Au large de Porto-Vecchio – Marina di Fiori
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Année de l'opération :
1993Chronologie :
Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, Empire romain, Haut-Empire romainNature de l'opération :
fouille programméeNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Drassm
Texte intégral
1Lors d’un séjour à Porto-Vecchio, fut remis au représentant local du Drassm (Hélène Bernard) un objet insolite de provenance sous-marine. Il s’agissait d’une espèce de pain globulaire (160 mm x 140 mm x 100 mm) de texture argilo-cendreuse mais d’une densité réelle, plastique à l’origine puisque timbré ; la face supérieure arrondie portait deux cachets différents : M.ACILI (dimension du cachet : 95 mm x 19 mm) et VENU[...] (dimension : 80 mm x 14 mm). Recueilli par un pêcheur d’oursins en apnée plus de trente ans en arrière, la localisation et la conservation du site pouvaient sembler aléatoire. Devant l’intérêt de ces éléments, l’inventeur accepta de déclarer sa découverte.
2En 1990 les plongées d’expertise du Drassm confirmaient la localisation précise. En 1991 un sondage révélait une zone isolée d’épandage de cargaison sur 17 m2.
3Quelques pains entiers ou fragmentaires étaient associés à des Dressel 2/4 et Dressel 7/11. L’ensemble avait connu un incendie intense : tessons noircis à cœur, résine fondue, fragmentation extrême des débris amphoriques, peut-être par choc thermique. La fouille de 1993 a révélé, sous près d’un mètre de posidonies un autre secteur de l’épave, qui semble avoir subi un scénario de naufrage assez complexe puisqu’elle présentait une stratigraphie inversée (clous en surface puis fonds, et lèvres et fragments d’anses sous les débris de panses).
4Toutes ces interventions sont été réalisées avec le concours matériel et humain de l’Association pour la Recherche dans le Sud-Est de la Corse à qui nous devons la révélation de ce site grâce à son intense activité de sensibilisation du public de la région à son patrimoine culturel sous-marin. Le chantier réalisé à faible profondeur et hors périodes estivales accueille en priorité les plongeurs locaux souhaitant se former à l’archéologie sous-marine.
5Ce site peu spectaculaire n’en est pas moins d’un grand intérêt : il a révélé un produit commercial totalement inédit archéologiquement et qui se réfère sans doute au commerce des minerais, pour des produits très spécialisés (pigments, affinage des métaux, médicaments). Les amphores qui l’accompagnent Dressel 7/11 et Dressel 2/4 de Tarraconaise présentent une morphologie peu courante et les timbres sur col entre les deux anses des Dressel 2/4 sont totalement inédits (HAM, ELA[.]).
6Les amphores comme le cloutage de fer de la coque font penser à une datation assez tardive, dans la fin du ier s. apr. J.-C. si ce n’est le début du iie s. (où apparait le cloutage de fer). Même s’il est moins dense que dans la première moitié du siècle, le vin de Tarraconaise continue à arriver à Ostie jusqu’au tout début du iie s. Marina di Fiori pourrait être la première épave témoin de la fin de cette grande livraison commerciale.
Pour citer cet article
Référence électronique
Hélène Bernard, « Au large de Porto-Vecchio – Marina di Fiori » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Domaine public maritime, mis en ligne le 01 septembre 2019, consulté le 07 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/23145
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