Orléans – CLEO, 2e ligne de tramway, place de l’Étape
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Année de l'opération :
2009Numéro d’opération :
0608368Chronologie :
époque médiévaleNature de l'opération :
fouille préventiveTexte intégral
1À l’occasion de la construction de la deuxième ligne de tramway de l’agglomération orléanaise, une fouille a été réalisée place de l’Étape. Elle a concerné une superficie de 1 400 m2, fouillés en trois phases opérationnelles, en novembre et décembre 2009, et entre janvier et mars 2010.
2La place de l’Étape est localisée dans le centre historique, au nord de la cathédrale Sainte-Croix, entre les deux bâtiments de l’actuel Hôtel de Ville d’Orléans.
3La fouille a été limitée en profondeur aux espaces affectés par le projet de construction de la plate-forme, des quais, et de la requalification de la place. Aussi, les investigations ne se sont que très ponctuellement poursuivies au-delà d’une profondeur de 2,50 m. La présence de très nombreux réseaux a fortement morcelé l’espace disponible, obligeant l’opération à se dérouler sous la forme de fouille de 37 secteurs, séparés les uns des autres par les tranchées d’installation des câbles et canalisations.
4La fouille s’est arrêtée au niveau des vestiges antiques. Ont été repérés pour cette période : à l’ouest du site, les restes d’un bâtiment comportant des sols de mortier hydraulique, et à l’est, les vestiges d’une rue nord-sud. Ces vestiges, attribuables aux iiie-ive s., correspondent à un quartier d’habitat aisé, en bordure d’une voie réputée être le cardo maximus.
5La construction de l’enceinte urbaine (3e quart du ive s. ?) laisse le secteur de la place de l’Étape hors les murs, face à la porte nord de la ville (connue à l’époque médiévale sous le nom de porte Parisie). Pour les ve s. et vie s., aucun vestige n’est perceptible en dehors d’un remblai qui masque les traces des bâtiments antérieurs, et de mobilier céramique en quantité importante, en position secondaire dans les structures plus tardives. Dès cette période, la rue située dans l’axe de la porte disparaît, probablement au profit d’un nouveau tracé, dévié en dehors de la zone d’étude.
6Entre le viie s. et le xe s., des sépultures sont présentes sur le site. Elles s’organisent en deux groupes distincts : un ensemble en limite nord-orientale de la fouille accueille les adolescents et les adultes, tandis qu’un autre ensemble, au nord-ouest, est réservé aux sujets immatures. Ce second groupe est localisé aux abords de deux bâtiments dont les vestiges sont très mal conservés. L’un d’eux, le plus méridional, est très probablement une chapelle ou une église.
7Entre le xe s. et le xiie s., la disparition des structures funéraires semble liée à une réorganisation d’ampleur des édifices. Celle-ci est peut-être due à la reconstruction qui touche Orléans, notamment après le grand incendie de 989, et à la mise en place concomitante du réseau paroissial.
8Du xiie s. au début du xve s., deux phénomènes s’accentuent simultanément : la densification du tissu bâti se traduit par la construction au nord de bâtiments accompagnés de cours, qui appartiennent à un faubourg d’habitation, et les reconstructions et transformations incessantes du bâtiment religieux initial, qui dès lors est assimilé à l’église Saint-Chéron, église paroissiale mentionnée au xiiie s. dans les textes. À cette dernière est adjointe une annexe au nord, mitoyenne des maisons du faubourg. Autour de l’église, on inhume toujours préférentiellement les immatures, les adultes restant cantonnés en limite orientale du site.
9Le site est désormais bordé au sud par une rue nord-est – sud-ouest (future rue Pavée). Il est alors probablement situé sur une légère hauteur, dominant les terrains avoisinants au sud et à l’est.
10Avec la mise en défense de la ville avant le siège de 1428-1429, le faubourg est rasé, y compris les églises. Un fossé de 25 m de large environ est creusé sur la moitié sud du site. On ignore toutefois s’il s’agit du fossé de ville, de celui de la barrière, ou de celui du boulevard qui le remplace au début du xve s. La construction, entre la fin du xve et le milieu du xvie s. d’une nouvelle enceinte plus vaste, insère désormais l’espace étudié dans la ville close. Le fossé de la place de l’Étape est comblé, l’ancien mur de ville situé plus au sud est en partie démoli. Le quartier est reconstruit selon un nouveau schéma urbain. Une place est aménagée, actuelle place de l’Étape, autour de laquelle les constructions vont se répartir.
11Les grands projets d’urbanisme du milieu du xixe s. entraînent le nivellement de la place qui reçoit alors son pavage, la partie sud est excavée de près de 2 m, afin de la mettre à niveau de la place Sainte-Croix, nouvellement créée. Seuls les travaux de réseaux et les réfections de voirie affectent désormais cet espace.
Pour citer cet article
Référence électronique
Pascal Joyeux, « Orléans – CLEO, 2e ligne de tramway, place de l’Étape » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Centre-Val de Loire, mis en ligne le 08 septembre 2020, consulté le 07 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/37586
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