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2019
17 – Charente-Maritime

Trizay – Le prieuré Saint-Jean-l’Évangéliste

Prospection thématique (2019)
Responsable d’opération : Jean-Baptiste Javel
Notice rédigée avec Bertrand Beauvoit, Emmie Beauvoit, Christian Gensbeitel et Vivien Mathé

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Université Bordeaux Montaigne

Texte intégral

  • 1 Marjorie Berbuto a sondé le site en 1994. Puis de nouvelles excavations ont été réalisées dans le c (...)

1Le site dit « l’abbaye » Saint-Jean-l’Évangéliste de Trizay est un prieuré casadéen saintongeais idéalement situé au sud-est de Rochefort sur la partie navigable de l’Arnoult, affluent de la Charente, durant le Moyen Âge central. Réputé pour son énigmatique église de plan centré, partiellement ruinée, le complexe monastique conserve néanmoins encore deux ailes de l’ensemble claustral. Ces dernières gardent leurs volumes et proportions primitives, malgré des remaniements postérieurs (fig. 1). Les vestiges monumentaux de cet établissement monastique contrastent avec la dispersion des sources historiques témoignant de la vie du site. Suite au rachat par la commune de Trizay, le prieuré a fait l’objet d’un important travail de restauration, permettant la réalisation de fouilles et de sondages1. Un important travail de synthèse, en particulier documents d’archives, a également déjà été réalisé en 1999 et réactualisé en 2011 (Duguet et al. 2011). Les restaurations ont également mis au jour plusieurs ensembles de peintures murales datées selon des critères stylistiques du Moyen Âge et de l’époque moderne. Malgré les travaux déjà entrepris, ce site complexe suscite encore de nombreuses questions.

Fig. 1 – Vue de l’aile monastique orientale et du chevet de l’église prieurale de Trizay

Fig. 1 – Vue de l’aile monastique orientale et du chevet de l’église prieurale de Trizay

Cliché : J.-B. Javel (université Bordeaux Montaigne).

2L’étude pluridisciplinaire débutée fin 2019 s’inscrit dans le cadre du projet région Monasticon Aquitaniae (coord. C. Gensbeitel) et vise à appréhender le monastère de Trizay dans son ensemble, à la fois par l’étude des vestiges encore en élévation et de l’environnement proche du site, et par l’étude des sources médiévales, modernes et contemporaines.

3Plusieurs enjeux entourent l’étude de ce site, notamment au sujet de cette église de plan centré, particulièrement atypique pour la région, dont les commanditaires et la date de construction restent inconnus. Les principaux objectifs sont d’aborder la construction du monastère au Moyen Âge central, des liens entre l’église et les ailes monastiques, et de mieux cerner les transformations et les réaménagements de la fin du Moyen Âge et de l’époque moderne.

4À la fin de l’année 2019, une importante campagne de relevés a été menée afin d’obtenir un modèle 3D de l’ensemble du site, ainsi que des orthophotographies des élévations intérieures et extérieures et la levée d’un nouveau plan. L’étude du bâti et l’enregistrement archéologique des élévations seront réalisés en 2020 grâce aux relevés préalablement acquis.

5Des prospections électriques ont été effectuées dans le complexe monastique et à ses abords. L’objectif était de repérer d’éventuelles constructions aujourd’hui disparues, notamment les bâtiments au sud du complexe (fig. 2). Les résultats s’avèrent négatifs, en ce qui concerne des constructions en pierre. Cependant cela a permis de mieux caractériser la construction centrale de l’église, dégagée et observée lors des précédentes fouilles. Ainsi, les cartographies à 1 et 2 m de profondeur révèlent deux massifs de maçonneries, probablement distincts.

Fig. 2 – Résultat des prospections géophysiques

Fig. 2 – Résultat des prospections géophysiques

a, à 1 m de profondeur ; b, à 2 m de profondeur.

DAO : V. Mathé (université de La Rochelle).

