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AccueilRégionsNouvelle-Aquitaine201717 – Charente-MaritimeArs-en-Ré – Église Saint-Étienne

2017
17 – Charente-Maritime

Ars-en-Ré – Église Saint-Étienne

Opération préventive de diagnostic (2017)
Responsable d’opération : Emmanuel Barbier

Entrées d’index

Année de l'opération :

2017

Numéro d’opération :

206629

Nature de l'opération :

opération de diagnostic
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Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Inrap

Barbier E. 2017 : Nouvelle Aquitaine, Charente-Maritime, Ars-en-Ré, église Saint-Étienne, rapport de diagnostic archéologique, Poitiers, Inrap GSO.

Texte intégral

1Le bourg d’Ars-en-Ré s’est développé autour de l’église Saint-Étienne, siège d’un ancien prieuré, mentionné dès le début du xie s. Dépendant de l’abbaye voisine et insulaire de Saint-Michel-en-L’Herm, il se développa progressivement en dépit de nombreux aléas (guerre de Cent Ans, guerres de religion). Les nombreuses reprises observées sur le bâtiment témoignent de ses multiples adaptations, depuis la nef romane jusqu’au choeur du xviie s. Un mur de défense doté d’embrasures et de créneaux ceinturait encore une partie de l’édifice religieux à la fin du xviiie s. Sa fonction d’église paroissiale du bourg d’Ars-en-Ré lui a assuré un intérêt manifeste qui s’est traduit par de nombreuses restaurations depuis le début du xixe s. Toutefois, le piètre état sanitaire, provoqué notamment par son encaissement, nécessite la réalisation d’importants travaux d’assainissement tant sur les élévations que sur les fondations (drainage des abords).

2Dans ce cadre, un diagnostic archéologique a été prescrit. Cinq sondages ont pu être réalisés en dépit de contraintes (passages de réseaux, collecteurs d’eau de pluie). La présence de mobilier erratique au sud (Tr. 1) suggère une occupation précoce du site, probablement dès la période antique jusqu’au vie s. Cette hypothèse ne peut pas être davantage développée en l’absence de vestige associé. Ainsi, la proposition d’un premier établissement de culte établi en lieu et place de l’église ne peut pas être retenue en l’état des connaissances. Aucune construction antérieure au xie s. ne peut être distinguée pour l’église. Toutefois, le creusement des fosses sépulcrales au sud du transept roman semble avoir perturbé des vestiges antérieurs à l’installation de l’édifice religieux. Ces derniers rendent compte d’un remblaiement massif des abords de l’édifice dû à un décaissement préalable vraisemblablement opéré, au plus tard, durant les guerres de religion. Toutefois, l’ampleur de ce terrassement paraît variable sur le pourtour de l’édifice.

3Ainsi, il semble avoir épargné au nord les niveaux de sépultures médiévales (xiie-xiiie s.). Au moins, 3 inhumations en coffrages de pierres ont été observées contre le mur gouttereau nord de l’ancien transept, vraisemblablement antérieur. Cette relation remet en cause la proposition de phasage chronologique de la construction de l’église. Les coffrages et les dalles de couverture sont distinctement apposés contre le mur de fondation du transept qui paraît fondé, au plus tard, au xiie s., et non aux xvie-xviie s.

4Au nord-est de l’église, les 2 tranchées de diagnostic rendent compte d’un remblaiement massif et particulièrement dense qui atteint près de 2 m. Ce dernier participe au comblement d’une importante dépression qui semble persister jusqu’à la fin du xviiie s.

5Enfin, les deux tranchées réalisées au sud de l’église témoignent aussi d’un important décaissement dont la profondeur n’a pas pu être entièrement appréhendée. Ce nivellement de l’espace paraît toutefois plus ancien que celui opéré à l’est. Il est composé d’importants rejets domestiques qui traduisent une utilisation de l’espace en tant que dépotoir formé durant le xviie s., au sortir des guerres de religion. Dans ce cadre, la présence d’un fossé contigu à l’église paraît fort probable. Un mur de clôture ceinturait au plus près l’édifice depuis le portail jusqu’au transept gothique nord. Ce dispositif précédemment détaillé était encore conservé en 1794, année durant laquelle il fut définitivement démantelé. Ce mur d’enceinte était vraisemblablement complété par un fossé défensif même si sa présence n’est pas très documentée. Ce système défensif ne devait pas s’étendre au sud et à l’est de l’église, les murs étant utilisés à des fins défensives moyennant quelques aménagements qui ne sont plus perceptibles de nos jours, à l’image de l’église proche d’Esnandes. Les murs gouttereaux surélevés portent encore les traces d’aménagements défensifs (crénelage, fentes de tirs). Un dispositif similaire perceptible au niveau du mur sud de la nef romane devait être adopté sur l’église d’Ars. Ce type d’aménagement, généralement mis en œuvre au cours de la Guerre de Cent Ans, a fréquemment été réhabilité et adapté aux armes à feux de petits calibres durant les guerres de religion. En l’état des connaissances, il n’est pas possible de déterminer à quel moment cette modification complète de l’espace fut réalisée. Celle-ci demeure effective au début du xviie s. puisque la condamnation du fossé ceinturant l’édifice est assurée au cours du xviie s.

6L’église Saint-Étienne d’Ars constitue un monument majeur du patrimoine rétais qui a longtemps conditionné le développement du bourg. Si le diagnostic archéologique a permis de rappeler l’intérêt manifeste du monument, de nombreuses questions inédites liées tant à la topographie « priorale », la gestion funéraire, la topographie défensive et la vie quotidienne de la population arsaise aux xviie-xviiie s. ont été soulevées.

7Le cadre de l’intervention a livré un ensemble de réponses largement incomplètes. Les vestiges préservés sous le revêtement de la place permettraient de compléter, le cas échéant, les données relatives au monument et ses aménagements annexes.

Fig. 1 – Sépulture installée contre le mur gouttereau nord-est de l’église Saint-Étienne

Fig. 1 – Sépulture installée contre le mur gouttereau nord-est de l’église Saint-Étienne

Cliché : E. Barbier (Inrap).

Fig. 2 – Plomb de drapier découvert au sein du dépotoir dans le fossé longeant le sud de l’église Saint-Étienne

Fig. 2 – Plomb de drapier découvert au sein du dépotoir dans le fossé longeant le sud de l’église Saint-Étienne

Inrap.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Sépulture installée contre le mur gouttereau nord-est de l’église Saint-Étienne
Crédits Cliché : E. Barbier (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/69444/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 1,5M
Titre Fig. 2 – Plomb de drapier découvert au sein du dépotoir dans le fossé longeant le sud de l’église Saint-Étienne
Crédits Inrap.
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/69444/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 190k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Emmanuel Barbier, « Ars-en-Ré – Église Saint-Étienne » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 30 mai 2021, consulté le 09 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/69444

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Auteur

Emmanuel Barbier

Inrap

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Responsable d’opération

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