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2025
73 – Savoie

Saint-Pierre-d’Albigny – Le Mollard Crestin

Opération préventive de diagnostic (2025)
Responsable d’opération : Cécile Ramponi

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Inrap

Ramponi C. 2026 : Saint-Pierre-d’Albigny, Savoie, Auvergne-Rhône-Alpes, le Mollard Crestin, rapport de diagnostic, Bron, Inrap.

Texte intégral

1La réalisation d’un diagnostic, sur les parcelles ZT 93, 109 et 124 au lieu-dit Mollard Crestin, à Saint-Pierre-d’Albigny, a permis de mettre en évidence une voirie ancienne, probablement antique, et deux foyers historiques.

2La voirie antique, mise en évidence dans les sondages 2, 3 et 9, prend place sur une succession d’alluvions postglaciaires grossières, de dépôts colluviaux à alluvio-colluviaux fins et de sols anciens, aux profils partiellement ou totalement décarbonatés. Elle a été reconnue sur une longueur minimale de 40 m. L’axe est d’orientation nord-est – sud-ouest et les coupes nous autorisent à proposer une largeur minimale de la chaussée avoisinant 7 m.

3Une coupe totale de l’ouvrage permet d’observer son mode de construction, avec à la base un creusement du terrain naturel dans lequel des couches de sables plus ou moins grossiers ont été déposés. Un radier de grosses pierres (statumen ?) est installé sur ces couches litées. Il est possible que les pierres soient disposées pour former des alignements (bordures, « caisson » ou solins ?), comme on peut le voir en plan dans les sondages 2 et 3, ou en coupe dans le sondage 9. La finalité d’alignement de pierres en bordure et au cœur de l’ouvrage pourrait être, outre de l’ancrer, de retenir les sédiments plus fins qui servent d’assise à la partie supérieure de la voirie. En effet, entre ces pierres et au-dessus sont déposés des sédiments graveleux ou sableux plus fins, accompagnés d’une part plus ou moins conséquente de limon argileux. Ces apports servent d’assise à la surface de circulation, qui prend la forme d’une calade dense. Tous les matériaux utilisés proviennent des couches sous-jacentes du terrain.

4La route est inclinée transversalement vers le sud, à l’identique du terrain, et elle présente dans sa longueur un pendage de 3,70 %. Elle se poursuit vers le nord-est, où elle sort de l’emprise, tandis que son tracé au sud-ouest pourrait s’infléchir vers le sud.

5Aucun fossé bordier n’a été mis en évidence ni sur sa bordure orientale ni sur sa bordure occidentale. En revanche, un apport de sédiment et pierres, F24, situé à l’amont, sur sa bordure septentrionale, pourrait lui être associé.

6Le peu de mobilier céramique mis en évidence dans les calades et dans F24 date de La Tène finale et du ier s. apr. J.-C. Le mobilier métallique, dont un clou de chaussure, est en adéquation avec une chronologie antique au sens large. C’est la raison pour laquelle nous proposons de placer cette voirie dans l’Antiquité, avec une réalisation précoce – peut-être avant l’ère ? L’absence de mobiliers plus récents ne permet pas de définir sa durée d’utilisation.

7Comme nous l’avons vu dans le contexte archéologique local, la voie transalpine d’Aoste à Vienne, passant par le col du Petit Saint-Bernard, est supposée passer au niveau de l’actuelle route départementale RD 201, située à un peu plus de 1 km au nord de l’emprise. Pour autant, la voie n’ayant jamais été formellement identifiée, ce tracé n’est toujours pas assuré. C’est la raison pour laquelle la découverte d’un tronçon de voirie associé à du mobilier antique laisse ouvertes toutes les interprétations. Malgré l’absence de fossés bordiers, la qualité de l’aménagement et sa largeur de presque 7 m sont crédibles pour un axe principal. Il ne faut toutefois pas ignorer la présence d’axes secondaires dans le réseau viaire antique.

8Les cartes et cadastres contemporains ne font pas état d’une ancienne voie romaine. Nous constatons simplement que notre voirie est parallèle à la voie communale VC 6, qui a pu hériter de son tracé en se déplaçant vers l’aval.

9L’observation des photographies aériennes et du LiDAR ne laisse voir aucun tracé à l’emplacement ou dans la continuité du tronçon de voie mis au jour. Il est vrai que les vignes et le remodelage du terrain au sud avec le passage de la voie ferrée ne sont pas propices à une bonne lecture du sol. Notons toutefois que cette voirie part en direction du site antique mis au jour en dessous de la gare, à environ 600 m au sud-ouest (Mac Carthy 2016), et qu’elle observe la même orientation que les constructions.

Fig. 1 – Mise en perspective de la voirie antique avec le site de la ZAC de la Gare

Fig. 1 – Mise en perspective de la voirie antique avec le site de la ZAC de la Gare

D’après Mac Carthy 2016 ; DAO : C. Ramponi (Inrap).

10Enfin, deux aménagements s’apparentant à des foyers, en raison de l’aspect bleui des pierres qui les composent, prennent place stratigraphiquement dans une phase de colluvions plus récente située dans une large fourchette chronologique historique s’étendant de l’Antiquité à la période moderne. Un éventuel lien avec la voirie antique est impossible à établir.

11La stratigraphie du site se termine par un niveau d’origine colluviale stabilisé, avant de se clore avec les horizons de subsurface et de surface (terre végétale) du terrain, se développant à l’époque moderne et contemporaine.

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Bibliographie

Mac Carthy A. 2016 : Saint-Pierre-d’Albigny, Savoie, Auvergne-Rhône-Alpes : ZAC de la Gare, tranche 1, phases 1, 2, 3, rapport de diagnostic, Bron, Inrap.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Mise en perspective de la voirie antique avec le site de la ZAC de la Gare
Crédits D’après Mac Carthy 2016 ; DAO : C. Ramponi (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/232362/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
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Pour citer cet article

Référence électronique

Cécile Ramponi, « Saint-Pierre-d’Albigny – Le Mollard Crestin » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Auvergne-Rhône-Alpes, mis en ligne le 07 avril 2026, consulté le 18 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/232362

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Auteur

Cécile Ramponi

Inrap

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Responsable d’opération

Cécile Ramponi

Inrap

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Droits d’auteur

CC-BY-SA-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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