6L’ensemble des peintures murales conservées sur le site, dans l’église, le réfectoire et le dortoir, ont fait l’objet d’une étude spécifique. Des techniques d’observation non destructives ont été mises en œuvre. Des observations sous rayonnement infrarouge, avec un appareil photo modifié, ont été menées afin de mettre en valeur certaines inscriptions repérées, mais aussi pour mettre au jour la présence éventuelle d’épures et de tracés préparatoires sur les peintures et sur les élévations. L’observation sous lampe UV de la fluorescence émise a également été un bon moyen de repérer de potentielles restaurations et a permis d’apporter quelques indices quant à l’identification de certains pigments et matériaux utilisés. Pour l’identification des matériaux, et plus spécifiquement, des pigments, une caméra hyperspectrale (IQ développé par la société Specim) a été employée (fig. 3). À ce titre, le prieuré et les peintures murales de Trizay ont servi de site test afin de mettre en place la méthodologie des méthodes et outils employés, jusqu’alors presque exclusivement utilisés dans le cadre de la conservation/restauration.

Fig. 3 – Caméra hyperspectrale en cours d’acquisition, dispositif expérimental mis en place face aux peintures murales du dortoir

Fig. 3 – Caméra hyperspectrale en cours d’acquisition, dispositif expérimental mis en place face aux peintures murales du dortoir

Cliché : E. Beauvoit, J.-B. Javel.

7Après cette première phase d’acquisition des données et de prospection, l’ensemble de ces documents nous permettront en 2020 de réaliser une étude du bâti avec une approche fine des matériaux de construction, des traces d’outils avec la réalisation de mesure des blocs. Il apparaît également nécessaire de recontextualiser et d’élargir l’étude historique, au moins à l’implantation casadéenne en Saintonge, afin de tenter d’apporter quelques arguments quant à l’origine du prieuré et à sa place au sein d’un réseau monastique dense. Nous pouvons de plus nous appuyer sur des cas d’étude précis, tels que le prieuré de Sainte-Gemme ou encore l’étude préliminaire du prieuré casadéen Saint-Vivien de Geay.

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Bibliographie

Duguet J.-C., Thoma C., Duprat P., Durand A., Clion P., Dalançon A., Deludin P. 2011 : Le prieuré de Trizay, Société des géographes de Rochefort, (Roccafortis hors-série, 3e édition).

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Notes

1 Marjorie Berbuto a sondé le site en 1994. Puis de nouvelles excavations ont été réalisées dans le cadre d’un diagnostic en 2003 par David Journeau (Inrap).

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Vue de l’aile monastique orientale et du chevet de l’église prieurale de Trizay
Crédits Cliché : J.-B. Javel (université Bordeaux Montaigne).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/228784/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 1,3M
Titre Fig. 2 – Résultat des prospections géophysiques
Légende a, à 1 m de profondeur ; b, à 2 m de profondeur.
Crédits DAO : V. Mathé (université de La Rochelle).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/228784/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 994k
Titre Fig. 3 – Caméra hyperspectrale en cours d’acquisition, dispositif expérimental mis en place face aux peintures murales du dortoir
Crédits Cliché : E. Beauvoit, J.-B. Javel.
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/228784/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
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Pour citer cet article

Référence électronique

Jean-Baptiste Javel, Bertrand Beauvoit, Emmie Beauvoit, Christian Gensbeitel et Vivien Mathé, « Trizay – Le prieuré Saint-Jean-l’Évangéliste » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 23 mars 2026, consulté le 14 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/228784

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Auteurs

Jean-Baptiste Javel

Université Bordeaux Montaigne

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Bertrand Beauvoit

Emmie Beauvoit

Christian Gensbeitel

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Vivien Mathé

LIENSs, UMR 7266, Université de La Rochelle

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Responsable d’opération

Jean-Baptiste Javel

Université Bordeaux Montaigne

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Droits d’auteur

CC-BY-SA-4.0

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