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AccueilRégionsNormandie200927 – EureConches-en-Ouche – La Mare Sensuelle

2009
27 – Eure

Conches-en-Ouche – La Mare Sensuelle

Diagnostic (2009)
Responsable d’opération : Bénédicte Guillot
Notice rédigée avec Nolwenn Zaour

Entrées d’index

Année de l'opération :

2009

Chronologie :

époque médiévale

Nature de l'opération :

opération de diagnostic
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Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Inrap

Texte intégral

1Le Logement Familial de l’Eure ayant demandé à bâtir la parcelle AL 21 à Conches-en-Ouche, au lieu-dit « La Mare Sensuelle », un diagnostic a été décidé afin de caractériser et de préciser la datation d’un site mis au jour en 2001 lors d’une première opération archéologique (Carré 2001).

2Ce diagnostic a permis de confirmer la présence sur la parcelle de deux occupations successives.

3La première phase est caractérisée par la construction d’un édifice en pierre associé à une zone funéraire au nord et à l’est. L’importance du cimetière (au moins 300 m2) et les observations de 2001 et 2009 permettent de proposer un nombre d’inhumations minimales de 200 à 250 individus. En l’absence de fouille, il n’est pas possible de dater le cimetière ou la construction de cette chapelle, la contemporanéité des deux n’étant pas assuré.

4La seconde phase est marquée par la démolition de la chapelle et l’implantation sur la parcelle d’un atelier métallurgique. Il faut noter que, même si l’amas oriental recouvre en partie l’arase des maçonneries, il semble que les activités artisanales se soient établies hors de l’emprise du cimetière.

5Parmi les nombreuses structures fossoyées dégagées, il est difficile de distinguer celles qui appartiennent à la première phase et celles qui font partie de l’atelier, sauf les rares qui ont livré du mobilier céramique. Signalons que deux fosses contenaient chacun un petit tesson non tourné de facture protohistorique et qu’un trou de poteau recelait des fragments d’une amphore de La Tène Finale.

6Néanmoins, la présence de nombreuses structures fossoyées aux abords de la chapelle et du cimetière laisse penser que l’on est en présence d’un hameau ou village. Mais ce noyau d’habitat fait-il partie du hameau de Valeuil situé à proximité ? En est-il le noyau originel ? Ou est-ce un habitat isolé ?

7La période d’abandon est fournie par un niveau lié à la métallurgie qui recouvre directement l’arase des maçonneries de la chapelle. Il semble donc que le secteur funéraire ait cessé d’être occupé à la fin du xiie s. Du point de vue historique, le domaine de Conches est alors aux mains des Tosny et il est possible que les conflits entre les Plantagenêts et le Roi de France soit une des explications de la démolition de la chapelle, une partie de l’habitat pouvant subsister durant la période d’activité artisanale.

8La métallurgie devient donc, à la fin du xiie et au xiiie s., l’activité principale du site. Le corpus céramique est assez homogène et se retrouve à la fois dans deux amas mis en évidence, mais également dans les grandes fosses, en particulier une fosse dépotoir au nord. L’étalement de matériaux de démolition et le comblement d’un puits peuvent être contemporains avec une datation large des xiiie-xive s. Cet atelier est mis en évidence d’une part par l’omniprésence de scories recueillies ponctuellement dans certaines fosses et d’autre part avec la présence de deux amas de scories, un premier situé au sud de l’emprise et un second placé au nord-est.

9Toutes les scories que nous avons trouvées sur le site sont des déchets produits lors de la phase de réduction du minerai de fer en fer métallique. Succinctement, elles existent sous deux grandes formes : les scories de fond de four et les scories coulées. Les amas sont une accumulation de scories autour d’une structure de réduction. Plusieurs amas peuvent former un ferrier qui est alors l’indice d’une ancienne exploitation métallurgique. Lors de ce diagnostic, nous avons donc mis au jour un ferrier composé d’au moins deux amas. Des structures de réduction de minerai de fer type bas fourneau à scorie coulée doivent être en relation avec ces amas.

10Les sites ayant livré des indices d’activités métallurgiques liées au fer ne sont pas nombreux pour cette période, même si la région du Pays d’Ouche est extrêmement riche en mentions de site. En revanche, pour la période qui nous intéresse, on ne recense pour l’instant dans l’Eure que le site du Clos des Forges à Avrilly daté des xiiie-xve s. qui a livré un foyer de cémentation (Le Cain 2001), et les forges d’Évreux, site du parking de l’Hôtel de Ville qui se succèdent du xiie au xvie s. (Guillot 2007). Il serait donc intéressant de relier les analyses métallurgiques de ces deux sites pour voir s’il existe une filiation entre le site de réduction et la forge. Nous pourrions ainsi, peut-être, répondre aux interrogations sur les fournisseurs en métal de la ville d’Évreux.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Bénédicte Guillot, Nolwenn Zaour, « Conches-en-Ouche – La Mare Sensuelle » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Normandie, mis en ligne le 04 septembre 2025, consulté le 09 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/215038

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Auteurs

Bénédicte Guillot

Inrap

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Nolwenn Zaour

Inrap

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Responsable d’opération

Bénédicte Guillot

Inrap

Opération(s) dirigée(s) par cet archéologue

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Droits d’auteur

CC-BY-SA-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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