’origine reste peu documentée. Une petite cour intérieure est ménagée entre les deux bâtiments.
4Les travaux de restauration conduits par le service départemental de l’architecture nous ont conduits à réaliser une reconnaissance archéologique du sous-sol de la cour, préalablement à son arasement superficiel.
5Le premier sondage a été réalisé le long du bâtiment le plus récent. Deux phases d’occupation ont été reconnues.
6La première est caractérisée par une petite fosse et un creusement de 1,20 m parallèle au bâtiment. Ce dernier peut être interprété comme une tranchée de fondation. S’agit-il de la fondation du bâtiment actuel ou d’un édifice antérieur ? On peut regretter de ne pas avoir ouvert le sondage à l’aplomb du bâtiment. Toutefois plusieurs indices, notamment la découverte de gravures anciennes sur les murs du bâtiment actuel, suggèrent que cette tranchée de fondation correspond à l’édifice en élévation. L’ensemble du mobilier recueilli dans cette structure est parfaitement homogène et s’échelonne entre la fin du xve s. et le milieu du xvie s. Cette datation, qui bouscule certains a priori sur l’ancienneté de l’édifice, s’accorde avec les rares sources écrites et il faut sans doute voir dans ce bâtiment l’auditoire rebâti en 1548 par François Olivier, seigneur de Leuville. Ces éléments éclairent par ailleurs la lecture que l’on peut porter sur le parcellaire. Ils indiquent que le tracé actuel de la Grande-Rue (entre l’église et la porte Baudry) et la construction de la plupart des bâtiments en bord de parcelle remontent vraisemblablement aux années 1540-1550. C’est au cours de la même décennie que débute la construction des remparts autour de la ville (1540-1589). Tous ces travaux procèdent du mouvement général de reconstruction, qui dure environ un siècle (1450-1550), consécutivement à la guerre de Cent Ans et aux troubles qui suivirent.
7La deuxième phase d’occupation est caractérisée par une fosse-dépotoir du xviiie s. qui occupe la moitié du sondage. Cette fosse, de 0,40 m de profondeur, est délimitée par des pierres posées de chant. Son comblement a livré de nombreux ossements animaux et des céramiques.
8Lors des travaux de restauration un ensemble de gravures a été mis au jour dans la partie méridionale du bâtiment aligné sur la Grande-Rue. Cet ensemble occupe deux murs en vis-à-vis et couvre plusieurs mètres carrés. La partie supérieure des panneaux, là où les surimpositions sont moindres, conserve plusieurs dates (1692-1693) associées à des noms. Plusieurs édifices, dont on peut supposer qu’ils marquaient le paysage de la ville, sont gravés avec de nombreux détails. Il s’agit en particulier d’un très grand bâtiment à étages avec pilastres, frontons (un grand bâtiment du même type est reproduit sur une gravure du village de l’ancienne collection Gaignières, 1704). De même, les gravures de tours, vues de l’intérieur avec planchers et échelles pour accéder aux étages, ou de l’extérieur, peuvent évoquer les remparts construits sous le règne de François Ier. On rencontre également plusieurs figurations de moulins à vent supposées reproduire le moulin qui existait sur une butte au nord-est de la ville. D’autres détails, comme les costumes des personnages, confortent la datation des gravures. La représentation de gibets et d’une scène de pendaison suggère qu’il s’agit de l’œuvre de prisonniers. Les sources nous apprennent que la geôle et l’auditoire sont réparés en 1659 sur l’initiative du prévôt François de Dinan. À cette époque, les prisonniers seraient donc détenus dans la partie sud du bâtiment tandis que la prévôté, avec son auditoire, siégerait dans l’autre partie du bâtiment. C’est aussi à cette période que remontent les hauts murs qui ferment la cour intérieure transformée alors en préau.
9Compte tenu du très grand intérêt de cet ensemble, un relevé graphique devrait être entrepris en 1997 avec le concours du Groupe d’études, de recherches et de sauvegarde de l’art rupestre (Gersar).
10Le second sondage a été ouvert au pied de l’édifice médiéval. La phase la plus ancienne correspond à la tranchée de fondation de l’édifice. Cette tranchée de 0,70 m de profondeur présente un profil en escalier. Son comblement constitué de sable faiblement remanié n’a livré que deux minuscules tessons peu caractéristiques. L’un d’eux porte toutefois la trace d’une flammule orangée (xiiie s. ?). La deuxième phase est contemporaine de la construction de l’auditoire voisin, dans le courant du xvie s. Deux fosses profondes d’environ 1,50 m de diamètre se recoupent sur leur bord. Ces fosses ont pu servir à extraire le sable de Fontainebleau (substrat) utilisé pour la fabrication du mortier. À l’instar du sondage précédent, la sédimentation de ces fosses reflète par ses éléments constitutifs des travaux de construction. Les dépôts d’occlusion sont caractérisés par une accumulation de tuiles plates fragmentées sur place et de pierres. La phase suivante (xviiie s.) comprend deux alignements de trous de poteau disposés parallèlement aux anciennes geôles. Leur fonction reste énigmatique.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Plan de situation |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/214815/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 401k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Vincent Goustard, « Montlhéry – 27 Grande-Rue » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Île-de-France, mis en ligne le 05 septembre 2025, consulté le 15 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/214815
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