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Année de l'opération :
2018Numéro d’opération :
0612100Nature de l'opération :
fouille préventiveNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Ville d’Orléans
Texte intégral
1Le Pôle d’archéologie de la ville d’Orléans a mené, entre septembre et novembre 2018, une fouille archéologique au 4-6 rue des Bons-États. Le diagnostic avait permis de constater la présence de vestiges archéologiques, dans un secteur bien documenté par diverses opérations au cours des 30 dernières années.
2Le terrain naturel est constitué de marne calcaire compacte et déstructurée en surface. Son sommet se situe autour de 110,35 m NGF, soit à une profondeur moyenne de 1,50 m par rapport au sol actuel.
3Les premiers aménagements mis au jour correspondent à un fossé globalement orienté nord-sud, observé dans l’angle nord-est de la zone décapée. Ce fossé possède un profil plutôt unique sur le site, profil en V large de 1,60 m et profond d’environ 0,60 m. Son comblement est daté de la seconde moitié du ier s. av. J.‑C. Cet aménagement semble isolé et pourrait correspondre à l’extrémité occidentale de l’occupation de la fin du ier s. mise au jour plus à l’est sur le site du 18 rue Porte-Saint-Jean. À la même période ou peu de temps après, cette zone a été cultivée puisque les aménagements antiques postérieurs recoupent une couche de terre brune identifiée comme sol de culture.
4La densification de l’occupation s’effectue au cours du ier s. apr. J.‑C. Elle se caractérise par l’installation de plusieurs fosses quadrangulaires semi-excavées, ainsi que d’une série de trous de poteaux, piquets et sablières matérialisant possiblement la présence de bâtiments en matériaux périssables. Toutes ces structures percent un niveau de culture mis en place à la fin du ier s. av. J.‑C. ou au début du ier s. apr. J.‑C. Ces structures semi-excavées, pour la plupart de formes quadrangulaires, sont de tailles très variables : entre 1 m2 et presque 4 m2. Elles accueillaient probablement des espaces de stockage à vocation domestique ou alors de petits ateliers qui n’ont malheureusement laissé que peu de traces matérielles. Ainsi, de manière générale, on note la présence d’une grande quantité de mobilier en comblement (sauf métallique) mais de très peu dans les niveaux d’occupation. L’interprétation de ces structures s’avère donc complexe, puisque le rare mobilier associé à l’occupation ne permet pas de déterminer quels étaient leurs fonctions. S’agissait-il de structures domestiques, artisanales, voire les deux ?
5La fosse est la plus imposante mise au jour sur le site (fig. 1). Sa surface atteint 3,7 m2 pour une profondeur de presque 1 m. Elle possède la particularité de disposer de quatre emplacements de poteaux aux quatre coins de la structure. Le creusement dans le substrat en sape de ces emplacements de poteaux, posés sur le fond de la structure, permet de restituer des poteaux penchés en direction du centre de la structure, qui devaient soutenir charpente et toiture. Il est ainsi possible de restituer une faîtière orientée nord-sud au centre du bâtiment, reliant ces 4 pièces de bois. Quelques niveaux d’occupation ont été identifiés, plutôt des niveaux de piétinement, dont la céramique permet de les dater du ier s. voire tout début iie s. Les niveaux d’abandon et de comblement, très riches en mobilier, resserrent la datation aux années 70-120.
Fig. 1 – Vue générale en cours de fouille du comblement de la structure semi-excavée antique F236, installée dans la marne calcaire
Cliché : J. Courtois (Pôle d’archéologie).
