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AccueilRégionsCentre-Val de Loire201837 – Indre-et-LoireTours – Abbaye de Marmoutier

2018
37 – Indre-et-Loire

Tours – Abbaye de Marmoutier

Fouille programmée (2018)
Responsable d’opération : Élisabeth Lorans
Notice rédigée avec Thomas Creissen

Entrées d’index

Année de l'opération :

2018

Numéro d’opération :

0612094

Nature de l'opération :

fouille programmée
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Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Université de Tours

Texte intégral

1En 2018, le travail de terrain a porté sur deux espaces distincts : l’emprise de l’église abbatiale gothique (zone 1) ; les terrasses occidentales (zone 6) où se situaient au Moyen Âge la chapelle Notre-Dame-des-Sept-Dormants et la tour des cloches et où plusieurs chapelles troglodytiques ont été aménagées au xixe s.

2En zone 1, le sondage de 2017 a été agrandi (24 m2 en tout) pour tenter de repérer la façade de l’église romane mais aussi afin de mieux comprendre les niveaux de construction de l’église abbatiale gothique observés l’année dernière. Les fondations de la façade romane n’ont pas pu être identifiées car les découvertes se sont révélées plus riches que prévues. Sous des remblais modernes, deux sépultures ont été mises au jour. Seule l’une d’elles a pu être fouillée (S. 129). Il s’agit d’un individu de sexe masculin âgé de plus de 30 ans. Il est inhumé dans un contenant en bois, tête à l’est. Une seconde sépulture du même type, recoupée par la première, n’a été que partiellement dégagée et documentée faute de temps (S. 130) mais a révélé une même disposition est-ouest, souvent observée pour les prêtres à l’époque moderne, une datation confirmée pour S. 129 par une analyse radiocarbone (Beta 510277 1736-1806 cal AD (46.2 %) ; 1682-1644 cal AD (38.0 %).

3Ces sépultures ont recoupé un imposant four à cloche qui a connu au moins deux états successifs. Dans le comblement de ce four, plusieurs fragments de moule(s) à cloche(s), certains présentant un décor, ont été retrouvés. La fouille s’est arrêtée sur un niveau entièrement constitué de ces fragments de moules car ces éléments, fragiles, ne pouvaient être correctement prélevés dans le temps imparti. Ces éléments permettent de se faire une idée des cloches de l’abbatiale gothique. Le four est daté du xiiie ou du début du xive s.

4Ce sondage a été allongé sous la forme d’une étroite tranchée pour atteindre le mur de façade de l’église abbatiale gothique. Ceci a permis de mettre en évidence l’existence de plusieurs états, le dernier étant contemporain de l’installation de la tribune d’orgue au cours de la période moderne. Par rapport au reste de l’abbatiale, le porche était légèrement surhaussé dès la phase gothique, et l’accès à l’église se faisait par l’intermédiaire d’un escalier de quelques marches.

5Un autre sondage de 15 m2 a été réalisé à cheval sur le mur gouttereau sud de l’abbatiale gothique. À l’intérieur, un niveau de sol de carreaux a pu être mis en évidence. L’abondant matériel céramique retrouvé permet de le dater des environs de 1300.

6À l’extérieur, l’élévation du mur gouttereau se poursuit bien en deçà de la cote d’altitude du sol de l’église – plus d’1,50 m en contrebas – et le sol extérieur d’origine n’a pu être atteint. L’église comme l’hôtellerie semblent avoir fonctionné comme des murs de terrasses : toute la partie méridionale de l’abbaye était située en contrebas de la partie nord.

7À l’époque moderne, alors que de nouveaux bâtiments conventuels sont érigés, la partie méridionale est largement remblayée de manière à obtenir partout une altitude homogène. À cette occasion une galerie voûtée souterraine est construite contre le mur gouttereau sud. Elle était surmontée d’un sol de carreaux partiellement reconnu. Le mobilier archéologique permet de situer ces transformations dans la seconde moitié du xviie s., c’est-à-dire à l’époque de l’installation des mauristes.

8En zone 6, la fouille de la terrasse inférieure ayant été achevée en 2017, nous avons procédé à des relevés complémentaires utiles à la restitution des volumes en 3D élaborée par Daniel Morleghem et Maxime Chartier. Dix états ont été distingués et modélisés à l’aide du logiciel 3D Blender :

  • l’état originel du coteau avant toute occupation ;

  • trois états du haut Moyen Âge dont deux correspondent à l’oratoire semi-troglodytique dédié à Notre-Dame ;

  • l’état du site au xie s. lorsque la tour des cloches est bâtie ;

  • deux autres états médiévaux correspondant à la construction de la chapelle Notre-Dame-des-Sept-Dormants au xiie s. et à des remaniements mineurs aux xiiie-xive s. ;

  • les principaux aménagements modernes (xve-début du xviiie s.) ;

  • l’état du site en mars 1747, après l’effondrement du coteau ;

  • enfin l’état du site après la Révolution et avant le rachat de l’abbaye par les Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus en 1847.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Élisabeth Lorans, Thomas Creissen, « Tours – Abbaye de Marmoutier » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Centre-Val de Loire, mis en ligne le 26 janvier 2021, consulté le 11 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/51205

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Auteurs

Élisabeth Lorans

Université de Tours

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Responsable d’opération

Élisabeth Lorans

Université de Tours

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Droits d’auteur

Le texte et les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés), sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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