1La construction d’un lotissement dans un secteur ayant livré des vestiges archéologiques a motivé le service régional de l’Archéologie à prescrire un diagnostic archéologique. La surface prévue à diagnostiquer était de 3 268 m2. Sept sondages ont pu être réalisés (pourcentage d’ouverture de 13,15 % de l’emprise).
2Durant l’Holocène, de nombreuses séquences de colluvions-alluvions issues de l’érosion du versant est du massif de Crussol et du passage du paléo-Mialan (axe nord-sud) ont façonné la stratigraphie complexe de cette zone de la plaine de Guilherand-Granges, coincée entre le massif de Crussol à l’ouest et le Rhône à l’est.
3Les six structures fouillées, ainsi que les couches sédimentaires environnantes, ont mis en valeur, par le biais des études menées (géomorphologie, céramologie, macrolithique), un ensemble du ve s. av. J.-C.
4Les niveaux d’apparitions de ces fosses sont compris entre 0,76 et 1,29 m de profondeur, leur épaisseur conservée comprise entre 0,12 et 0,35 m d’épaisseur, marquant ainsi une faible préservation des vestiges sur une surface d’environ 870 m2.
Fig. 1 – Localisation des vestiges de La Tène ancienne dans la commune de Guilherand-Granges
DAO : C. Chatellier (Inrap).
5S’il est difficile d’appréhender réellement les niveaux d’apparition (complexité des séquences de colluvions-alluvions), la fouille d’une fosse ayant servi de dépotoir (charbons, céramique, outils macrolithiques) et datée du ve s. av. J.-C. reste une opportunité rare d’appréhender cette période dans ce secteur géographique.
6Situé à 200 m du site de Bayard Nord (Robert 2013), le diagnostic amplifie les données apportées en 2013, en portant la surface possible de l’occupation à environ 6 500 m2. La possibilité qu’une voie de circulation existe sur les bords du Rhône reliant les sites de Tournon-sur-Rhône (Collombet 2014) à Soyons (Dutreuil et al. 2017) pour le ve s. av. J.-C. semble de plus en plus probable.
7Les données archéologiques déjà cumulées et celles restant à découvrir dans ce secteur de Guilherand-Granges laissent envisager la possibilité de l’existence d’un site important de La Tène ancienne.