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Année de l'opération :
2017Numéro d’opération :
0611758Chronologie :
époque médiévaleNature de l'opération :
fouille programméeNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Département d’Indre-et-Loire
Texte intégral
1La fouille programmée de 2017 est la cinquième campagne effectuée dans le parc des logis royaux du château de Loches, et la deuxième à l’emplacement d’un vaste bâtiment interprété comme une grande salle et datée du xie s. Le principal objectif était de mieux documenter l’édifice, par l’ouverture d’une nouvelle fenêtre de 77 m2 dans la continuité de la première. L’extension au nord-ouest jusqu’au rempart actuel permettait également de mieux comprendre l’articulation du bâtiment avec les systèmes de fortifications successifs. Dans la mesure du possible, l’exploration des niveaux antérieurs à la construction de la grande salle constituait un enjeu supplémentaire pour cette campagne.
2La fouille n’a pas permis d’atteindre le substrat calcaire. Les niveaux anciens, pré et protohistoriques, mis en évidence lors des campagnes précédentes, n’ont donc pas été atteints. Cependant, la présence d’un mobilier résiduel toujours aussi abondant atteste, de nouveau, une occupation dès le Néolithique, jusqu’à La Tène.
3L’un des faits principaux de la campagne de 2017 est la découverte d’une portion de la fondation d’un mur d’enceinte en grand appareil, daté de la fin du ve s. apr. J.‑C. Il s’agit de la première attestation archéologique du castrum mentionné par Grégoire de Tours à Loches. La fouille atteste ensuite une occupation à l’intérieur de la fortification, non caractérisée en raison de l’étroitesse des fenêtres d’observations. Cette occupation s’étend chronologiquement jusqu’au début du xie s., avec une interruption (marquée par un hiatus stratigraphique) durant les viie et viiie s. À la fin du ixe s. et au xe s., l’installation d’un bâtiment en matériaux périssables est attestée. Celui-ci est démoli au début du xie s. pour la construction de la grande salle. Plusieurs nouvelles informations capitales ont été acquises à propos de l’édifice aulique. Concernant son organisation verticale et horizontale, la non découverte d’un refend ou de piliers centraux amène à revoir les précédentes hypothèses de restitutions : il s’agissait d’un bâtiment à un seul volume, consacré uniquement à l’apparat, mesurant plus de 16 m de large hors-œuvre, et possédant donc une charpente d’un seul tenant, dont la faîtière devait culminer à environ 15 m de hauteur.
4Une autre information essentielle sur la chronologie de l’occupation de l’édifice a été livrée par l’étude du mobilier céramique. Les données chronostratigraphiques permettent aujourd’hui d’affirmer que l’édifice est bâti durant les premières décennies du xie s., et serait donc l’œuvre de Foulque III Nerra. La fouille a également prouvé que le bâtiment a subi une dégradation relativement rapide, ayant entraîné la nécessité d’une reconstruction totale du mur gouttereau nord-ouest, puis, l’ajout de contreforts au cours du xiie s. La présence d’un arrêt net de l’occupation à la fin du xiie s. a par ailleurs été confirmée.
5À la suite d’un nouveau hiatus stratigraphique, le bâtiment est réoccupé à la fin du xive s., probablement pour y installer les ateliers du grand chantier de construction des nouveaux logis, par Louis Ier d’Anjou. Le bâtiment est détruit à la toute fin du xve s. Concernant les remparts les données de la fouille montrent que le tracé du castrum du Bas-Empire reste actif jusqu’à cette époque tardive, après avoir subi au moins deux restaurations ou reconstructions plus ou moins importantes au début du xiie s., puis au début du xve s. Un mur de braie est édifié au-devant de ce rempart à la fin du xiie s. ou au début du xiiie s., correspondant au tracé actuel. Celui-ci deviendra l’unique mur de fortification suite au démantèlement du premier rempart à la fin du xve s., en même temps que la démolition de la grande salle. Le secteur est alors réaménagé en jardins d’agrément, et le restera jusqu’à nos jours.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Sous les états médiévaux du rempart, les vestiges du castrum du ve s. |
| Crédits | Cliché : P. Papin (CD 37). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/45173/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 516k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Pierre Papin, « Loches – Le château » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Centre-Val de Loire, mis en ligne le 01 janvier 2021, consulté le 10 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/45173
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