Notes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Afan
Texte intégral
1En 1993 la municipalité de Mandeure envisageait, sur l’îlot délimité par la rue du Temple et la rue de la Libération, un projet de Résorption de l’Habitat Insalubre (R.H.I.) pour un ensemble d’immeubles anciens. Le projet, qui concernait un périmètre riche en vestiges archéologiques majeurs, nécessitait une opération de diagnostic archéologique qui fût programmée durant l’automne 1994. L’intervention, « R.H.I. 1994 » fait partie d’un programme d’archéologie préventive et de recherche, mis en place en 1988, dans une perspective d’une restructuration du centre urbain, projetée par la ville.
2Deux tranchées de diagnostic (18 et 25 m de long) ont été effectuées. La stratigraphie rencontrée dans celles-ci est comparable. Trois phases peuvent être ainsi établies :
3Une occupation antérieure à l’urbanisation du secteur est attestée par la présence, au niveau des alluvions naturelles, d’une fosse et d’une couche charbonneuse très localisée contenant des scories de fer et de petits fragments de charbon de bois. La fosse est probablement liée à l’exploitation des alluvions naturelles à l’usage de constructions à proximité du site, puis réutilisée comme dépotoir. Aucun mobilier archéologique caractéristique ne permet de dater avec précision la phase I de l’occupation du site. La présence de fragments informes de céramique sigillée, induit toutefois une occupation gallo-romaine.
4La deuxième phase est caractérisée par la construction, dans la tranchée 1, d’un mur large d’environ 0,60 m orienté nord-sud et conservé sur plus d’un mètre d’élévation. Il délimite, à l’ouest, une surface non bâtie, matérialisée par un sol de graviers et de galets, correspondant certainement à une cour. À l’est, il délimite le sol en mortier de chaux d’une pièce d’habitation. Le secteur de la tranchée 2 semble faire partie d’une zone non-bâtie. Cet espace, probablement une cour ouverte, est matérialisé précédemment par l’épandage de couches de graviers et de galets damées. La phase II a livré un mobilier assez important dans des dépôts liés à l’occupation des cours. La céramique recueillie forme un lot très homogène, constitué d’une part, de céramiques fumigées et communes grises caractéristiques, sur le site de Mandeure, de la deuxième moitié du ier s. et, d’autre part de céramiques sigillées provenant exclusivement de la Gaule du sud. Cette phase semble donc débuter au milieu du ier s. de notre ère (Claude Néron) et se terminer à la fin de l’époque Flavienne.
5Le secteur subit ensuite une phase de construction où l’espace urbain semble s’organiser.
6Un mur est construit dans la tranchée 1, délimitant une nouvelle pièce du bâtiment où on installe un gros foyer, large de 1,20 m (fig. 1). L’importance du foyer, les nombreux aménagements successifs autour de celui-ci et le stockage de sable à proximité laissent supposer une activité artisanale. Deux murs contemporains, parallèles, orientés est-ouest et distants d’un mètre sont construits au centre de l’îlot (tranchée 2). Ils correspondent certainement à un ambitus. Ces murs sont conservés sur environ 0,40 m de haut et reposent sur des fondations de pierres calcaires. Un sol en gravier est aménagé dans l’espace intermédiaire. Au nord de cet ambitus, un sondage (à l’extrémité nord de la tranchée 2) a révélé un ensemble de structures appartenant à une cave dégagée sur 4,50 m par 2,50 m, dont trois murs ont pu être mis au jour :
- le premier à l’est, orienté nord-sud, dégagé sur 2,50 m de long, est conservé sur plus de 2,00 m d’élévation,
- le second à l’ouest, orienté nord-sud, dégagé sur 2,00 m de long, est conservé sur 1,90 m d’élévation pour une largeur de 0,44 m. Il présente à 0,90 m au dessus du sol de la pièce, une niche rectangulaire haute de 0,60 m et profonde de 0,40 m. Elle n’a pu être dégagée que sur 0,85 m de long. Les traces d’accroche permettent de restituer un coffrage en bois sur les parois de la niche.
- le troisième mur au nord, orienté est-ouest, long de 3,00 m et large de 0,60 m, est conservé sur 0,80 m de haut. Il s’agit d’un mur de refend sur lequel s’appuyait au nord un escalier, dont la première marche apparaît à l’angle nord-est de la cave.
7Deux états de la cave peuvent être mis en évidence :
8Le premier n’a pu être observé qu’à l’intérieur d’un petit sondage (1 m2). Les murs de la pièce sont alors constitués de moellons dégrossis, disposés en assises régulières avec des joints tirés au fer. Un sol très sommaire de gravier lâche s’y raccroche. Lors d’un second état, les murs sont recouverts d’un enduit lissé (fig. 2) et peint, le sol réalisé en terre damée recouverte d’une fine couche de chaux.
9Les constructions de la phase III, d’après les recoupements stratigraphiques, apparaissent probablement au début du iie s. apr. J.‑C. La fin de cette phase d’occupation antique reste mal connue. Seule la couche d’incendie au fond de la cave fournit du mobilier (céramique sigillée Dr. 38 et céramique métallescente) daté de la deuxième moitié du iie s. de notre ère.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Détail de foyer de la phase III |
| Crédits | Cliché : Sequani Novi. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/26712/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,0M |
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| Titre | Fig. 2 – Essai de restitution des enduits peints |
| Crédits | Dessin : D. Watts (Afan). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/26712/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 207k |
Pour citer cet article
Référence électronique
David Watts, « Mandeure – 3 rue du Temple » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Bourgogne-Franche-Comté, mis en ligne le 01 septembre 2019, consulté le 14 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/26712
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