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AccueilRégionsCentre-Val de Loire201637 – Indre-et-LoireMontbazon – La Bafauderie

2016
37 – Indre-et-Loire

Montbazon – La Bafauderie

Opération préventive de diagnostic (2016)
Responsable d’opération : Isabelle Pichon

Entrées d’index

Année de l'opération :

2016

Numéro d’opération :

0611361

Nature de l'opération :

opération de diagnostic
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Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Inrap

Texte intégral

1La future réalisation du projet de lotissement Les Terrasses de la Bafauderie à Montbazon a conduit le service régional de l’archéologie à prescrire un diagnostic archéologique, situé à quelques mètres au nord des lotissements Bel Air 1 et Bel Air 2 qui ont fait l’objet de diagnostics en 2013 (Salé et Millet 2013 a et b).

2Quarante-six faits archéologiques et vingt-deux isolations (mobiliers archéologique hors Fait) ont été enregistrés sur le terrain. Plusieurs occupations distinctes sont représentées. La première comprend un lot de 97 tessons de céramique protohistorique, concentré dans l’angle nord-ouest de l’emprise ; la deuxième concerne un ensemble de vestiges modernes et contemporains répartis de manière très lâche sur l’ensemble du terrain sondé. Cette occupation se compose de douze fossés parcellaires (dont certains ont livrés de rares tessons), une haie qui traverse d’ouest en est la partie centrale de l’emprise ainsi que des fosses de plantations et des fosses d’extraction qui se situent dans la partie sud-est du diagnostic.

3L’opération se situe sur le replat et le versant qui dominent l’Indre, sur sa rive gauche. Les observations réalisées sur le terrain corroborent la représentation de la carte géologique. Le substrat est très majoritairement constitué par le calcaire lacustre de Touraine (g1). Sur le replat situé au sud, les dépôts les plus superficiels, sous la terre végétale, sont en grande partie formés de fragments de meulière nombreux et souvent brisés, emballés dans une matrice argileuse grise à rougeâtre. Cette zone est nappée par des remblais caillouteux récents (extraction/décharge xxe s.). Ce niveau peu épais recouvre une argile moins perturbée, directement issue de la dégradation du calcaire lacustre, dans laquelle les plaques de meulière sont de plus grandes dimensions. Sur le replat, comme sur le versant qui succède en direction du nord, les concentrations de meulière concassée trouvent probablement leur origine dans les phénomènes de cryoclastie et de brassage par cryoturbation caractéristiques des phases les plus froides du Pléistocène. Aucun niveau de sol contemporain de ces phénomènes n’a été découvert, la partie la plus superficielle de ces dépôts ayant été emportée par l’érosion.

4La partie centrale du diagnostic laisse apparaître une brusque rupture de pente. Le talus est d’autant plus marqué qu’il est constitué d’apports massifs de remblais récents. Ce bourrelet, présente une structuration qui caractérise une limite parcellaire du type crête de labour ou plutôt, dans le cas présent, d’un rideau de haie. Les dépôts – par ailleurs très récents – régalés depuis le haut de la pente voient leur glissement bloqué par une haie en limite de parcelles. Il s’ensuit alors une accumulation formant un talus. À l’instar des observations réalisées lors de cette opération, on constate que des fossés ou un chemin sont fréquemment associés à ladite haie et qu’ils sont placés en aval de celle-ci.

5Dans la zone la plus basse, au nord-ouest, les premiers termes d’une terrasse alluviale ancienne (moyen niveau, Fx-y) sont cartographiés. Sur le terrain, on constate la présence d’un sable limoneux grossier brun; les clastes siliceux sont dispersés dans la partie inférieure, qui ne dépasse pas 60 cm d’épaisseur, et sensiblement plus abondants dans la partie supérieure. Cet enrichissement en fragments de meulières s’explique par la redistribution des clastes depuis le haut du versant, au gré des transferts colluviaux et des labours ; du matériel moderne (tuiles, ardoise) y est régulièrement retrouvé. Bien que le matériel sédimentaire de ce niveau soit issu d’un faciès alluvial caractéristique de la terrasse Fx-y, la présence de mobilier protohistorique, un petit lot céramique assez homogène, attribué à la sphère Néolithique final/Campaniforme/Bronze, dispersé sur une tranche importante de son épaisseur (0,45 m) vient démentir un âge ancien et une position primaire. Le mauvais état de conservation du matériel ancien et la présence de clastes siliceux, qui témoignent d’une contribution colluviale, plaide en faveur du démantèlement d’un lambeau de terrasse sur lequel se serait établie une occupation protohistorique. Il est désormais impossible de préciser les modalités de cette implantation, sinon qu’elle se situait originellement un peu plus en amont sur le versant et qu’elle s’explique peut-être par la nature particulièrement sableuse du sol, due à la persistance de lambeaux de terrasse Fx-y.

6Le diagnostic n’a pas révélé de traces d’établissement à proximité de la dépression. Seul un fragment de meule découvert avec le mobilier céramique pourrait indiquer, de façon très lacunaire, une activité domestique proche.

7À l’échelle de l’emprise, l’érosion est très importante, les assises géologiques apparaissent rapidement sous le niveau de labour et aucun niveau de sol historique ou plus ancien n’est conservé. Sur la partie haute du versant, l’érosion a entraîné l’ablation de la totalité des dépôts antérieurs à l’époque moderne. Les dépôts conservés sur le tronçon médian de la pente en plus d’être peu épais sont très essentiellement constitués de matériel allochtone très récent (éléments de décharge du xxe s. régalés sur le versant). C’est l’accumulation de ces remblais qui forment le talus. Son emplacement s’explique par l’existence d’une limite parcellaire en ce point.

8Enfin, le site est mis en culture au moins de l’époque moderne jusqu’à nos jours comme le montrent les vestiges (fossés parcellaires et drainants) et le mobilier céramique découverts lors de l’opération.

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Bibliographie

Salé P., Millet S. 2013a : Montbazon, Indre-et-Loire, lotissement Bel Air 1, rue des Lacs d’Amour, lieu-dit « La Fuie », rapport de diagnostic, Pantin : Inrap.

Salé P., Millet S. 2013b : Montbazon, Indre-et-Loire, lotissement Bel Air 2, rue des Lacs d’Amour, lieu-dit « La Fuie », rapport de diagnostic, Pantin : Inrap.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Isabelle Pichon, « Montbazon – La Bafauderie » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Centre-Val de Loire, mis en ligne le 01 janvier 2021, consulté le 08 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/46961

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Auteur

Isabelle Pichon

Inrap

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Responsable d’opération

Isabelle Pichon

Inrap

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