Riorges – ZAC du Pontet
Texte intégral
Identifiant de l'opération archéologique : 10026
Date de l'opération : 2009 (EX)
Phase 1
1Une première phase de diagnostics archéologiques a été réalisée sur l'emprise de la future ZAC du Pontet dans un secteur jusqu'à présent peu connu sur le plan archéologique, mais cependant susceptible de receler des vestiges (voie, habitat, nécropole) pouvant appartenir à différentes périodes chronologiques. Sur cette commune les connaissances archéologiques proviennent essentiellement de découvertes fortuites, de prospections pédestres, d'observations réalisées lors de travaux d'aménagement et de diagnostics. La seule intervention conséquente a été réalisée en 1994 par M.-O. Lavendhomme (INRAP), rue Pierre-Dubreuil, avant la construction du boulevard ouest de Roanne. Dans ce secteur avait été mis au jour un bâtiment daté du Haut-Empire.
2Sur une surface totale d'environ 17 000 m2 trois secteurs distincts ont été abordés :
3 • le secteur 1, à l'est, représenté par la parcelle BD 191, est occupée par une prairie qui s'étend sur 3 000 m2. L'altitude moyenne de la surface actuelle se situe entre 280,40 m et 280,90 m NGF ;
4 • le secteur 2, qui occupe la partie centrale, est constitué par les parcelles BD 197, 199 et 200. Ces espaces concernent d'anciennes friches industrielles sur une étendue voisine de 7 500 m2. L'altitude moyenne de la surface actuelle se situe entre 281,60 m et 282,35 m NGF ;
5 • le secteur 3, qui correspond à la partie occidentale du diagnostic, est composé des parcelles BD 8, 12 à 15 et 307. Les parcelles premières sont des friches d'habitats et la parcelle BD 307, située au nord des précédentes de l'autre côté de l'impasse de la Chabotte, sert de zone d'accès et de stationnement pour des entreprises avoisinantes. L'ensemble couvre une surface d'environ 6 500 m2, les surfaces varient entre 282,25 m et 283,10 m NGF.
6Au total, 42 sondages, implantés de façon classique (trame en quinconce), ont été réalisés et 1 100 m2 de terrain ont été ouverts, ce qui correspond à environ 6,5 % de la surface totale.
7Ce diagnostic a mis en évidence l'existence d'un site sur la parcelle BD 191 (secteur 1). Les deux autres secteurs se sont révélés stériles sur le plan archéologique. Leur sous-sol était composé soit de recouvrements d'origine alluviale ou colluviale (secteurs 2 et 3), soit d'importantes couches de démolition provenant de la destruction de bâtiments industriels contemporains (secteur 2).
8Le site archéologique est faiblement enfoui ; il apparaît quasiment sous la terre végétale à des profondeurs allant de 0,35 m à 0,50 m par rapport à la surface actuelle. Cette occupation ancienne a été préservée car cette parcelle est restée vierge de toute construction et les activités agricoles pratiquées au cours du temps n'ont abordé que le sommet des recouvrements. Plusieurs types de vestiges se répartissent sur l'espace de la façon suivante :
9 - sur la bordure occidentale, un bâtiment matérialisé par six tronçons de bases de murs (soubassements ou solins) construites en petits galets liés à la terre. Ces murs délimitent quatre espaces distincts et représentent une partie d'un édifice qui se développe plus à l'ouest, au-delà de la limite de la parcelle. À l'intérieur des espaces ou à proximité ont été retrouvés également des trous de poteau, une fosse et un fossé. Ces éléments peuvent être soit associés au bâtiment soit appartenir à un état d'occupation plus ancien ;
10 - sur la bordure orientale, le terrain est traversé par deux fossés, orientés nord-sud qui devaient rejoindre vraisemblablement, au nord, le ruisseau de l'Oudan ;
11 - dans la partie centrale, les témoins d'occupation se réduisent à trois trous de poteau et une zone d'assainissement.
12La fouille partielle de neuf ensembles distincts a permis de recueillir du mobilier céramique. D'après l'étude du mobilier réalisée par K. Giry, sur la base de 45 vases, on peut avancer les hypothèses suivantes : il existe sur ce secteur une occupation dès le milieu du Ier s. av. J. -C., représentée par les calages de poteau et des fossés.
13 Au cours du Haut-Empire (à partir de 30 apr. J.-C.) est construit un bâtiment dont l'existence ne dépasse pas le début de l'époque flavienne (70 apr. J.-C.). Durant cette occupation, les fossés continuent de servir.
14Les découvertes effectuées lors de ce diagnostic apportent de précieuses informations sur ce secteur de l'agglomération roannaise. Le site prouve l'existence d'une occupation, datée entre 50 av. J.-C. et 70 apr. J.-C., et également d'une gestion de l'espace dans la campagne avoisinante de Rodumna,en bordure d'un des axes de communication majeurs (cet axe étant localisé vraisemblablement sous, ou à proximité, de l'actuelle avenue Charles-de-Gaulle). Le bâtiment mis au jour peut être interprété comme un petit établissement agricole isolé, mais il peut également faire partie d'un ensemble beaucoup plus vaste de type villa?
15Une deuxième phase d'étude archéologique est prévue sur la ZAC du Pontet. Le diagnostic de la parcelle voisine BD 26, située à l'est de la parcelle BD 191, devrait permettre d'éclaircir ou de consolider les hypothèses proposées lors de la première phase.
16Lurol Jean-Marc
Phase 2
17La seconde phase du diagnostic de la tranche 1 de la ZAC du Pontet a permis de faire apparaître de nombreuses structures appartenant sans doute à des bâtiments agricoles d'époque gallo-romaine. Ils complètent la découverte du bâtiment effectué durant la première phase qui, avec son solin et ses pierres de fondations de murs, appartiennent certainement à des structures d'habitation.
18Le type de ferme découvert, qui peut paraître rustique au regard de la céramique (absence de céramique domestique fine), nous donne quand même une image plus sophistiquée, si l'on se réfère au matériel retrouvé dans les fossés et les sablières basses : objets en bronze et fragments de statuettes de culte.
19Cette découverte nous fournit aussi quelques données sur la période précédente, à La Tène Finale D2. Dans le centre ville de Roanne, l'occupation de la fin de la période gauloise perdure tout au long de l'Antiquité jusqu'au Bas-Empire. Cette ferme de la ZAC du Pontet, voit également se succéder les périodes gauloises à gallo-romaine avec des réaménagements progressifs, sans véritable rupture.
20Les sablières basses, autant que les concentrations de trous de poteaux nous laissent entrevoir la présence de plusieurs bâtiments, mais, les sondages ouverts, même si ils sont assez grands, ne permettent pas d'établir un plan. Il est vraisemblable que les bâtiments étaient trop vastes pour qu'on puisse les percevoir dans leur ensemble, dans le cadre du diagnostic.
21Nere Éric
Pour citer cet article
Référence électronique
Jean-Marc Lurol et Éric Néré, « Riorges – ZAC du Pontet » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Auvergne-Rhône-Alpes, mis en ligne le 01 mars 2009, consulté le 11 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/3430 ; DOI : https://doi.org/10.4000/adlfi.3430
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