Saint-Denis – La Jardin de la Légion d’Honneur
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Année de l'opération :
1998Lieux :
France métropolitaine, Île-de-France, Département de Seine-Saint-Denis, Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)Nature de l'opération :
opération de diagnosticTexte intégral
1L’apport de nouvelles données fournies par l’archéologie, outre la reconnaissance des structures architecturales des anciens bâtiments claustraux, permet déjà de mieux comprendre de quelle façon ont été conçus les jardins du cloître de la Légion d’Honneur.
2Il semblerait que, dès l’origine, le préau du cloître médiéval ait été occupé par un jardin dont nous ignorons cependant la configuration. Cette utilisation perdure apparemment jusqu’au xviie s., date à laquelle le jardin subit de profonds remaniements. C’est en effet à cette époque que la majeure partie des bonnes terres du cloître est prélevée par fosses et remplacée par des remblais de destruction. Les espaces dévolus aux plantations ayant été conservés, une partie de leur plan a pu être mise au jour lors de la fouille.
3Lorsqu’en 1702, sous la direction de R. de Cotte, débutent les premiers travaux de reconstruction du cloître, l’espace du jardin est dévolu au chantier. On comble le canal du Croult et le jardin est recouvert, sur une épaisseur moyenne de 0,30 cm, par une partie des remblais provenant de la destruction du cloître médiéval. Les sols de ce dernier sont volontairement détruits, ceci afin, sans doute, de limiter les rétentions d’eau superficielles. Certaines plantes issues de l’ancien jardin sont-elles conservées lors de ces travaux ? La présence aménagée, au sein de ces remblais, de poches de terre arable, tendrait à confirmer cette hypothèse.
4Ce n’est, de toute façon, qu’à l’issue de ces remblaiements, sans doute dans les années 1752-1754, que l’on recreuse ponctuellement le site. Il s’agit alors d’implanter quatre canalisations d’évacuation d’eau pluviale provenant des angles de la toiture du nouveau cloître. Ces canalisations, axées sur deux diagonales, rejoignent une citerne de décantation située au centre du préau.
5En cela, Bayeux, architecte alors chargé des travaux, reste donc fidèle aux plans de R. de Cotte. Détaché de la rythmique des baies de la galerie du cloître (au nombre de 14), le jardin projeté par de Cotte était en effet axé sur deux allées en diagonales. Techniquement, ce choix d’implantation des structures en fonction des allées est tout à fait logique. En cas de problèmes, il convenait de pouvoir accéder sans difficulté aux canalisations susceptibles de se boucher. Une couche de terre arable est ensuite épandue sur l’ensemble des remblais et des structures.
6Le contexte précaire dans lequel ont été terminés les travaux explique sans doute l’ultime modification apportée au plan de R. de Cotte. Contre toute attente, c’est en effet un tout autre jardin, très simple et dénué d’allées, qui est créé à l’issue de la construction du nouveau cloître. Ses niveaux supérieurs ayant été occultés par des labours postérieurs, nous ne possédons que peu de données sur son exacte configuration.
7C’est apparemment vers 1820 que le préau s’orne d’un nouveau jardin. Très similaire à celui encore présent sur le site, ses allées, recouvertes de gravier gris, sont axées sur les huitièmes baies des galeries. Les quatre parterres irréguliers ainsi définis sont apparemment décorés de motifs floraux. Le carré nord-ouest, partiellement décapé, pourrait ainsi avoir été orné d’un motif assez complexe en croix tréflées.
8Ces motifs floraux sont limités par des passe-pieds et une bordure engazonnée, rythmée par de petits arbustes. En cela, les cartes postales et gravures du début du xxe s. représentent sans doute assez fidèlement la structure du jardin telle qu’elle avait été créée un s. auparavant. Sur ces documents, des fragments d’architecture issus sans doute de la démolition du cloître médiéval remplacent l’ancienne décoration florale. Nous ignorons cependant si ces fragments étaient présents dès l’origine ou s’ils furent ajoutés a posteriori… Quant à la présence d’une éventuelle fontaine au croisement des allées, nous n’en avons pas trouvé de traces.
9En conclusion, en terme de potentiel archéologique, les sondages ont permis de mettre en évidence l’exceptionnelle conservation des structures architecturales de l’ancien cloître ainsi que la qualité de la mise en œuvre de la préparation du sol des jardins du xviiie s.
10L’étude des traces laissées par les jardins des xviiie et xixe s. a prouvé, en revanche, que nous n’avions affaire, ici, qu’à des créations de faible niveau assez peu en accord avec la magnificence et la symbolique des lieux.
Pour citer cet article
Référence électronique
Anne Allimant, « Saint-Denis – La Jardin de la Légion d’Honneur » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Île-de-France, mis en ligne le 01 août 2020, consulté le 10 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/37211
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