1L’Atlas topographique de Lyon antique, initié par Michel Lenoble (service régional de l’Archéologie Rhône-Alpes) en 2001 dans le cadre d’un PCR, a été mis en œuvre selon les normes et la méthodologie mises en place par les « Atlas topographiques des villes de Gaule méridionale ». Il est rattaché à l’UMR 5138 Archéologie et Archéométrie, et s’intègre à l’un de ses axes de recherches. Un découpage général couvrant l’ensemble de la ville a ainsi été réalisé et un certain nombre de notices concernant des aires géographiques différentes a été rédigé (ville antique, presqu’île-quartiers fluviaux, suburbium).
2Au vu de l’importance de la documentation, il a été décidé de répartir les données en quatre volumes :
- le volume I est consacré à Fourvière (13 feuilles) ;
- le volume II est consacré à la Croix-Rousse, à la presqu’île et aux quartiers fluviaux (30 feuilles) ;
- le volume III est consacré aux quartiers périphériques, les secteurs de Vaise et des rives de Saône au nord, des plateaux de Saint-Just - Saint-Irénée et la rive gauche du Rhône ;
- le volume IV est consacré à la période de l’Antiquité tardive et au haut Moyen Âge.
3La période adoptée pour la représentation cartographique de l’atlas pour le premier volume couvre la seconde moitié du ier s. et le iie s. apr. J.-C., période qui correspond à une phase majeure d’expansion topographique et d’équipement de Lugdunum : théâtre, odéon, cirque, sanctuaire fédéral et temple municipal du culte impérial, thermes publics.
4Le premier volume consacré à la colline de Fourvière a été publié en décembre 2018 (Lenoble 2018).
5À partir de 2015, la coordination du PCR a été assurée par Michèle Monin (service archéologique de la Ville de Lyon). À la différence du volume I, il a été décidé d’étendre la fourchette chronologique jusqu’à la fin du iiie s. apr. J.-C., car de nombreuses découvertes étaient anciennes et n’assuraient pas un degré d’information suffisant afin de les localiser et les caractériser correctement. Le second volume a été publié en 2024 (Monin 2024).
6Depuis l’année 2022, le groupe de chercheurs s’est réuni pour travailler à nouveau sur les emprises du volume III (coordination Julian Castelbou). Le noyau historique a répondu présent afin de poursuivre le récolement des données et de pouvoir envisager, 21 années après le lancement, de traiter exhaustivement la documentation de l’ensemble de la ville de Lyon antique. La chronologie retenue pour ce volume a également été étendue de la seconde moitié du ier s. apr. J.-C. jusqu’à la fin du iiie s. apr. J.-C.
7Le découpage de l’atlas topographique de Lyon antique comprend 91 feuilles au format 1/1000 ou 1/2000, qui présentent la cartographie du territoire urbanisé de Lugdunum et de ses proches quartiers périphériques. Chaque feuille présente, sur fond cadastral actuel, les notices et la cartographie des vestiges découverts dans son emprise, il s’agit de traiter de manière exhaustive toutes les découvertes anciennes et celles plus récentes, notamment issues des résultats des opérations d’archéologie préventive. Pour y arriver, de nombreuses recherches bibliographiques sont parfois nécessaires dans tout type de structure (archives, bibliothèques, consultation de fonds anciens…). Tous les vestiges font l’objet d’une notice détaillée, qui renvoie à une représentation cartographique selon le découpage des feuilles, présente la date de la découverte, son lieu, ainsi qu’une description des vestiges telle que le découvreur l’a présentée et la bibliographie associée. Les notices se répartissent selon plusieurs rubriques : enceinte, voirie et urbanisme, aménagements hydrauliques, aménagements des berges, monuments publics, habitations, commerce et artisanat, indéterminé, funéraire, divers. Les périodes non représentées sur la feuille, Protohistoire ou Antiquité tardive par exemple, font l’objet de descriptions additionnelles. Chaque feuille fait ensuite l’objet d’une interprétation générale une rubrique après l’autre, en discutant des propositions d’hypothèses précédentes, les confirme ou les infirme.
8Le principal objectif affiché pour le programme pluriannuel 2023-2025 est la rédaction du plus grand nombre de feuilles. Au début de la reprise des données sur l’emprise de ce volume, le choix a été fait de mettre en place un découpage potentiel des feuilles couvrant tout le reste de l’actuelle ville de Lyon, qui s’étend au-delà des limites supposées de la ville antique. C’est pour cette raison que 48 feuilles avaient été délimitées. Celles qui sont dans les franges ou encore sur le plateau de la Croix-Rousse ne livrent pas ou très peu de vestiges. Les feuilles non attribuées se regroupent sur les confins de la ville de Lyon actuelle, pour lesquels il a tout de même été fait le choix de créer des feuilles (vers Sainte-Foy-lès-Lyon au sud, Écully à l’ouest, ou les Monts-d’Or au nord). En effet, la pression démographique et l’aménagement du territoire laissent supposer la prescription de nouvelles opérations d’archéologie préventive qui pourront livrer des vestiges des occupations anciennes. Le cas échéant, la rédaction des notices se fera à l’avancement en fonction de la disponibilité des auteurs.
9Ainsi, 25 feuilles ont été attribuées aux différents membres du collectif et couvrent les secteurs ayant fait l’objet d’opérations archéologiques livrant des vestiges antiques. Sur le fond, onze feuilles ont été déjà présentées en séance et sont en passe d’être finalisées. Sur les quatorze feuilles restantes, encore deux (feuilles 66 et 78) livrent un nombre de vestiges importants. Pour les autres feuilles, même si des vestiges sont présents, il ne s’agit pas de la même densité (un pour trois environ). Une fois cela réalisé, il s’agira de rédiger les textes d’introduction et de synthèse. Il est une possibilité pour que le volume IV initialement projeté soit condensé au sein d’un texte présent à la fin de ce troisième ouvrage. L’objectif ainsi visé serait une publication du troisième volume à l’horizon 2028.