Castelnaud-la-Chapelle – Chapelle des Milandes
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Année de l'opération :
2019Numéro d’opération :
027654Lieux :
France métropolitaine, Nouvelle-Aquitaine, Département de la Dordogne, Castelnaud-la-ChapelleChronologie :
époque moderneNature de l'opération :
fouille programméeNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : CNRS
Texte intégral
1La découverte d’un caveau funéraire et de ses occupants au sein d’une chapelle du xvie s. attenante au château des Milandes a conduit à une première intervention archéologique de deux jours en octobre 2018, qui a permis la découverte d’un cardiotaphe en plomb, puis à une fouille complète de la structure du 30 septembre au 18 octobre 2019.
2Le caveau représentait une petite surface d’environ 3 × 2,80 m pour une hauteur de 1,85 m au plus haut sous la voûte. La fouille a livré de nombreux restes humains fragmentés et dispersés sans organisation apparente, des ossements susceptibles d’appartenir à une dizaine de membres de la famille noble des Caumont-La Force identifiés par les sources d’archives. Ils étaient associés à une grande quantité de petit mobilier de diverse nature (bois, clous, fragments de plomb, petits objets). Afin de fournir les coordonnées spatiales de chaque vestige, nous avons opté pour un enregistrement photogrammétrique et une restitution en différents modèles correspondants aux trois phases successives de démontage des éléments découverts.
3Au total, 2 207 vestiges ont été enregistrés et identifiés, dont 1 885 restes humains. Leurs analyses nous autorisent actuellement certains constats. Il s’agit de sépultures primaires avec des défunts initialement installés la tête à l’ouest dans des contenants en bois et en plomb, ces derniers étant superposés sur des planchers le long des parois du caveau.
4Ces structures ont été fortement perturbées au cours du temps par des remaniements anthropiques (récupération de plomb ?). L’étude anthropologique a permis de dénombrer au moins 12 individus (sept adultes dont deux femmes et cinq sujets immatures) inhumés sur deux siècles. En raison du faible volume du caveau, nous supposons des pratiques de réductions au cours du temps.
5L’effectif des sujets identifiés par l’étude biologique et celui des membres de la famille des Caumont supposés inhumés dans le caveau sur la base de quelques sources d’archives divergent sur le nombre d’enfants : un seul est mentionné dans les textes alors que cinq ont été individualisés lors de notre analyse. Des pratiques d’embaumement, fortement suspectées sur la quasi-totalité des adultes et chez les enfants même très jeunes (moins de 1 an), nous font plutôt pencher pour un regroupement de type familial. Peut-être que seuls les enfants ayant dépassé un certain âge (ici 8 ans) étaient mentionnés dans les archives comme occupants du caveau ? Certains vestiges semblent bien confirmer l’hypothèse de la présence des membres de la famille noble des Caumont (fils d’or, petits fermoirs en or porteurs de symboles associés à la noblesse et à la fidélité, cardiotaphe en plomb) (fig. 1).
6De plus nous avons des indices probants (crânes sciés et traces anthropiques sur plusieurs ossements infracrâniens) (fig. 2) concernant la mise en œuvre de pratiques généralement réservées à des personnes privilégiées. Les cas d’embaumement à l’échelle d’un groupe familial d’individus, regroupant hommes, femmes et enfants, sont très peu documentés en Europe, ce qui fait des Milandes une collection exceptionnelle.
7Certains résultats originaux feront l’objet de publications et devront être valorisés à court terme dans le musée actuel du château des Milandes, dont une des salles est déjà affectée à la famille des Caumont. Des analyses spécifiques seront prochainement dévolues à l’ouverture du cœur et de son contenu (macrorestes, palynologie, entomologie, analyses organiques et investigations médicales). Couplées avec celles d’autres cœurs en plomb découverts en Gironde, elles pourraient permettre, à plus large échelle, d’envisager une synthèse sur la mise en œuvre des pratiques d’embaumement destinées à certains nobles de Guyenne aux xvie et xviie s.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Petit fermoir en or |
| Crédits | Cliché : M. Bessou. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/229330/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 605k |
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| Titre | Fig. 2 – Vue postéro-latérale gauche d’un crâne adulte scié |
| Crédits | Cliché : M. Bessou. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/229330/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 523k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Dominique Castex, « Castelnaud-la-Chapelle – Chapelle des Milandes » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 23 mars 2026, consulté le 10 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/229330
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