Tours – Cathédrale Saint-Gatien, transept nord, rose nord
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Année de l'opération :
2010Numéro d’opération :
0609058Chronologie :
époque médiévaleTexte intégral
1Cette opération d’archéologie du bâti a porté sur la rose et sa galerie éclairant le mur pignon du croisillon nord du transept de la cathédrale. L’étude a été prescrite dans le cadre d’un vaste chantier de restauration portant sur l’ensemble du mur pignon nord. L’ensemble du pignon a été échafaudé, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, permettant un accès aisé à l’ensemble de la structure.
2Le fenestrage de ce mur pignon est formé de deux parties superposées : une galerie du triforium assurant la circulation sur les trois faces du croisillon. Cette galerie est à double rangée d’arcades, celle du dehors étant vitrée. Cette dernière porte une vaste rose circulaire inscrite dans un carré. La rose est doublée sur l’intérieur d’un arc formeret séparé permettant d’obtenir un jour carré. À une date inconnue, mais probablement proche de la construction, la rose a subi d’importants désordres nécessitant la construction d’un pilier central soutenant le linteau de la rose.
3La prescription pose la question de l’étude des roses autrement que d’un point de vue purement stylistique, et demande d’approfondir la question des matériaux, de la pose, et de la structure tant dans sa forme que dans son exécution. L’étude des dégradations et des traitements appliqués pour y remédier fait partie aussi de cette étude. Les résultats de cette étude d’archéologie du bâti permettent de classer les matériaux par origine géologique et de les situer sur l’ouvrage afin de chercher les règles suivies par les appareilleurs médiévaux. Mais, et surtout, cette étude a permis de mettre en évidence une forme architecturale très particulière, qui n’a pas, à ce jour, encore été saisie par les historiens de l’art. Cette forme particulière est celle des roses à structure carrée. Il s’agit d’un mode original élaboré au milieu du xiiie s. dans les grands chantiers parisiens financés par le roi. Ce mode a été reproduit dans quelques édifices majeurs jusqu’au tournant des années 1300, puis abandonné. Ces roses carrées ont toutes posé des problèmes de structure, à cause d’un report de charge très mal appréhendé par les maîtres d’œuvre. Dans la plupart des cas, les roses ont été reconstruites. Celle de Tours ne l’a pas été, en raison de la présence du renfort central qui, même s’il a été jugé inesthétique, a permis de conserver ainsi la seule rose carrée entièrement originale. Elle montre ainsi les ambitions et les prises de conscience devant les limites de la technique architecturale par les maîtres médiévaux.
Pour citer cet article
Référence électronique
Marc Viré, « Tours – Cathédrale Saint-Gatien, transept nord, rose nord » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Centre-Val de Loire, mis en ligne le 08 septembre 2020, consulté le 09 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/37660
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