1La fouille, engagé depuis 2014, se localise au pied de la terrasse actuelle. Le projet comprend la création d’un local technique dans une pièce aménagée sous la terrasse, celle d’un escalier monumental accolé contre le mur de terrasse selon un sens de circulation est-ouest et d’une tranchée technique nord-sud. Cette opération fait suite à plusieurs opérations (Jesset et al. 2005 ; Vacassy 2012 ; Alix et al. 2016).
2Le contexte archéologique environnant rend bien compte des impacts de terrassements liés aux travaux d’aménagements de ce coteau oriental au cours du temps : l’aménagement de terrasse et la mise en place d’un tissu urbain au Haut Empire, la désertion du secteur d’habitation au profit de terres cultivées au Bas Empire, l’implantation du système défensive à la fin du xve s., son démantèlement puis la construction de la manufacture au xviiie s. et des quais de Loire aux xixe s. Ces terrassements ont impacté les niveaux d’occupations qui leur étaient antérieurs. Un important phénomène de redéposition du mobilier céramique antique a été constaté. Sur les 203 unités stratigraphiques enregistrées, 78 ont livré au total 3434 tessons de céramique répartis comme suit : 45 NR datés de la période gauloise/romaine précoce, 3130 NR allant du ier au ive s. et 259 NR pour la période médiévale, datés principalement entre les xve et xvie s. pour la majeure partie. 33 unités stratigraphiques ont livré du mobilier médiéval et seules deux d’entre elles ne contenaient pas de mobilier céramique antique.
3La période 1 correspond à une période « technique » pour présenter la morphologie du terrain naturel observée. Le mobilier lithique des périodes préhistoriques a été inclus dans cette période. Malgré leur redéposition dans des couches historiques, deux individus ont été récoltés dans les sables alluvionnaires.
4La période 2 a été subdivisée en deux phases, malgré la difficulté d’attester l’antériorité des vestiges d’un secteur à l’autre. La première phase regroupe quelques vestiges en creux antérieurs à des vestiges maçonnés. Les vestiges de la première moitié du ier s. apr. J.‑C. (phase 2) s’implantent directement sur le dernier phénomène de colluvions ou d’alluvions de la Loire. Ils apparaissent à une altitude haute de 98,40 m NGF. Au sud-est de l’emprise, un ensemble de remblais daté de la seconde moitié du ier s. plongeant à plus de 96,50 m NGF (phase 3) témoigne du mode d’occupation des berges durant le Haut-Empire.
5La période 3 correspond à une unique phase d’une épaisseur stratigraphique de 1,5 m. Son intervalle chronologique est large, du iie au iiie s. apr. J.‑C. (phase 4).
6La période 4 concentre le plus de phases avec six ensembles cohérents individualisés (5 à 9). La phase 5 concerne un niveau de mortier qui repose sur le niveau d’apparition de la phase 4 et scellé directement par les niveaux de la phase suivante. Selon les sources écrites, ont été individualisés : la construction de l’enceinte médiévale entre 1467 et 1488 (phase 6), l’occupation de la zone non aedificandi à partir de 1488 (phase 7), la construction de la « motte » à partir de 1539 (phase 8), la restauration du cavalier après la formation des dolines (phase 9).
7La période 5 se divise en deux phases : l’une correspond au démantèlement du système défensif à partir de 1720 et la construction de la manufacture de coton en 1788 (phase 10), l’autre correspond aux derniers aménagements engagés pour la création de l’école d’Artillerie en 1880 et la finalisation des quais de la Loire (phase 11).
Fig. 1 – Plan masse de la fouille
DAO : C. Aunay (pôle d’Archéologie, Ville d’Orléans).