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2005
Martinique

Le Néolithique de la Martinique dans son contexte antillais

Responsable d’opération : Benoît Bérard

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Université des Antilles et de la Guyane

Texte intégral

1Projet collectif de recherche (2005)

2Le PCR « Le néolithique martiniquais dans son contexte antillais » a été initié en 1995 par J.-P. Giraud alors conservateur régional de l’archéologie en Martinique. Il s’achève cette année après dix ans de fonctionnement. Ce programme pluridisciplinaire s’est appuyé sur une équipe internationale (France, Pays-Bas, Canada) d’une quinzaine de chercheurs. Il a, tout d’abord, permis de créer un cadre structurant de financement et d’assurer une continuité de la recherche dans un contexte de « sous-développement » de l’archéologie antillaise en France.

3Le choix d’une problématique particulièrement large pour ce projet a été dicté par l’état, il y a dix ans, de la connaissance concernant l’occupation précolombienne de la Martinique. Si certains travaux pionniers avaient permis d’avoir quelques connaissances solides sur certains points particuliers, les derniers travaux d’envergure remontaient aux années 1970. Il apparaissait alors difficile ou pour le moins peu souhaitable de s’attaquer directement à des questions plus ambitieuses et plus ciblées. Notre action s’est donc concentrée sur la construction d’une base solide de savoirs, assortie d’un certain nombre d’outils conceptuels mais aussi matériels. Ce travail a été fait dans le cadre d’une approche holistique et pluridisciplinaire qui n’avait jusqu’alors été qu’ébauchée.

4Il s’est articulé autour de différents axes de recherche :

  • les premières occupations agricoles de la Martinique ;
  • l’occupation amérindienne tardive de la Martinique ;
  • l’étude des niveaux pyroclastiques de la Montagne Pelée en relation avec l’occupation précolombienne de l’île (en association avec le GDR 1122 du CNRS « Hommes et volcans avant l’Histoire ») ;
  • nature et fonction de l’outillage de pierre taillée ;
  • le cadre environnemental de l’occupation amérindienne de la Martinique.

5En plus de cela, ce programme a permis la création et la mise en ligne d’une base de données bibliographiques sur l’archéologie antillaise (www.ouacabou.org), ainsi que la constitution d’une base de données regroupant l’ensemble des datations absolues concernant l’occupation amérindienne de la région.

6Ce PCR est donc devenu, au fil des ans, le lieu de rencontre des différents chercheurs travaillant dans la zone et le moyen de maintenir une certaine continuité de la recherche. Cependant, ce programme n’avait pas pour vocation de se prolonger indéfiniment. Notre objectif était d’atteindre un premier niveau de connaissance qui permettrait ensuite de développer des programmes de recherche à la problématique plus spécifique sur des bases solides. En effet, l’archéologie antillaise a parfois eu la tentation de traiter des questions complexes sans pour autant se donner les moyens de le faire. Certains éléments de chronologie culturelle restent encore à établir, et les ensembles sont souvent bien mal décrits. Nous avons donc tenté de pallier ces lacunes dans le cadre géographiquement limité que constitue la Martinique. L’aboutissement de cette démarche nous permet maintenant d’intervenir de façon légitime dans les différents débats concernant l’arrivée des groupes formatifs dans les Antilles et leur évolution pendant près de deux millénaires.

7L’année 2005 a tout particulièrement été marquée en Martinique par la reprise de la fouille programmée du site de Macabou par différents chercheurs issus de ce programme de recherche. Cette fouille fait partie de ces programmes à la problématique plus spécifique qui commencent à se développer en ayant pour base les acquis issus de ce PCR. Ainsi, la fouille de Macabou est dans la continuité directe des recherches que nous avons effectuées sur l’occupation amérindienne tardive de l’île et tout particulièrement sur l’exploitation des ressources animales par les derniers groupes précolombiens.

