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Année de l'opération :
2024Numéro d’opération :
039485Nature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Parisot N. 2024 : Auvergne-Rhône-Alpes, Puy-de-Dôme (63). Premier rapport d’opération triennale 2024-2026. Première campagne de fouilles sur : Le bâtiment monumental du Néolithique final du Bassinet à Culhat (Puy-de-Dôme, France).
Texte intégral
1Les travaux archéologiques de la campagne 2024 du programme triennal (2024-2026) sur le site du Bassinet à Culhat (Puy-de-Dôme) ont apporté les premiers éléments d’informations sur le bâtiment néolithique et son environnement.
2Du point de vue géologique, le site se trouve globalement dans le bassin d’effondrement de la Limagne. Les failles bordières, marquant la limite entre ce bassin sédimentaire tertiaire et le socle plutonique et métamorphique, se situent, à l’ouest, au niveau de la ville de Clermont-Ferrand, et, à l’est, au niveau de la ville de Thiers. Plus précisément, l’emprise de la fouille est positionnée dans la vallée de l’Allier (rive droite). Elle se situe sur une basse terrasse de l’Allier (Fx). Topographiquement, nous nous trouvons en limite ouest d’un replat d’altitude moyenne de 305 m, en dehors du lit majeur de l’Allier, zone soumise aux crues majeures de cette rivière (alt. moyenne = 290 m). Le site domine donc la plaine inondable d’une dizaine de mètres (entre 10 et 15 m).
3Les fouilles ont porté sur une section du bâtiment, incluant une rangée latérale de trous de poteau, deux segments du fossé de fondation des murs et deux entrées secondaires latérales. L’ouverture a permis de constater que plusieurs structures n’étaient pas visibles sur les clichés aériens. Le plan du bâtiment a ainsi pu être complété, notamment concernant les entrées, toutes deux possédant un corridor intérieur. L’intégralité des structures présentes dans l’aire de fouille n’a pu être fouillée, le programme ayant été adapté aux moyens financiers alloués à l’opération.
4Quatre trous de poteau (ST3, 5, 6 et 14) ont été intégralement traités. Un négatif de poteau a été identifié dans trois d’entre eux, indiquant un pourrissement du bois sur place. Le diamètre des poteaux est de : 0,42 m (ST3) et 0,65 m (ST3) et 0,66 m (ST14), illustrant l’emploi de troncs imposants, ce qui était déjà induit par le caractère gigantesque de l’édifice.
5Trois fosses oblongues (ST4, 16 et 21) de même calibre (en dimensions et en profondeur), invisibles en vue aérienne, ont également été fouillées. Deux d’entre elles sont insérées à proximité de l’alignement, une troisième était située dans le prolongement du corridor d’entrée au sud-est du bâtiment. La nature de ces aménagements est en cours de réflexion (cloisons intermédiaires, demi-étage, renfort ?).
6Les sondages manuels réalisés sur différentes sections du fossé de fondation des murs (ST9, Sd A à H) ont permis de documenter le système de mise en place des cloisons. Sur les deux segments testés cette année, une tranchée latérale ou centrale a été creusée pour caler les pans de mur. À plusieurs endroits, des poteaux intermédiaires, d’une trentaine de centimètres de diamètre, reliant les cloisons, ont été découverts. Les fragments de torchis ramassés à l’intérieur des sondages permettent d’identifier la technique de construction employée, associant la terre crue à un clayonnage (treillis de branchages et de végétaux fins).
7Les vestiges en terre récoltés cette année sont exclusivement identifiés comme des restes architecturaux. Plusieurs catégories ont été identifiées : des fragments de torchis avec ou sans empreinte, des fragments d’argile crue, et, enfin, des fragments indéterminés de terre cuite sans surface. Les éléments sont présents en quantité variable à l’intérieur des structures de maintien, ce qui interroge sur la présence possible de cloisons intermédiaires séparant des pièces à l’intérieur du bâtiment. Certaines variations observées sur le matériau (texture principalement) interrogent sur l’emploi d’une autre technique de construction sur certaines parties du bâtiment. Ces informations seront à préciser grâce aux fouilles à venir.
8Bien que modeste, le matériel récolté a permis de confirmer l’attribution du site au Néolithique final, mais il a aussi fourni des données nouvelles sur cette période dans la région.
