Maves – Le Haut Moron et le Bas Moron (tranche 2)
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Année de l'opération :
2016Numéro d’opération :
0610434Nature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Texte intégral
1L’opération de diagnostic archéologique de Maves Le Haut Moron et Le Bas Moron (Loir-et-Cher) est située à 15 km au nord de Blois, et à proximité du hameau de Pontijou. Cette intervention entre dans le cadre de la tranche 2 du projet de renouvellement et d’extension d’une installation classée dédiée à l’extraction de calcaire par la société Minier Carrières SA. Cette dernière envisage l’exploitation de terrains d’une surface globale d’environ 22,4 ha.
2L’intervention a révélé la présence de plusieurs vestiges archéologiques et a permis de réaliser une analyse géomorphologique précisant nos connaissances de cette partie de la Petite Beauce. 41 tranchées ont permis de mettre en évidence la présence, vraisemblablement déstructurée, d’établissements humains de deux époques préhistoriques. Ils sont constitués d’un ensemble de 1180 artefacts lithiques et céramiques répertoriés en dehors de structures avérées, associés à des fosses et des trous de poteau. Ces occupations sont implantées sur la zone sommitale du plateau qui surplombe la vallée sinueuse de la Cisse et ne semblent pas définir une organisation pertinente témoignant d’une implantation humaine conservée dans sa conformation originelle.
3Les artefacts du Paléolithique moyen sont répartis en zone occidentale de l’emprise, dans trois secteurs plus ou moins dissociés. Ils présentent des états de surface notoirement altérés avec une très faible densité et une absence totale de concentration pertinente. Ces aspects taphonomiques négatifs sont associés à des phénomènes pédogénétiques qui ont abouti à la formation des horizons sédimentaires dans lesquels ils sont conservés. Cela suggère qu’ils sont le bilan d’une dégradation post-dépositionnelle manifeste d’éventuels sites d’implantations du Moustérien de tradition Acheuléenne (100 000-40 000 ans).
4Les vestiges néolithiques sont identifiés sous la forme de possibles structures en creux éparses et des nappes de mobilier relativement concentrées dans la partie centrale et occidentale de l’emprise. Ces dernières sont, essentiellement, apparues dans un horizon limoneux brun épais dont l’origine colluviale est clairement attestée. Leur présence plus nombreuse, dans un secteur où un seuil topographique est bien marqué, évoque une accumulation au pied d’une ancienne limite cadastrale (rideau de haie ou chemin par exemple) d’un mobilier provenant de l’érosion d’une occupation initialement située à l’ouest de ce secteur. Cette dernière a livré les indices d’une fréquentation du plateau au cours du Néolithique ancien et moyen 1 (5 500-4 000 av. J.-C.) et du Néolithique final (3 400-2 450 av. J.-C.).
5Les autres vestiges mis au jour à l’occasion de ce diagnostic ne sont pas datés (bâtiment sur poteaux) ou semblent plutôt correspondre à des activités d’extraction de matériaux calcaires à la période contemporaine.
Pour citer cet article
Référence électronique
Dorothée Lusson, Nasser Djemmali, « Maves – Le Haut Moron et le Bas Moron (tranche 2) » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Centre-Val de Loire, mis en ligne le 01 janvier 2021, consulté le 10 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/47267
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