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2019
17 – Charente-Maritime

Medis, Royan – Bois de Belmont, RD 750

Opération préventive de diagnostic (2019)
Responsable d’opération : Karine Robin

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Département de la Charente-Maritime

Texte intégral

1Le projet d’aménagement de l’entrée de Royan par la direction des Infrastructures du Département a nécessité la réalisation d’un diagnostic d’archéologie préventive prescrit suite à une demande anticipée. Le diagnostic, réalisé par le service d’archéologie de la Charente-Maritime (habilité par le décret du 26 juillet 2018), a permis d’identifier deux occupations principales réparties sur l’ensemble de l’emprise.

2Une occupation inédite du Néolithique récent correspond à celle d’un site ceinturé qui se caractérise par deux séries de deux larges fossés, une fosse-silo, de rares trous de poteau, des fosses et des tronçons de fossés plus modestes. Le tracé du projet a permis de réaliser un transect nord-est – sud-ouest de l’enceinte sur une longueur de 260 m. Comme cela a pu maintes fois être observé sur les enceintes charentaises-maritime, celle du Bois de Belmont est implantée en sommet d’un plateau sur un substrat calcaire probablement propice aux pratiques agropastorales. Cette position dominante sur l’intérieur des terres et sur les marais actuels de Belmont et de Pousseau confère à cette occupation un caractère littoral indéniable. L’exploitation des ressources littorales, sel, coquillages marins…, se perçoit par les restes malacologiques recueillis et devra être confirmée pour ce qui est du sel. Le mobilier céramique est particulièrement abondant et présente dans l’ensemble un bon état de conservation. Les comblements supérieurs des fossés d’enceinte nord ont livré des « nappages » de tessons de vase de stockage qui évoquent un rejet. L’étude de la faune, elle aussi bien conservée, a permis de constater une très large part d’approvisionnement en ressource carnée à partir de l’élevage et préférentiellement via le bœuf. L’industrie lithique du site Bois de Belmont est principalement composée de silex Santonien. Bien qu’elle ne puisse ici préciser la datation de l’occupation, cette petite série est comparable aux différentes industries lithiques néolithiques du Centre-Ouest de la France. Cette occupation, attribuable au Néolithique récent, trouve ainsi des parallèles locaux avec le site proche de Boube (Saint-Georges-de-Didonne), La Garde (Barzan), Chez Reine (Semussac), Ors (Château-d’Oléron), l’Aiguille ou encore Arvert.

3La proximité avec les deux occupations identifiées à Boube (2 km au sud-est) montre la densité des occupations sur le littoral charentais-maritime. Cette découverte vient ainsi compléter une cartographie déjà dense de sites comparables sur la côte nord de l’estuaire de la Gironde.

4Le plateau est fréquenté à la période antique avec deux fossés parcellaires dans la partie sud du tracé. Ils pourraient être à rapprocher de l’exploitation rurale qui a été fouillée en 1998 au niveau du domaine de Belmont situé 1 km à l’ouest et s’inscrire dans la valorisation de ce plateau par le biais de pratiques agropastorales nécessitant une organisation parcellaire.

5Après un hiatus d’occupation, plusieurs fossés parcellaires d’époque moderne voire contemporaine montrent que ce secteur fait l’objet de pratiques agricoles.

6La dernière occupation identifiée correspond à la position antichar ou Panzerwerke GiPZIII de la Seconde Guerre mondiale conservée dans le Bois de Belmont. Dispositif intégré au Mur de l’Atlantique, cette position antichar assurait la défense orientale de la poche de Royan. Cette position constitue à ce jour le dernier point d’appui antichar encore conservé dans le secteur Gironde Nord et surtout le dernier de ce type en France.

7Sur les 15 bunkers construits en 1943, 11 sont encore visibles, 6 d’entre eux ont pu être précisément localisés dans le cadre de cette opération. Quatre sont directement concernés par l’emprise du projet. Particulièrement bien protégés par la végétation, leur état de conservation est relativement exceptionnel. Certains d’entre eux constituent des modèles peu répandus sur le Mur de l’Atlantique et sont parfois les derniers exemplaires encore conservés dans le secteur Gironde Nord. À cela s’ajoute la conservation des tranchées d’accès et des dispositifs partiellement comblés à proximité des blockhaus.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Karine Robin, « Medis, Royan – Bois de Belmont, RD 750 » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 23 mars 2026, consulté le 14 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/228805

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Auteur

Karine Robin

Service d’archéologie départementale de la Charente-Maritime

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Responsable d’opération

Karine Robin

Service d’archéologie départementale de la Charente-Maritime

Opération(s) dirigée(s) par cet archéologue

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Droits d’auteur

CC-BY-SA-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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