Boulogne-sur-Mer – Enceinte urbaine
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Année de l'opération :
2015Numéro d’opération :
156810157851Nature de l'opération :
fouille programméeNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Ville de Boulogne-sur-Mer
Texte intégral
1L’opération menée en 2015 dans les « fausses-braies » du château comtal s’inscrit dans le cadre de la fouille triennale 2015/2017, du programme d’étude de l’enceinte urbaine médiévale et moderne de Boulogne-sur-Mer, débuté en 1996.
2Érigés au xiiie s., l’enceinte urbaine médiévale et son château, tous deux assis sur les fondations de la courtine tardo-antique de la Ville, forment l’un des ensembles fortifiés les mieux conservés du Nord de la France, et ce, malgré les transformations et modernisations qu’il a connues au fil des siècles.
3À la suite d’un premier sondage (en 2007), qui a permis de mettre au jour le parement interne de la courtine et le chemin de ronde médiévaux, en excellent état de conservation, le service archéologie de la Ville de Boulogne-sur-Mer a souhaité mettre en place ce programme pluriannuel d’étude afin de tenter de comprendre l’évolution de l’enceinte de sa construction par Philippe Hurepel (au début du xiiie s.) à l’arasement des ouvrages avancés sous le règne de Louis XIV.
4Depuis, une quinzaine d’opérations ont été réalisées sur les différents fronts de l’enceinte ou à l’emplacement des ouvrages avancés, dont, notamment la fouille de l’une des tours de flanquement (tour du Conseil, 2009 à 2011) sur le front sud-ouest de la fortification urbaine.
5Parmi les opérations réalisées au cours de ces huit années de recherches, celles des fausses-braies du château comtal, dans l’angle est des fortifications, en 2012-2013, ont montré le potentiel de ce secteur, mettant en évidence la conservation d’une partie des ouvrages défensifs de la barbacane orientale, dont la disposition originale demeure méconnue et les remaniements du secteur entre le xvie et le xviiie s. C’est pourquoi, l’étude des fausses-braies et plus particulièrement celle des ouvrages défensifs, est au cœur du programme triennal qui s’est ouvert en 2015.
6Le site fouillé en 2015, d’une cinquantaine de mètres carrés au total, est bordé à l’est par le mur d’enceinte qui clos les fausses-braies et à l’ouest par le blindage du château. La partie nord est occupée par l’ouvrage d’entrée de la lice nord.
- 1 « Estat des vivres et artillerie et municions (. . .) M.V. C. XLIII » , Bibliothèque Nationale de F (...)
7Le dispositif défensif des fausses-braies, lors de leur construction au xvie s., n’est pas précisément connu. Seules les sources évoquant les préparatifs du siège ou l’entrée dans la ville des Anglais par les braies du château décrivent sommairement ces défenses. L’inventaire de l’armement de la ville (daté de 1543), évoque les fausses-braies qui entourent la ville1, mais pas précisément celles du château.
8Suivant ces documents, il existe une braie entre la tour d’angle nord (Tour Notre-Dame) et la tour de la porte Flamengue (barbacane de la porte ouvrant sur le front nord-est), et il est alors probable qu’une braie similaire ait relié la porte aux ouvrages défensifs du château, en particulier à la barbacane du fer à cheval, rendant ainsi la lice nord des douves sèche du château, dans sa configuration actuelle, inopérante.
9De plus, l’existence dès le xvie s. d’une lice dans le prolongement de la barbacane de l’entrée est du château est remise en question par la présence de deux canonnières : la première dont la chambre de tir est conservée dans le couloir qui permet de gagner les braies, la seconde, marquée par la présence dans le parement à l’intérieur de la caponnière du xviiie s., d’une « bouche à feu » quadrangulaire. En effet, ces « bouche à feu » débouchaient dans la lice, de telle manière qu’il leur est impossible de tirer ailleurs que dans la braie elle-même.
10L’intérêt de l’opération menée en 2015 était donc, principalement d’établir la chronologie des réaménagements successifs du secteur, afin de tenter de restituer l’aménagement initial de la barbacane protégeant l’entrée orientale du château. Pour cela, un sondage a été mené contre la façade sud, dans la partie aujourd’hui occupée par une plate-bande engazonnée.
11Ce sondage a permis de mettre au jour une chambre de tir, totalement inédite ainsi que la façade, sans doute dans son état d’origine, de la barbacane dite « fer à cheval », à l’est du château. Les ouvrages mis au jour en 2015, sans remettre en cause la chronologie générale des aménagements des fausses-braies établie lors des opérations de 2012 et 2013, permettent en revanche de proposer une nouvelle interprétation des sources et documents sur la mise en place de la barbacane par François Ier.
- 2 Lavoute maçonnée de briques de la chambre de tir mise au jour en 2015, semble attester sa restaurat (...)
12Ainsi, au xvie s., les fausses-braies ne devaient pas doubler le blindage, comme aujourd’hui mais devaient constituer une barbacane, prolongée par le fer à cheval et défendant l’entrée orientale du château. Les trois canonnières2 mises en évidence, permettant de défendre les braies, alors située le long de l’actuel boulevard, et qui relaient les ouvrages avancés du château et ceux de la porte de Calais.
13La lice nord doit probablement être réattribuée à un remaniement postérieur, peut-être en lien avec la mise en place des caponnières au xviiie s.
Notes
1 « Estat des vivres et artillerie et municions (. . .) M.V. C. XLIII » , Bibliothèque Nationale de France (cote : Français 5195), 134 feuillets (Consultation en ligne sur Gallica : ark :/12148/btv1b90604915).
2 Lavoute maçonnée de briques de la chambre de tir mise au jour en 2015, semble attester sa restauration dans la seconde moitié du XVIe s.
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Référence électronique
Angélique Demon, « Boulogne-sur-Mer – Enceinte urbaine » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Hauts-de-France, mis en ligne le 01 septembre 2019, consulté le 10 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/29948
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