Dieudonné-Glad N. 2017 : La production du fer au tournant des vie et ve s. a.C. Des changements techniques économiques et sociaux ?, in Marion S. et al. (dir.), Production et proto-industrialisation aux âges du Fer. Perspectives sociales et environnementales, actes du 39e colloque international de l’AFEAF (Nancy 14-17 mai 2015), Ausonius mémoires 47, Bordeaux, p. 365-382.
Notes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Université de Poitiers
Texte intégral
1En 2009, dans le cadre du programme ANR Celtecophys piloté par K. Gruel, une prospection magnétique a été effectuée par Géocarta sur l’ensemble de l’emprise de l’habitat fortifié de La Tène finale, dit du « camp de Corny », à Meunet-Planches, connu depuis le xixe s. Différents types d’anomalies magnétiques, d’intensité plus ou moins forte, ont été mis en évidence. O. Buschenschutz a réalisé des sondages sur plusieurs de ces anomalies en 2011. L’une d’entre elles, de très forte intensité, signalait la présence de deux fours métallurgiques ayant été utilisés pour la réduction du minerai de fer. Les deux datations 14C obtenues sur des charbons de bois prélevés dans chacun des deux fours donnent des fourchettes calibrées de 797 à 547 av. J.‑C. et 761 à 405 av. J.‑C. Ces structures sont donc antérieures et sans lien avec les autres vestiges présents sur le site : habitat fortifié de La Tène finale et villa d’époque romaine. En 2013, une autre anomalie magnétique de même intensité que celle ayant livré les premiers fours a révélé 5 nouveaux fourneaux de réduction et un atelier de forge. Les datations 14C placent la dernière opération ayant eu lieu dans ces fourneaux dans une fourchette s’étendant du milieu du vie s. au milieu du ve s. av. J.‑C. À l’occasion de la fouille de ces deux ateliers métallurgiques, la production d’un type particulier de scories, dites scories « en cordons », caractéristique de la technologie employée dans l’atelier, a été mise en évidence. Il a été constaté que ces scories se trouvaient éparses dans le sédiment remanié par les labours autour des fourneaux, mais sans jamais constituer des concentrations denses.
2Des scories en cordons, similaires à celles observées dans les deux ateliers fouillés en 2011 et 2013, ont été repérées en 2012 plus au sud, dans la parcelle adjacente, lors d’une prospection pédestre préliminaire. Une nouvelle prospection pédestre a été menée en 2014 pour mieux localiser les scories en cordons déjà observées. Elle a été suivie d’une prospection géophysique qui a montré la présence d’anomalies magnétiques en tout point similaires à celles signalant les ateliers métallurgiques de la parcelle prospectée en 2009. La fouille d’une de ces anomalies en 2015 a livré un atelier de réduction composé de trois fourneaux et d’une forge abrités sous une toiture soutenue par quatre poteaux (Dieudonné-Glad 2017). Sa datation est similaire à celle de l’atelier fouillé en 2013. En 2016, une campagne de prospection au sol dans la moitié sud de la parcelle explorée en 2014 a permis d’atteindre la limite de la zone métallurgique. Une prospection magnétique a été effectuée sur l’espace qui n’avait pas été traité en 2014. La juxtaposition des résultats de l’ensemble des opérations de prospection géophysique fait donc apparaître une zone métallurgique d’une surface de 14 ha, comportant 31 ateliers de réduction potentiels, possédant chacun plusieurs fourneaux (fig. 1). Une anomalie linéaire formant un quadrilatère incomplet, sans cohérence avec le cadastre du xixe s. et le cadastre actuel, évoque la présence d’un enclos, probablement sans relation avec la métallurgie puisque plusieurs anomalies magnétiques ponctuelles se superposent au tracé linéaire.
Fig. 1 – Carte des anomalies magnétiques des prospections géophysiques 2011 au nord, 2014 et 2016 au sud
Prospections nord : Géocarta ; prospections sud : Analyses GC.
3La période où fonctionnent les ateliers métallurgiques mis au jour à Meunet-Planches est celle de la transition entre le premier et le second âge du Fer, période de développement de résidences aristocratiques de hauteur, mais aussi d’habitats groupés de plaine, proto-urbains, dans lesquels sont observées des activités artisanales variées, en particulier des activités de forge. Des ateliers de réduction comme ceux de Meunet-Planches pourraient avoir été les pourvoyeurs en matière première de ces forges. Notre recherche s’inscrit dans une importante lacune documentaire qui concerne la production du fer à la charnière entre le premier et le second âge du fer, dont l’insertion dans l’espace rural, les relations avec l’habitat et l’importance économique restent très mal connues. Ce type de zone de production ne laissant que très peu de traces en surface, leur découverte reste liée, soit à des découvertes fortuites soit à des enquêtes spécifiques pour repérer les scories en cordon qui caractérisent cette technologie.
4En 2017, une fouille de plusieurs anomalies magnétiques ponctuelles est prévue pour continuer à documenter l’organisation des ateliers et leur datation. Un sondage de l’anomalie linéaire permettra de connaître le profil du fossé supposé et, peut-être, sa datation.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Carte des anomalies magnétiques des prospections géophysiques 2011 au nord, 2014 et 2016 au sud |
| Crédits | Prospections nord : Géocarta ; prospections sud : Analyses GC. |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/46711/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 628k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Nadine Dieudonné-Glad, « Meunet-Planches – Les Isles » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Centre-Val de Loire, mis en ligne le 01 janvier 2021, consulté le 15 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/46711
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