6Enfin, une vaste structure circulaire dégagée à l’ouest de la fouille a rapidement été interprétée comme probable puits, contemporain des autres aménagements antiques adjacents puisque son comblement est recoupé par un fossé daté de la seconde moitié du iie s. La fouille manuelle d’environ 1,50 m à 2 m de comblement semblait confirmer l’interprétation de départ comme puits, puisqu’une banquette périphérique a été entaillée dans la marne calcaire, ménageant ainsi un conduit principal d’un diamètre d’environ 1,50 m. Cette banquette possédait en outre sur tout le pourtour une série de trous de piquets matérialisant sans doute l’ancrage dans le substrat et sur la banquette d’une structure en bois surplombant le conduit principal, peut-être une margelle en matériaux périssables. La fouille de la seconde moitié du conduit a néanmoins mis au jour une discontinuité de la banquette périphérique et la présence d’un second creusement de plus petit diamètre tangent au premier. Le comblement des deux conduits a été simultané, avec une continuité des dépôts sur toute la surface, sans matérialisation de recreusement. La suite de la fouille de ce (double ?) puits ne pouvant être effectué de manière sécurisée avec les moyens du Pôle d’archéologie, la CISAP de l’Inrap a été mandatée pour fouiller cette structure jusqu’aux 15 m de profondeur supposés, d’après les autres puits de la même période mis au jour sur Orléans. Le fond a rapidement été atteint à 3 m de profondeur et le comblement prend la forme d’un simple rejet dépotoir. Au final, l’interprétation de départ comme puits se pose, à moins que celui-ci n’ait jamais été achevé.
7Après l’abandon de l’ensemble des structures de la phase d’occupation antique, la zone de fouille ne semble plus que très partiellement investie, principalement avec des aménagements parcellaires de type fossé. Il est possible que la partie supérieure de ces aménagements (et des encaissants) ait fait l’objet d’un décaissement postérieur puisqu’ils ne sont conservés que sur une dizaine de centimètres de profondeur. Le mobilier issu leur comblement permet de dater l’abandon entre les années 150 et 230.
Un espace agropastoral au cours du Moyen Âge
8Les structures antiques sont scellées par un (ou plusieurs) dépôt très hétérogène et brassé d’environ 0,80 m d’épaisseur sur l’ensemble du site. Une colonne de prélèvements pour lame mince a été effectuée et plusieurs sondages au pénétromètre manuel PANDA ont été réalisés en plusieurs secteurs stratigraphiquement préservés. Trois sondages manuels ont ainsi été répartis pour réaliser des fouilles fines par passes de 5 cm avec isolat du mobilier et prélèvement systématique de sédiment. L’étude de tous ces éléments, encore en cours, permettra sans doute de préciser le mode de dépôt et sa chronologie, pour l’instant calée entre le iiie et le xvie s. La partie basse de la séquence stratigraphique correspond dans tous les cas aux dépôts d’époque antique, percés par les structures de la même période.
9Les couches qui recouvrent l’occupation de l’époque gallo-romaine sur l’ensemble du site présentent les mêmes caractéristiques, ne permettant pas de distinguer avec certitude les différentes phases d’apport sédimentaire, probablement liées à des activités agropastorales. La parcelle du 4-6 rue des Bons-États ne semble en tout cas plus urbanisée entre la fin de l’Antiquité et la fin du Moyen Âge.
10Néanmoins, la présence d’une sépulture d’immature mise au jour lors du diagnostic et datée des viie-viiie s. confirme une occupation très sporadique du secteur, peut-être en bordure de faubourgs. Cette sépulture a été intégralement dégagée lors de la fouille et semble complètement isolée.
11Enfin, une structure médiévale semi-circulaire a été identifiée à l’ouest. Il s’agit en fait de tranchées de récupération de fondations d’une structure demi-circulaire, sans doute un petit four. Aucune trace de chauffe n’a néanmoins été détectée mais le sol correspondant n’a pas été conservé par l’urbanisation moderne et contemporaine.
12À partir du début du xvie s., une fois le quartier clos par la dernière enceinte urbaine, l’urbanisation semble assez rapide. Ce sont ainsi tout une série de fondations qui ont été mises au jour, ainsi que quelques sols intérieurs et extérieurs, révélant l’habitat moderne et contemporain de cette parcelle. L’ensemble sera remplacé à la fin du xixe s.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Vue générale en cours de fouille du comblement de la structure semi-excavée antique F236, installée dans la marne calcaire |
| Crédits | Cliché : J. Courtois (Pôle d’archéologie). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/51547/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 2,0M |
Pour citer cet article
Référence électronique
Julien Courtois, « Orléans – 4-6 rue des Bons-États » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Centre-Val de Loire, mis en ligne le 26 janvier 2021, consulté le 10 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/51547
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