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Année de l'opération :
1999Chronologie :
époque médiévaleNature de l'opération :
fouille programméeNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : CNRS
Texte intégral
1Perché sur un mamelon rocheux du centre de l’île, le castrum de Rostino commandait tout le réseau de fortifications des marquis de Massa et de Corse. Il est constitué d’un village d’une quinzaine de maisons, protégées par une succession de trois remparts et dominées par la rocca proprement dite. Celle-ci compte parmi les plus importantes de l’île en raison de sa superficie et de la complexité des structures qui la composent. L’ensemble s’organise autour de deux donjons et comprend au moins cinq pièces et une citerne. L’objectif la fouille archéologique, entreprise en 1999, est de comprendre l’organisation et l’évolution des structures fortifiées de la rocca et d’analyser le système économique du castrum dans son contexte insulaire et dans ses relations avec l’extérieur.
2Le premier sondage a été implanté dans la grande salle du logis et le petit donjon. L’une des données les plus importantes est, sans doute, la découverte d’un fragment de mur en pierres sèches qui défendait le plateau sommital du site et contre lequel s’appuyait un petit édifice en bois de plan rectangulaire. Cet ensemble a précédé la construction du bâtiment de pierres. La présence d’un fragment de cruche « a vetrina sparsa », provenant du Latium, donne un terminus post quem vers le milieu du xiie s. pour la construction de l’habitat de bois. Cette datation est précisée par la découverte, dans le sol, d’un fragment de plat de proto-majolique ligure, attribuable au tout début du xiiie s. Cette maison était construite au pied du donjon 2, dont la fouille a montré qu’il était constitué d’un premier niveau en pierres, surmonté d’un étage en bois. Les niveaux les plus anciens ont fourni des tessons de céramiques islamiques que l’on peut dater du xiie s. L’analyse de l’appareillage de cette tour et l’étude comparative permettent de situer sa construction vers le milieu du xiie s. À la fin du xiiie s. ou au début du xive s, des modifications importantes sont apportées sur cette plate-forme sommitale. La maison de bois est détruite et la salle 1 est érigée. Cette construction, d’au moins deux étages, est alors en pierres, liées au mortier de chaux ou à la terre argileuse.
3Le mobilier archéologique mis au jour, notamment la céramique, témoigne des relations étroites que l’île entretenait avec la Toscane et le monde méditerranéen en général. Étude ossements d’animaux (plus de 8 000 fragments, surtout de chèvres et de moutons, très peu de gibier soit environ 0,5 %, du cochon de lait dans les niveaux du xiiie s. et poulet) et des charbons de bois (près de 50 % de châtaignier, puis petit maquis et chêne vert ; on note aussi la présence de noyaux d’olives) permet, d’ores et déjà, de proposer une restitution de l’économie du castrum mais aussi du milieu naturel qui l’entourait. Ces informations viennent compléter celles réunies les années précédentes lors de la fouille du castrum de la Mugliunaccia situé à une dizaine de kilomètres de Rostino et appartenant très certainement au même réseau de fortifications.
Pour citer cet article
Référence électronique
Daniel Istria, « Castello-di-Rostino – Le castrum de Rostino » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Corse, mis en ligne le 01 septembre 2019, consulté le 14 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/23475
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