Au large de La Possession – Le débarcadère de la marine Técher
Entrées d’index
Année de l'opération :
2013Numéro d’opération :
2001Chronologie :
époque contemporaineNature de l'opération :
prospection inventaireTexte intégral
1Faisant suite à l’opération réalisée en 2012, la prospection archéologique sous-marine s’est déroulée sur le territoire de la commune de la Possession, qui se situe au nord de l’île entre la ville de Saint-Denis et la ville du Port, le long de la côte sous le vent, du 1er au 31 octobre 2013. Cette prospection a été réalisée par la commission régionale d’archéologie de la FFESSM de l’île de la Réunion en partenariat avec la Confrérie des Gens de mer, le Conseil régional de la Réunion, la mairie de La Possession, la Direction des affaires culturelles de l’Océan Indien, le Drassm, Run Sport Association.
2La zone de prospection archéologique sous-marine est située dans la zone de l’embouchure de la ravine des Lataniers. Elle est délimitée à l’ouest par les anciens pieux du pont débarcadère et à l’est par la croix dite calvaire (fig. 1).
3Lors de la précédente campagne de prospection, en 2012, l’opération avait donné lieu à la localisation de nombreuses pierres taillées aux profils variés.
4L’opération de 2013 visait particulièrement à inventorier les blocs de roches basaltiques taillés qui proviendraient de possibles structures anthropiques (elles-mêmes à identifier), et également à caractériser tout type de vestige qui pourrait appartenir à d’éventuels événements de mer dont la chronologie mériterait d’être précisée.
5Après avoir balisé l’aire de la prospection en surface par quatre bouées, nous avons fractionné des couloirs (matérialisés par un dévidoir) à l’aide d’un décamètre à raison de 75 couloirs de 20 m de large sur 100 m de long.
6Les prospections ont été réalisées à la palme et en ligne par quatre plongeurs avec un intervalle de 5 m entre chaque plongeur. Ces derniers ont été assistés par un opérateur GPS en surface. Chaque vestige et pierre a été enregistré avec une indication du nord, une numérotation, une échelle graphique, la profondeur, le point GPS, la photographie et quelques annotations. Cette méthode a été appliquée de manière systématique à chaque couloir.
7Durant la campagne, des arrêtés municipaux et préfectoraux sont entrés en vigueur interdisant la baignade suite à des attaques de squales dans la zone, ce qui a généré une certaine appréhension au sein de l’équipe, et contraint à s’équiper de repoussoirs à requins. La visibilité n’était pas optimale tous les jours compte tenu des conditions météorologiques et de la situation géographique (l’embouchure de la ravine des Lataniers). Toutes ces contraintes ont eu des répercutions sur le planning.
8Lors la deuxième opération archéologique, afin de déterminer la provenance des pierres inventoriées en baie de la Possession, nous avons mené une enquête de terrain en vue de localiser d’éventuelles carrières de pierres d’extraction dans un rayon de 3 km autour de l’ancienne marine de la Possession.
9Un signalement émis par le géographe Laurent Jauze, nous a conduits à un dépôt de pierres situé à proximité de la ravine dite à Malheurs, distant d’un peu plus de 2,1 km de l’ancienne marine de La Possession. Sa superficie est de 403 m2. Cependant, aucune anomalie anthropique a été repéré : traces d’outil sur les pierres, traces d’outils sur ce qui aurait pu être le front de taille, aucun objet fabriqué par l’homme trouvé au sol. En cet état des observations rien ne permet de définir ce site comme une carrière d’extraction.
10Au terme de la campagne 2013, les observations menées sur la zone nord du pont débarcadère du gouvernement confirment la présence de 133 pierres basaltiques taillées (fig. 2). Ces pierres sont dispersées dans l’axe est – nord-est sur une surface de 1 500 m à une profondeur variant de 3 à 9 m.
11Parmi ces pierres inventoriées 78 proviennent de carrière, 55 pierres sont brutes en provenance de la ravine, la dernière est une pièce de marine (grappin).
12Cette prospection, la première de ce type à La Réunion, a permis d’explorer une partie des vestiges d’une des rares marines dont les restes demeurent visibles encore aujourd’hui. Ce site est très riche et offre un important panel d’éléments à interpréter. Le croisement de la recherche historique et l’interprétation archéologique permettent de comprendre un peu mieux ces structures.
13Cette démarche participe ainsi à une meilleure compréhension de l’histoire maritime de l’île. En effet, ce thème reste peu exploré par la recherche universitaire notamment dans sa dimension d’installation de structures côtières. Il est également intéressant de noter que cette dimension de la recherche locale est portée par l’action du secteur associatif.
14La prospection a permis de croiser, pendant l’opération, la recherche en archive et le travail de terrain dans un souci de confrontation des données de recherche. Cette mise en dialogue fructueuse permet d’orienter la recherche en archive à partir des questions posées par le terrain et réciproquement.
Table des illustrations
![]() |
|
|---|---|
| Titre | Fig. 1 – La Possession, aquarelle de Caroline Viard (juin 1848) |
| Crédits | C. Viard. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/30826/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 215k |
![]() |
|
| Titre | Fig. 2 – Blocs de basalte taillés |
| Crédits | Cliché : J.-P. Bellanger. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/30826/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 664k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Éric Venner de Bernardy de Sigoyer, Jean-François Rebeyrotte et Jimmy Mouchard, « Au large de La Possession – Le débarcadère de la marine Técher » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Domaine public maritime, mis en ligne le 01 septembre 2019, consulté le 15 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/30826
Haut de pageDroits d’auteur
Le texte et les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés), sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Haut de page





