Saint-Saturnin-du-Bois – Les Petits Prés et centre-bourg
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Année de l'opération :
2019Numéro d’opération :
207190Sujets :
habitat, habitat rural, villa, fossé parcellaire, fosse, sépulture, sépulture à inhumation, contenant funéraire, sarcophage, céramique protohistorique, céramique de l'Age du bronze, monnaie, monnaie romaine, monnaie impériale romaine, monnaie du Bas-Empire, statue, statuette, outil, parure, bijouLieux :
France métropolitaine, Nouvelle-Aquitaine, Département de la Charente-Maritime, Saint-Saturnin-du-BoisChronologie :
Protohistoire, âge du Bronze, Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, Empire romain, Bas-Empire romain, époque médiévale, Haut Moyen Âge, époque moderneNature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Département de la Charente-Maritime
Texte intégral
1Le projet de pose d’un réseau d’assainissement collectif et de la construction d’une station d’épuration mené par le syndicat des Eaux de la Charente-Maritime (Eaux 17) sur la commune de Saint-Saturnin-du-Bois englobe la quasi-totalité du centre-bourg ainsi qu’une parcelle située en contrebas nord du village. L’ensemble couvre une superficie supérieure à 10 810 m2, car dans cette surface ne sont pas comprises les rues du bourg. Il a conduit à la réalisation d’un diagnostic archéologique mené par le service départemental d’archéologie (habilité par décret du 26 juillet 2018) réalisé en 15 jours de terrain par une équipe de deux à trois archéologues renforcée par la présence d’un apprenti en contrat en alternance (université Bordeaux Montaigne).
2L’opération aura révélé plusieurs aspects de la richesse archéologique et la longue histoire de la commune de Saint-Saturnin-du-Bois.
3Les investigations, d’abord concentrées dans la parcelle A 0450 située sur les franges nord de l’actuel bourg de Saint-Saturnin et où s’élèvera prochainement une station d’épuration, n’ont pas révélé d’occupation anthropique caractéristique. Plusieurs fossés parcellaires assez récents ont été identifiés, ainsi que les traces d’activités liées à l’exploitation agricole du champ ces vingt à trente dernières années. En revanche, la découverte de mobilier céramique d’époque protohistorique – de l’âge du Bronze vraisemblablement – piégé dans des niveaux situés directement sur le substrat indique une activité humaine proche mais non localisée. Cette observation trouve un écho dans la tradition locale qui place un tumulus dans les environs très proches du secteur impacté par le diagnostic, témoignant d’une présence humaine locale ancienne.
4Enfin, le terrain naturel atteint dans l’ensemble des sondages montre toutes les caractéristiques morphologiques d’une ancienne zone humide de type marécageuse.
5L’exploration de la rue du Lavoir, située directement à l’est du site de la villa antique, a révélé la suite de l’occupation gallo-romaine. Dans un espace très restreint, les vestiges d’un bâtiment associé à des niveaux de circulation, ainsi qu’une grande fosse contenant un riche dépôt, ont été découverts sous un épais niveau d’abandon extrêmement abondant en mobilier archéologique varié. Les fouilles ont en effet livré 63 monnaies du ive s., une statuette d’une déesse mère, des outils en fer (pelle, lames de couteau, serpettes…), des poteries parfois entières, des bijoux (boucles d’oreilles, intaille, etc.), ou encore des fragments de récipients en verre. Les informations ainsi collectées via l’opération de diagnostic viennent donc compléter les données acquises lors de la fouille préventive du secteur menée en 2010.
6En revanche, l’ouverture de sondages sur la rue des Tilleuls (RD 118) n’a livré aucun vestige, prouvant que l’occupation antique de la villa ne s’étendait pas au-delà de la limite occidentale déjà estimée. Il en est de même pour l’extrémité nord de la rue du Lavoir, vide de tout aménagement anthropique et où le terrain naturel, qui montre toutes les caractéristiques d’un milieu humide voire marécageux, n’a été impacté par aucune construction.
7Les sondages ouverts dans le secteur de l’église Saint-Saturnin étayent les conclusions apportées lors d’un précédent diagnostic conduit juste devant le parvis du bâtiment religieux et à l’intérieur du cimetière actuel : la présence de sépultures alto-médiévales en sarcophage atteste le fait que l’église romane a été érigée sur une occupation antérieure à vocation funéraire. L’étagement des sépultures et les différents modes d’inhumation identifiés (sépultures en coffre de pierre, inhumation en fosse) montrent que cet espace dédié à l’enfouissement des morts l’est resté jusqu’au moins l’époque moderne. Son emprise est de plus aujourd’hui mieux appréhendée.
8Enfin, la découverte d’un mur assez massif en très bon état de conservation, absent des plans anciens, indique qu’aux bâtiments au moins modernes (voire médiévaux) qui s’élèvent encore dans tout le secteur venaient s’ajouter d’autres constructions dont on ignore tout.
Pour citer cet article
Référence électronique
Céline Trézéguet, « Saint-Saturnin-du-Bois – Les Petits Prés et centre-bourg » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 23 mars 2026, consulté le 09 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/228644
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