Bobigny – ZAC de la Vache à l’Aise
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Année de l'opération :
1996Sujets :
enclos, enclos quadrangulaire, fossé, fosse, parure, bijou, bracelet, perle, matériel de broyage, meule, arme, arme offensive, projectile, balle (projectile), balle de fronde, statue, ossement animal, céramiqueNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Département de Seine-Saint-Denis
Texte intégral
1Déjà évoquée dans les bilans 1994 et 1995, une opération menée par la mission départementale d’Archéologie de la Seine-Saint-Denis sur l’emprise de la ZAC de la Vache à l’Aise a été poursuivie durant onze mois, avec un effectif de deux personnes. Les opérations de terrain ont été interrompues au 30 septembre 1996, avant la fin de la fouille, pour permettre un premier traitement des données.
2Située à l’extrémité ouest de la commune de Bobigny, le long du tracé ancien du ru de Montfort, la ZAC couvre une surface de 7 ha. Seul le secteur sud de cette opération a, pour l’instant, livré des vestiges. Menée sur une surface de 1 600 m2, soit 1/6 du site laténien repéré, la fouille a permis cette année l’étude d’un linéaire de 320 m de fossé rural et de quatre fosses, ces structures venant compléter l’occupation gallo-romaine décrite en 1995.
3Chacun de ces fossés a fait l’objet d’une fouille stratigraphique exhaustive par tronçons de 4 m ; les coupes situées à l’extrémité de chaque tronçon ont été relevées au 1/10. La fouille a été complétée par un prélèvement systématique de 10 L de sédiments par unité stratigraphique. L’enquête de terrain s’est particulièrement attachée à documenter les dynamiques de remplissage des structures en creux. Ce travail a été grandement facilité par l’intervention d’Annie Roblin-Jouve du laboratoire 275 du CNRS.
4Le mobilier – os, céramique et pierres brûlées – a été lavé, compté et pesé. L’objectif est d’établir une série de cartes permettant de visualiser les concentrations de mobilier et donc de mieux interpréter les différents rejets. Il s’agit de pondérer l’influence des phénomènes d’écoulement des eaux dans la répartition spatiale du mobilier, en particulier dans les comblements de fossés. Parallèlement, l’étude ostéologique d’une des fosses et de quatre tronçons particulièrement denses, confiée à Stéphane Frère, sous la direction de Jean-Hervé Yvinec, a déjà permis de confirmer la consommation de cheval et de chien sur le site.
5Outre les os animaux et la céramique, de nombreux artefacts ont été collectés : fragments de bracelets en verre et en lignite, perles d’ambre, meules usagées en calcaire de Brie, balles de fronde en terre cuite, potins. L’importance et la diversité de ce mobilier nous amènent à nous interroger sur la fonction du site. En outre, le système d’enclos le plus récent, interprétable comme une partie d’un enclos trapézoïdal accolé, a livré, non loin de l’intersection d’un fossé est-ouest et d’un fossé nord-sud, une représentation anthropomorphe en bois (1,45 m conservé, 2,32 m restituables). Cette sculpture, probablement en chêne, dont la partie supérieure présente un menton saillant et un cou bien dégagé, des épaules et des bras bien marqués, est malheureusement très dégradée, ayant subi depuis les années 1930 une dessication due au drainage des terrains. Sa face et sa partie basse sont extrêmement abîmées, à tel point qu’il est délicat de s’interroger sur l’origine érosive ou volontaire de l’espace qui sépare aujourd’hui les deux jambes. Toutefois, les rares exemples de comparaison (Mercure gaulois du port de Genève (Suisse) datable des années 80 av. J.-C., exemple britannique de Ballachulish, datable des années 500 av. J.-C., très proche par les proportions de sa partie supérieure) laissent penser qu’il pourrait s’agir d’une statue-poteau.
6Le fait que les fossés de cet enclos, larges de plus de 1,30 m, aient livré trois fragments de bracelets en verre bleu à filets jaunes de type Hae 7b variante 3 de la typologie de Thea Elisabeth Haevernick, groupés en un seul lot et un fragment isolé de type Hae 8d, pourrait permettre une datation La Tène C2/La Tène D1. Toutefois, les difficultés de datation propres à l’étude des remblais en milieux ouverts obligeront à confronter cette datation à celle du reste du mobilier. Enfin, la possibilité d’une datation au 14C de la statue est en cours d’étude.
7Les autres enclos ne recoupaient que très partiellement la surface décapée cette année ; aussi seule leur chronologie relative a-t-elle pu être comprise. L’étude de la céramique menée en collaboration avec Stéphane Marion aura pour principal but, cette année, de valider le phasage des enclos en cinq grandes périodes tel qu’il est apparu à la fouille et de poser les premiers éléments d’une comparaison avec le site de l’hôpital Avicenne, distant de 750 m, fouillé par la mission en 1992.
Table des illustrations
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|---|---|
| Titre | Fig. 1 – Le chantier de la ZAC de la Vache à l’Aise |
| Légende | Vue en direction de l’est. |
| Crédits | Cliché : E. Jacquot (Mission Archéologie de Seine-Saint-Denis). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/215397/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 524k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Yves Le Bechennec, « Bobigny – ZAC de la Vache à l’Aise » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Île-de-France, mis en ligne le 05 septembre 2025, consulté le 15 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/215397
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