1Un diagnostic archéologique a été prescrit avenue de Bordeaux, entrée de ville, à proximité de la sortie 45 de la rocade, par le service régional d’Archéologie, en raison de la proximité de vestiges gallo-romains et médiévaux. Cette opération précède la construction de logements sur les parcelles AP 154, AP 155, AP 156, AP 160 et AP 161.
2Les différentes parcelles ont été regroupées en deux zones.
3La zone 1 comprend les parcelles AP 154, AP 155 et AP 156 et a fait l’objet de trois tranchées orientées est-ouest. Ces dernières se sont avérées vierges de structures antérieures au xxe s.
4La zone 2, qui regroupe les parcelles AP 160 et AP 161, a fait l’objet de deux tranchées, une orientée nord-sud qui ne présentait aucune structure antérieure au xxe s., et une est-ouest qui s’est avérée positive. L’existence de vestiges anciens a entraîné la réalisation de deux petites tranchées supplémentaires de faible profondeur.
5Ces tranchées ont permis de mettre en évidence huit sépultures individuelles, un « amas » et quelques fosses non fouillées correspondant probablement à des sépultures (présence de restes humains non identifiables).
6Le seul mobilier datant recueilli est des épingles pour linceul. Elles permettent d’attribuer ces sépultures à une période comprise entre le xiie et xviiie s. La découverte de deux sols dits « à l’écu » de Louis XVI, dans une fosse venant perturber un « amas d’ossements », laisse supposer que la zone funéraire n’est plus fréquentée à la fin du xviiie s. De plus, la présence sur le cadastre napoléonien de 1824 d’une ferme (présente actuellement sur la parcelle voisine) semble confirmer cette hypothèse.
7Compte tenu de cette datation large, il est difficile de rattacher ces inhumations à un fait historique. À titre d’hypothèse, elle pourrait être liée à l’occupation de l’abbaye de Bonlieu (sépultures de moines), au dispensaire pour pèlerins situé en bordure de voie ou encore au village dit « villages des Reliques » qui serait localisé à proximité de l’ancien bâtiment gallo-romain. Cet ensemble funéraire peut également être associé à la communauté lépreuse censée être présente à proximité de la zone fouillée (Fay 1910 ; Tassin 2019). Il pourrait être aussi rattaché au village de « Charbon-blanc » créé à partir du début du xvie s. En effet, les habitants du Bourg, n’ayant pas d’église, se rendaient à l’abbaye pour les offices religieux. L’église du bourg ne fut construite qu’en 1848 (Castex, Trémolet 2002).