Changis-sur-Marne – Les Pétreaux
Texte intégral
1La 6e phase de fouille (1998) du site situé dans l’emprise de la Carrière Morillon-Corvol de Changis-sur-Marne (Seine-et-Marne) s’est déroulée sur environ 2,6 ha, et, comme à l’accoutumée, en anticipation des travaux d’extraction de la carrière dont le front de taille se déplace perpendiculairement à la Marne, du nord vers le sud-est (fig. 1). On rappellera que l’occupation humaine de Changis-sur-Marne « les Pétreaux » appartient à la longue durée puisque 15 ha de la nappe alluviale déjà fouillés ont révélé des présences humaines de densités variables, allant du Ve millénaire av. J.‑C. au ive s. apr. J.‑C., sans toutefois qu’un véritable continuum ne soit établi. La campagne 1998 complète très exactement celle de 1997 en superficie comme en intérêt scientifique. Les objectifs de cette campagne étaient de poursuivre la recherche et l’étude du site du Néolithique ancien, présent en 1997 sous la forme de deux maisons de la culture du Villeneuve Saint-Germain, de la nécropole à incinérations située dans la partie est du site et de l’habitat agro-pastoral de la dernière étape du Bronze final découverts en 1997.
- le premier demeure en suspens : le Néolithique ancien n’a pas révélé à cet endroit précis l’extension attendue. Seules six fosses, situées aux abords de l’ancienne fouille, appartiennent à l’aire du site néolithique ancien mis au jour lors de la campagne précédente.
- les deux autres objectifs ont été atteints, tant pour la nécropole que pour l’habitat rural protohistoriques : ces deux ensembles ont été complétés, même si, pour l’une comme pour l’autre, leurs limites ne sont probablement pas encore atteintes.
2La campagne 1998 a donc été conçue comme une campagne de « lecture complémentaire » qui a étayé et mis en valeur la continuité de la recherche de cet ensemble homogène et conséquent (il s’étend aujourd’hui sur environ 6 ha) rarement connu en France septentrionale. Dans ce secteur, située contre la bordure sud de l’emprise de fouille, une petite occupation de La Tène ancienne, dont l’extension principale se développe dans la partie nord des 15 ha fouillés (fig. 1) est formée de deux éléments : une unité architecturale et un silo.
3Cette nouvelle étape de la fouille de Changis-sur-Marne « les Pétreaux » a été fructueuse :
4Pour le Néolithique, l’absence d’unités domestiques nouvelles côtoyant les précédentes dans le secteur 6 relance le débat quant au type d’implantation du village du Néolithique ancien. Y. Lanchon rappelle en ce sens l’intérêt de la prochaine extension qui devrait permettre de répondre à cette question.
5Pour la Protohistoire, les hypothèses émises précédemment se confirment :
- la fouille de la nécropole à incinérations a permis à V. Delattre de faire un premier bilan sur un complexe funéraire spatialement bien défini ;
- la lecture de l’habitat de l’étape 3 du Bronze final est à mi-parcours de son aboutissement. La fouille a mis au jour une importante densité de structures ; celles-ci ont révélé les fosses les plus abondantes en mobilier, une troisième « unité domestique » ainsi qu’une zone d’activité spécifique définie : une aire de grillage des glands.
6L’étendue de l’implantation connue nous a incités à effectuer un premier bilan des « ressources » du site en mettant en perspective les données structurelles, mobilières et spatiales de cet habitat homogène. L’impression générale qui se dégage désormais de cet ensemble de données est celle d’une aire rurale vivante, unitaire, gérant l’exploitation quotidienne d’un terroir probablement proche, essentiellement tourné vers l’agriculture : production de subsistance, stockage, activités domestiques et/ou artisanales dont nous cherchons à cerner les lieux spécifiques. En basse vallée de Marne, ce type d’implantation n’est pas unique ; d’autres, dont l’extension n’est pas connue, sont déjà attestées ; il n’est exceptionnel que parce que, pour la première fois, on peut l’étudier dans son ensemble et que la densité de son occupation est enfin perceptible à l’échelle d’un méandre. Enfin, une évaluation, prévue en fin d’année 1999 sur la totalité des 50 ha restant à exploiter par la carrière, indépendamment du sauvetage archéologique de la tranche d’exploitation 1999-2000, devrait apporter les indispensables prévisions qui nous manquent aujourd’hui sur le moyen et le long terme, l’identification et l’extension prévisible des différentes occupations humaines, la planification des études spécialisées par période ou inter-période, et, naturellement, les planifications techniques et financières des intervenants de la poursuite d’une opération archéologique préventive.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Constructions protohistoriques sur poteaux |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/36903/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 487k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Françoise Lafage, Marie-France André, Paul Brunet, Valérie Delattre, Catherine Frugier, Pascal Gille, Yves Lanchon, Emmanuel Lemaure, Emmanuelle Martial, Véronique Matterne, Ivan Praud et Carlos Valero, « Changis-sur-Marne – Les Pétreaux » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Île-de-France, mis en ligne le 01 août 2020, consulté le 14 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/36903
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