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Année de l'opération :
1997Lieux :
France métropolitaine, Bourgogne-Franche-Comté, Département de la Haute-Saône, Percey-le-GrandNature de l'opération :
opération de diagnosticTexte intégral
1Des travaux archéologiques ont été entrepris sur la grange de Montcierge dépendant de l’abbaye de Theuley, dans le cadre du programme de prospection thématique sur les granges cisterciennes (cf. Vars, Montverrat), mais aussi dans la perspective d’un travail universitaire, portant sur l’étude des granges et du réseau des granges de Theuley.
2L’abbaye de Theuley, fille de Morimond, fondée en 1130, disposa, sur le territoire de la commune de Percey-le-Grand, d’une grange mentionnée pour la première fois en 1148 et de deux moulins attestés dès le xiiie s. La grange de Montcierge se situe sur la pente nord de la colline du même nom qui domine au sud-ouest le village de Percey-le-Grand. Des cinq bâtiments organisés autour de deux cours fermées, figurant encore sur le plan cadastral de 1824, un seul subsiste ainsi que le dispositif de captage d’une source souterraine. Les visites du xviie s. distinguent « le logement du granger », « la grange à battre les grains », le « logement du vigneron », le cellier et une chapelle dédiée à sainte Anne.
3L’intervention archéologique a porté sur le bâtiment dit « logis du granger » en cours de ruines. En août 1997, une étude des élévations et un sondage aux angles jointifs de deux bâtiments ont été réalisés. Dix-huit échantillons provenant du bâtiment dit « logis du granger » ont été prélevés pour une analyse dendrochronologique (C. Locatelli, Laboratoire de Chrono-Écologie, Besançon). L’étude des sources écrites, associée aux observations archéologiques permet de retracer l’évolution du bâtiment.
4Le « logis du granger », de plan rectangulaire (21,80 x 8,70 m), a subi trois réaménagements principaux. Dans un premier état (xiiie-xve s.), le bâtiment paraît avoir eu essentiellement une fonction d’habitat. Il comprenait à l’étage une vaste pièce (8,70 x 6,50 m) qui possédait une fenêtre à coussiège, dont l’embrasure conserve un faux appareil sur enduit. Une cheminée, adossée au pignon nord, chauffait le rez-de-chaussée. Elle daterait du xive s. De cette période pourraient dater d’imposantes latrines, mentionnées dans deux visites du xviiie s. et dont ne subsiste aucun vestige.
5Entre le milieu du xve et le début du xvie s., ce bâtiment devient une « maison mixte ». Un mur de refend portant pignon sépare étable et grangeage de l’habitation. Le dernier cerne de l’une des poutres de rive de l’habitat a été daté de 1444. Le chauffage de la pièce de l’étage est assuré par une cheminée superposée à celle de la période précédente (mais les conduits demeurent distincts). La fenêtre à coussiège, partiellement comblée, se situe désormais dans la partie rurale du bâtiment.
6Au xviie s., la charpente est entièrement reprise : datation dendrochronologique et archives confirment la date de 1673-1675.
7Au xviiie s., un vaste appentis sera édifié au sud ; sa poutre de rive est datée de 1749.
8Le sondage a permis de constater que le « logis du vigneron », dont la construction a englobé l’angle de « la grange à battre les grains » était plus récent que cette dernière. Le comblement d’une tranchée de récupération contenait des éléments de tuiles canal. Les visites du xviie s. ne décrivant que des couvertures de laves, il semble possible que la tuile ait été donc employée à Montcierge, comme à Montverrat, au cours de la période médiévale.
9Si l’on ne connaît pas le plan médiéval de la grange de Montcierge, il en subsiste au moins quelques éléments : la chapelle, le bâtiment ouest et « la grange à battre les grains » qui lui est parallèle.
10Les procès verbaux des visites consultés ne mentionnent pas de vaste édifice de stockage de céréales : au xviie s., un seul bâtiment se voit attribuer cette fonction. Mais étant de petite taille (20 x 7 m), il est fort possible qu’il s’agisse d’une réutilisation tardive. S’il se peut qu’un tel bâtiment ait existé, son entretien et son utilité ne se seraient plus fait sentir dès le dernier tiers du xive s. Entre 1379 et 1388, l’abbaye de Theuley se lance à Percey-le-Grand dans des achats systématiques de prés. Au même moment, elle accense « des terres » cultivables destinées sans doute à la céréaliculture.
11Les bâtiments liés à la viticulture (habitat et cellier) et les deux cours fermées dateraient de la restructuration majeure de la grange intervenant au xvie s. À cette période, l’exploitation était tournée essentiellement vers la viticulture. Montcierge disposait de trois cent cinquante ouvrées de vignes en 1668.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Plan de la grange cistercienne de Montcierge |
| Crédits | Dessin : C. Méloche. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/26315/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 257k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Christophe Méloche, « Percey-le-Grand – Grange de Montcierge » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Bourgogne-Franche-Comté, mis en ligne le 01 septembre 2019, consulté le 10 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/26315
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