Amboise – 35 rue du Petit Bonheur
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Année de l'opération :
2017Numéro d’opération :
0611729Nature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Texte intégral
1Le diagnostic archéologique de 4 800 m2 réalisé au 35 rue du Petit Bonheur, à Amboise (Indre-et-Loire) confirme la très forte densité de vestiges dans ce secteur de l’oppidum, dédié à des activités artisanales. Les 111 faits et anomalies enregistrés permettent d’estimer à plus d’un millier leur nombre total. Suite à un sous-solage systématique, jusqu’à 50 cm sous la surface, ces vestiges sont un peu plus arasés que sur la fouille du 30 rue du Petit Bonheur, cependant certains dépotoirs livrent du mobilier, de nature diversifiée, en grande quantité.
2La fin de La Tène finale et la période gallo-romaine précoce (80 av. J.‑C.-20 apr. J.‑C.) sont peu illustrés, mais ceci probablement en raison de la préférence donnée à la fouille des structures isolées, les mieux délimitées. On peut supposer qu’une large part de ces vestiges les plus anciens est masquée par les plus récents. De fait, l’occupation la mieux illustrée concerne le courant du ier s. et la première moitié du iie s. apr. J.‑C. (20-150 apr. J.-C.). Aucun indice des années 150-230 apr. J.‑C., période documentée sur les fouilles du même secteur, n’a été identifié.
3Les vestiges consistent en fossés, ouverts ou palissadés, orientés nord-sud et est-ouest, qui semblent délimiter des parcelles ou îlots de plusieurs centaines de mètres carrés. À l’intérieur, on relève des fosses quadrangulaires ou des celliers, des fosses circulaires dont des latrines, des trous de piquet et des trous de poteau, dont un exemplaire appartient à un bâtiment puissamment fondé, ainsi qu’un cellier appareillé et une structure semi-excavée interprétée comme un fond d’atelier. L’extrémité ouest de l’emprise semble dédiée à une activité d’extraction de matériaux, cailloutis et sables grossiers, destinés à la construction. Fait peut-être dû au hasard de l’implantation des tranchées, aucun puits ou citerne n’a été identifié, alors qu’ils sont fréquents sur les fouilles voisines.
4Comme sur la fouille du 30, rue du Petit Bonheur, l’artisanat des métaux est très présent. Fait exceptionnel, il semble que le diagnostic concentre l’ensemble de la chaîne de production du fer, avec la collecte d’agrégats d’oxydes de fer (limonite), probablement issus d’argiles sidérolithiques dont des affleurements sont cartographiés immédiatement à l’extérieur du rempart ; la présence d’une structure de grillage du minerai ; l’identification de scories de fond de four et d’un possible « bouchon de tuyère », une scorie caractéristique qui se forme à la sortie du bas fourneau ; la collecte de scories de postréduction, dont des culots jusqu’à un kilo, témoignant du compactage de masses de fer brut pour la production de semi-produits ; et enfin, la présence, en quantité, de battitures : les unes lamellaires, caractéristiques d’un travail de frappe et de mise en forme sur enclume, les autres sphériques, indiquant la réalisation de soudures à haute température. L’analyse de ces déchets laisse entrevoir la possibilité de reconstituer tout ou partie de la chaîne de production réalisée sur l’oppidum, mais également de caractériser ses produits et éventuellement d’en suivre la diffusion.
5L’étude de la faune permet d’identifier des rejets de boucherie, avec des individus jeunes de la triade – en particulier du bœuf de grande taille – illustrés par des organes caractéristiques (côtes, vertèbres, scapulas) présentant des traces de couperet. À noter, dans l’un des assemblages, la présence d’os longs de bœufs jeunes et de réforme, concassés et fracturés frais. Ce type de manipulation, destinée à la récupération de matière grasse animale, semble correspondre à une activité de charcuterie. À noter également, la collecte de pesons qui traduisent la pratique du tissage. Sur la fouille du 30 rue du Petit Bonheur, des observations fines couplées à des analyses laissent supposer la présence de fosses de trempage liées à des activités de traitement ou de teinture des textiles ou des peaux.
Pour citer cet article
Référence électronique
Fabrice Couvin, « Amboise – 35 rue du Petit Bonheur » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Centre-Val de Loire, mis en ligne le 01 janvier 2021, consulté le 09 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/44984
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