9Au sein de l’assemblage céramique, seuls sept éléments diagnostiques, formes ou décors, sont représentés. Ils appartiennent à un minimum de 6 récipients. Le très faible nombre d’éléments récoltés cette année s’explique par le contexte de découverte au sein de trous de poteau, qui n’est lié qu’à du piégeage accidentel, et non à des phénomènes de dépôts intentionnels ou de rejets domestiques. Hormis des fragments de bords à lèvre arrondie à parois très fines (ST3 et 5), on compte plusieurs tessons appartenant à un fond plat (ST9) et un possible fragment de carène (ST6). L’élément le plus remarquable est un bord à lèvre arrondie portant cinq lignes incisées horizontales et parallèles sur sa surface interne. La position du décor permet de l’interpréter comme un fragment d’assiette.
10Celui-ci ne connaît pas d’équivalents à notre connaissance dans les corpus du Néolithique final auvergnat. Ces décors de lignes incisées sous la lèvre sont connus pour les assiettes artenaciennes dans les sites de référence des Charentes, tels Diconche à Saintes et le Camp à Challignac par exemple (Burnez, Fouéré 1999 ; Burnez 2010), même s’il ne s’agit pas du motif décoratif le plus courant.
11Un ensemble de pièces lithiques en silex a également été découvert, provenant principalement de deux trous de poteau (ST3 et ST5) et de deux sondages du fossé (ST9, Sd C et Sd D). Il s’agit d’un fragment d’outil (lamelle), d’éclats et d’esquilles, attestant l’utilisation d’une variété de silex. L’étude pétrographique des pièces a permis d’identifier cinq gîtes d’approvisionnement distincts. Le groupe 1, illustre la variabilité microfaciologique des silcrètes de Saint-Léger-du-Malzieu témoignant de l’exploitation de la vallée de la Truyère, des épandages à chailles de Saint-Flour et de la traversée de la Margeride. Le groupe 4 correspond au silex oligocène lacustre, communément appelé « noir de Limagne », provenant de La Sauvetat-Grosmenier, au sud de Clermont-Ferrand. Deux éclats appartenant au Turonien supérieur de Touraine (groupe 2) ont également été reconnus. Un fragment mesial de lame retouchée, une pièce esquillée et un petit éclat ont, quant à eux, été confectionnés en silex du Turonien inférieur de la basse vallée du Cher (groupe 3). Cette diversité est complétée par un débris en silcrète à « bâtonnets » provenant d’Égliseneuve-près-Billom (groupe 5).
12Enfin, les résultats de l’étude anthracologique s’insèrent dans la continuité des résultats de la première campagne en 2023 (sondages) et des synthèses archéobotaniques connues dans la région. L’observation de 235 charbons issus de 8 structures (ST3, 4, 5, 6, 9, 10, 12, et 21) a révélé la présence de 5 taxons. Le chêne pubescent est largement représenté (90 % de l’assemblage), accompagné du hêtre (5 %), et, dans une moindre mesure, l’érable et le frêne. Ces essences sont significatives d’environnements plutôt matures et fermés. L’érable et le frêne, qui n’avaient pas été identifiés sur le site jusque-là, témoignent d’un environnement frais et à humide, pouvant parfaitement s’intégrer à la chênaie déjà perçue.
13Les résultats de la campagne de fouille 2024 sont donc encourageants. Ils mettent en lumière l’environnement et le relief de l’époque. Ils précisent également l’architecture du bâtiment et la diversité du matériel présent à l’intérieur du monument. Les recherches menées sur le site du Bassinet apportent donc des données nouvelles sur le Néolithique final en Auvergne, à la fois à travers l’étude détaillée d’une construction monumentale, l’étude de matériel inédit et l’étude des réseaux d’échanges à travers la circulation des matériaux en silex. Les campagnes à venir permettront de compléter les recherches par la fouille des autres structures présentes dans l’aire de fouille (trous de poteau, entrées). Le programme inclut également la réalisation de prospections pédestres et géophysiques sur le site et sur les parcelles environnantes, dans le but de détecter d’éventuels vestiges néolithiques (matériel et plans de constructions associées au bâtiment).
Fig. 1 – Ouverture 2024 de l’aire de fouille et de trois sondages
SIG et DAO : J.-B. Caverne ; fond aérien : F. Muller.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Ouverture 2024 de l’aire de fouille et de trois sondages |
| Crédits | SIG et DAO : J.-B. Caverne ; fond aérien : F. Muller. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/225407/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 355k |
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| Titre | Fig. 2 – Vue aérienne du site après nettoyage général |
| Crédits | Cliché : A. Tchesnakoff. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/225407/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,1M |
Pour citer cet article
Référence électronique
Nina Parisot, « Culhat – Bassinet » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Auvergne-Rhône-Alpes, mis en ligne le 10 février 2026, consulté le 06 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/225407
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