Les amphores en Gaule : production et circulation
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Année de l'opération :
1996Lieux :
France métropolitaine, Bourgogne-Franche-Comté, Département de la Haute-Saône, Chassey-lès-MontbozonNature de l'opération :
projet collectif de recherchePlan
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Organisme porteur de l’opération : CNRS
Texte intégral
1En 1996, deuxième année du programme développé sur trois ans, les deux orientations dominantes ont été suivies : la production des amphores gauloises et la circulation des amphores de toutes origines à travers les Gaules.
Recherches sur les ateliers et les productions d’amphores gauloises
2La connaissance des ateliers gaulois évolue grâce aux visions d’ensemble que donnent quelques fouilles extensives et l’analyse des relations entre officine et environnement.
3Un colloque tenu à Sallèles d’Aude, en septembre 1996 (à paraître), a ouvert sur des synthèses dans ces divers domaines en abordant les points suivants :
- évolution d’un atelier durant plusieurs siècles, organisation de l’espace, transformation de l’architecture des bâtiments et des fours, rentabilité, productions ;
- inscription dans un territoire, relation à l’environnement (notamment, exploitation de la forêt), aux voies de communication, aux habitats et aux marchés ;
- fonctionnement global d’un atelier et modélisation à partir des données archéologiques sur la chaîne de travail, des potentialités de production, de la nature des bois de chauffe utilisés (volume et provenance), du rendement du vignoble, etc. Des chiffres, des rythmes, des espaces dans le territoire ont ainsi été proposés pour le fonctionnement d’une officine comme celle de Sallèles d’Aude. Premières évaluations dans un domaine où l’Antiquité manque tant d’évaluations ;
- comparaisons avec d’autres ateliers, plus anciens ou contemporains, dans la même région mais aussi ailleurs en Gaule ou dans les péninsules italiques et ibériques.
4Par ailleurs, des nouveautés continuent d’apparaître pour les productions régionales de moindre diffusion, hors de la Narbonnaise, tandis que dans la Provincia de nouveaux ateliers sont fouillés pour la première fois à Nîmes (Gard) et à Mèze (Hérault).
La circulation des amphores
5Dans le domaine de la circulation des amphores en Gaule, les travaux concernent des régions variées. C’est l’accumulation de ces données qui permet, peu à peu, de tracer la diversité des courants de circulation.
6Les études sont menées suivant des modes différents : il peut s’agir d’analyses ponctuelles à l’occasion de fouilles d’urgence ou bien de synthèses sur une cité ou sur un territoire.
7Dans le nord des Gaules, la villa de Rheinheim, qui jouxte le vicus de Bliesbruck, a fourni, au haut Empire 2 304 tessons d’amphores (101 NMI) qui correspondent surtout à des importations d’huile de Bétique et de vin de Narbonnaise (J. Baudoux).
8Au confluent de l’Yonne et de la Seine, une étude micro-régionale (J.-M. Séguier) marque des apports d’amphores réguliers mais peu abondants depuis le ier s. avant notre ère. Sous l’Empire, l’huile de Bétique et le vin de Narbonnaise sont les importations dominantes. On notera cependant la masse des amphores régionales (80 %) dont la fonction n’est pas définie. Au bas Empire, les amphores sont rares, mais les importations d’origine lointaine (Orient) persistent. Dans le Centre (C. Barthélémy), l’analyse globale des amphores d’Argentomagus porte sur plus de 19 000 tessons, soit 3 280 NMI. entre la fin du ier s. av. J.‑C. et la fin du ive s. apr. J.‑C. Globalement, les importations de la Péninsule ibérique dominent (huile surtout, mais aussi vin et poisson), tandis que le vin de Narbonnaise est rare, ce qui semble être une caractéristique de l’Ouest.
9Une synthèse sur les amphores de Bourges est entreprise.
10Dans l’Ouest, en Vendée, les fouilles d’urgence menées à Fontenay-le-Comte sur une très grande ferme (O. Millèse, L. Simon) ont été l’occasion de faire la synthèse des importations d’amphores (1 576 tessons) qui comprennent essentiellement du vin d’Italie à la période gauloise, puis du vin de Tarraconaise à la période augustéenne (F. Laubenheimer, L. Simon).
11En Franche-Comté, plusieurs travaux visent à dresser une synthèse sur la région. L’inventaire des amphores du musée de Gray a été dressé (N. Bonvalot, S. Humbert, F. Laubenheimer). Dans la vallée de l’Ognon, à proximité du confluent de la Saône, l’une et l’autre rivière étant navigables jusqu’à cette zone, la villa de Chassey-lès-Montbozon se place sur le grand axe de circulation Rhône-Saône-Rhin. Les 3 585 tessons d’amphores qu’elle a fournis (d’Auguste au iiie s.) marquent la prédominance des importations vinaires de Gaule du Sud (S. Humbert, F. Laubenheimer).
12Par ailleurs, une synthèse sur les réutilisations d’amphores dans des vides sanitaires, en Gaule, a été dressée (F. Laubenheimer, à paraître).
13En novembre 1996, une table ronde tenue à Orsay a permis aux membres du PCR de faire le point sur les recherches de l’année.
Pour citer cet article
Référence électronique
Fanette Laubenheimer, « Les amphores en Gaule : production et circulation » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Bourgogne-Franche-Comté, mis en ligne le 01 septembre 2019, consulté le 12 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/26518
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