Notes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Afan
Texte intégral
1Le site, localisé au sein de la plaine alluviale du Doubs, se trouve en rive droite de la rivière, en marge de sa bande d’activité historique. Le contexte particulier de sédimentation a permis la conservation de niveaux d’occupations mésolithiques dont la fouille, motivée par la réalisation de la future autoroute A39, s’est déroulée postérieurement à l’étude des niveaux historiques et protohistoriques, réalisée sous la direction de O. Simonin. Les phases d’occupation appartiennent au Mésolithique moyen et au Mésolithique ancien pour lequel l’intensité de la fréquentation est la plus forte. Les vestiges lithiques et osseux s’individualisent dans une matrice limoneuse à caractère plus ou moins argileux, recoupée par de petits chenaux. Le Mésolithique moyen, marqué par une occupation au caractère extensif et par la présence de vestiges très ténus, a livré une série lithique modeste, constituée de 447 pièces ainsi que quelques restes de faune. L’outillage, dominé par les pointes à base transversale associée à des segments de cercle, évoque le Mésolithique moyen type vallée du Doubs, représenté en particulier sur le site de Ranchot dans le Jura. Une datation au radiocarbone situant cette occupation dans la seconde moitié du Préboréal peut paraître un peu ancienne si l’on considère cette assemblage typologique caractéristique du Mésolithique moyen.
2La seconde phase d’occupation appartenant au Mésolithique ancien est également caractérisée par une occupation extensive reconnue sur environ 5 000 m2 au sein de l’emprise. Le cadre technique de l’opération n’a permis qu’une reconnaissance restreinte sur 1 800 m2. Les vestiges d’occupation, plus nombreux et plus variés, sont associés à des structures de combustion de type simple à plat ou en cuvette. L’industrie lithique, façonnée principalement à partir du silex, associe des matières premières d’origine diverse, comme le bassin tertiaire de Haute-Saône et le secteur de Cesancey dans le Jura, illustrant des déplacements de 60 km, mais également la région de Olten, en Suisse, impliquant des déplacements d’environ 180 km. La série lithique, composée de 6 543 pièces, a livré un outillage dont l’assemblage est régionalement inédit. La dominance des pointes à troncature oblique, à retouches unilatérales et des triangles isocèles, évoquent bien évidemment un cadre chrono-industriel du Mésolithique ancien, mais permettent surtout d’envisager l’existence d’influences septentrionales à partir du Luxembourg et de la Moselle. Le site de Choisey constitue l’occupation la plus méridionale de ce Mésolithique ancien dérivé de l’Arhensbourgien dont la position chronologique au sein du Préboréal est assez mal connue faute de datations précises. Dans ce contexte, la pratique de datages sur le niveau ancien de Choisey revêt un caractère essentiel pour une meilleure connaissance de ce cadre chrono-culturel. L’étude de la faune permettra de préciser l’économie de chasse, orientée vers l’abattage du cerf, du sanglier, du castor et du chevreuil. L’excellente conservation des vestiges ainsi que la présence de structures ont favorisé une réflexion sur l’organisation spatiale. Ce campement se compose de plusieurs unités d’habitation, intégrant des foyers complétés par de petits amas de débitage et des zones de rejet liées à la faune. Des effets de parois permettent d’envisager l’existence de superstructures associées à ces zones d’activités. Les occupations mésolithiques de Choisey complète une documentation régionale très incomplète sur la période, à partir d’un contexte de conservation jusqu’à présent inexploré. En effet, si les occupations de plein-air ont été reconnues par ramassage de surface, aucune d’entre elles n’avait fait l’objet de fouilles extensives et ne permettaient d’envisager une conservation aussi bonne. Le contexte privilégié de conservation que constitue la plaine alluviale semble être le seul à permettre l’étude d’occupations de plein-air bien conservées. En ce sens, la Franche-Comté rejoint les régions, où, à partir de gisements de plein air, la fouille d’habitats préhistoriques, et plus particulièrement mésolithiques, est pratiquée depuis plusieurs années.
Pour citer cet article
Référence électronique
Frédéric Séara, « Choisey – Aux Champins » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Bourgogne-Franche-Comté, mis en ligne le 01 septembre 2019, consulté le 17 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/26418
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