8De même, l’année 2005 a correspondu à la première année de fonctionnement de la mission « Sud-Dominique » du ministère des Affaires étrangères. Ce programme a pour objectif d’étudier l’occupation saladoïde ancienne du sud de la Dominique et d’évaluer la nature des relations ayant existé entre le nord de la Martinique et le sud de la Dominique durant cette phase. Cette mission dirigée par des chercheurs issus du PCR se place dans la continuité directe des travaux que nous avons conduit sur les premiers groupes agro-céramistes de Martinique.

9En cette dernière année de fonctionnement du Projet Collectif de Recherche, nous semblons avoir déjà en partie atteint un des objectifs que nous nous étions fixés, à savoir servir de base à de nouvelles recherches à la problématique plus étroite et permettant de réintégrer les données martiniquaises dans l’espace de l’archipel antillais. Il nous reste maintenant à réaliser une dernière action. Il s’agit de l’organisation à Fort-de-France en mai 2007 d’un séminaire international intitulé « Martinique terre amérindienne, une approche pluridisciplinaire » qui regroupera l’ensemble des chercheurs ayant participé à ce programme. La publication issue de ce séminaire constituera la synthèse finale de nos travaux. Sa sortie est prévue pour fin 2007-début 2008.

10Ainsi s’achève donc le projet collectif de recherche « Le néolithique martiniquais dans son contexte antillais ». Les différentes publications que nous avons produit ou qui sont en cours d’achèvement constituent une base de connaissance sur l’occupation amérindienne de la Martinique qui connaît peu, voire pas, d’équivalent dans les Antilles. De plus, elles marquent clairement l’implication maintenant forte de l’archéologie française dans la Caraïbe. Une implication qui s’est matérialisée au niveau structurel par le recrutement de S. Grouard comme maître de conférence au Muséum national d’histoire naturelle, par celui de B. Bérard comme maître de conférence à l’université des Antilles et de la Guyane et par le renforcement du pôle Antilles au sein de l’UMR « Archéologie des Amériques » du CNRS dirigée par D. Michelet.

11Cependant, nous sommes loin d’avoir tout dit sur l’occupation amérindienne de la Martinique. Ces dix années de recherches nous ont juste permis de construire des fondations (que nous espérons solide). Il semble maintenant que le temps des problématiques généralistes s’achève en Martinique (il est loin d’en être de même dans le reste de l’archipel antillais). Tout d’abord, le temps est venu de faire éclater le cadre insulaire qui a été le notre pour se diriger vers une perspective plus archipélique. Ensuite, nos travaux en ouvrant un certain nombre de pistes de recherche ont ouvert la voie à un ensemble de nouveaux programmes aux problématiques plus spécifiques. Ces nouvelles perspectives de recherche sont déjà partiellement une réalité avec le démarrage cette année de plusieurs programmes directement issus du PCR « Le néolithique martiniquais dans son contexte antillais » (programme sur les premières occupations agricoles de la Dominique, reprise des fouilles à Macabou, renforcement des études paléoenvironnementales).

12Le fort investissement du ministère de la Culture dans ce programme de recherche durant dix années a concouru à redonner une réalité à la recherche archéologique française dans l’espace antillais. Ce phénomène a été renforcé par l’implication de plus en plus grande de l’Inrap dans la zone. Pour la première fois de l’histoire des chercheurs institutionnels français ont pour mission de se consacrer à l’étude de l’occupation précolombienne des Antilles. À eux (à nous) maintenant de faire que les avancées des dix dernières années n’aient pas été qu’un feu de paille.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Benoît Bérard, « Le Néolithique de la Martinique dans son contexte antillais » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Espace Caraïbes, mis en ligne le 01 septembre 2019, consulté le 16 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/30893

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Auteur

Benoît Bérard

Université des Antilles et de la Guyane

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Responsable d’opération

Benoît Bérard

Université des Antilles et de la Guyane

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