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AccueilRégionsNouvelle-Aquitaine201717 – Charente-MaritimeSaint-Sornin – Tour de Broue

2017
17 – Charente-Maritime

Saint-Sornin – Tour de Broue

Fouille programmée (2017)
Responsable d’opération : Éric Normand
Notice rédigée avec Alain Champagne

Entrées d’index

Année de l'opération :

2017

Numéro d’opération :

206354

Chronologie :

époque médiévale

Nature de l'opération :

fouille programmée
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Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Minsitère de la Culture

Texte intégral

1Deux tranchées ont été réalisées pour l’année 2017 à proximité de la tour et de sa courtine. L’objectif principal était d’observer la dynamique de comblement qui ceinture l’actuelle partie fortifiée du site et d’établir une relation stratigraphique avec l’occupation de la plate-forme ou l’occupation environnante. La tranchée 6, d’une longueur de 32 m a réalisé un transect à travers le fossé occidental qui se devine encore aujourd’hui dans le paysage. Il s’agissait d’atteindre la courtine, aujourd’hui disparue sur cette section, et de la relier avec la plate-forme en traversant le fossé. La tranchée de sondage devait également atteindre une zone repérée par prospection électrique qui montrait une alternance entre un secteur résistant (rocher et/ou structure) formant une bande parallèle au fossé et un secteur où, à l’inverse la prospection ne rencontrait aucune résistance.

2La tranchée 7, située au sud de l’enceinte et de son fossé encore visible dans le paysage, d’une longueur de 17,50 m, devait permettre de comprendre le comblement de ce dernier mais également de repérer toute trace d’occupation d’époque médiévale dans un secteur situé à l’écart de la plate-forme. En effet, cet espace, aujourd’hui occupé par un parking et l’accès à la maison de Broue, est dissocié physiquement de la plate-forme par cette dernière construction. La réalisation de la tranchée 5, qui avait permis de retrouver les bâtiments d’époque moderne, encore visibles sur le cadastre napoléonien, avait également été l’occasion de retrouver des niveaux médiévaux conservés sous l’occupation des xviiie-xixe s. Toutefois, l’observation de ces niveaux n’avait été que ponctuelle.

Tranchée 6

3Le fossé d’enceinte présente une ouverture d’environ 11 m actuellement et réduite à 10 m dans son état initial (en restituant la courtine) et d’une profondeur minimale de 4,5 m. Il est creusé à travers un contexte géologique complexe qui n’a pas participé à la stabilité de ses parois et a favorisé un début de comblement précoce. En conséquence, la contrescarpe a subi des altérations qui ont provoqué l’effondrement de la partie supérieure de la paroi constituée du calcaire dur dans le fossé. Cette dégradation a entraîné un comblement peut-être précoce du fossé et a rendu difficile son entretien.

4L’étude stratigraphique a permis de distinguer 6 phases de comblement qui s’inscrivent dans 3 grandes phases chronologiques. Elles s’inscrivent dans les limites de réalisation du sondage. La phase la plus ancienne a livré du mobilier datable du xive s., soit la période correspondant à l’occupation optimale de la plate-forme voisine. La quatrième phase constitue un changement dans la dynamique de comblement puisqu’à partir de cette phase, la plupart des remblais proviennent de l’escarpe alors qu’auparavant ils étaient plutôt associés à la contrescarpe. L’avant-dernière phase correspond à l’abandon complet du site et de l’effondrement de la courtine telle qu’on peut le constater sur les plans de Claude Masse au début du xviiie s. qui représente un site en ruine.

5Seule la partie arrière de la courtine a pu être étudiée en raison de l’effondrement (ou de la récupération) du parement extérieur dans le fossé. Le dégagement des murs 35 et 36 appartenant à la courtine a permis les observations suivantes. On assiste à deux états de construction qui se distinguent à la fois par l’orientation et par la nature de la mise en oeuvre.

6La contrescarpe est occupée par un bâtiment constitué de solins (no 10) implanté en limite de fossé. Il a été daté des xiiie-xive s. et correspond aux dernières phases d’occupation du site. Il succède à des épandages détritiques dont l’origine n’a pas pu être caractérisée.

Secteur 7

7Le creusement (us 1589) a été réalisé dans une roche assez compacte ce qui donne un profil très régulier en U aux parois droites. L’escarpe est constituée du rocher qui est prolongé par l’élévation de la courtine après avoir été égalisé. La maçonnerie repose directement sur le substrat sans aménagement particulier. Large d’environ 7,30 m, le fond présente un pendage vers le sud d’environ 7,5 %. Cet aménagement pourrait répondre à une volonté d’assainissement du fossé et d’évacuation des eaux de pluie. Même si la largeur de la tranchée n’a pas permis d’observer la présence d’une pente suivant l’axe du fossé, le profil actuel du terrain offre une pente naturelle vers le nord, en direction du bord du coteau et les marais.

8Trois creusements, situés à proximité de l’escarpe, St. 47, 48, 49 pourraient appartenir à la phase de construction de la courtine. Il s’agit de creusements de faible profondeur et d’un diamètre moyen de 15 à 20 cm, pour St 47 et St 48, de forme arrondie ; alors que St 49 présente plutôt une section quadrangulaire de 15 x 20 cm de côté. Il pourrait s’agir de traces du calage de perches pour l’échafaudage qui a participé à la construction du rempart. Le creusement du fossé côté contrescarpe paraît plus important (d’une profondeur de 3,20 m).

9La phase d’utilisation du fossé est composée de différentes couches situées au fond du creusement. Il s’agit d’abord d’une couche composée de tuiles mélangées à de l’argile jaune. On la retrouve pour sa partie la plus épaisse au centre du fossé. Elle est partiellement recouverte par un lit de tuiles et à un endroit du fossé par un sédiment assez gras homogène (résultat d’une sédimentation en contexte humide ?).

10Enfin, le tout est recouvert par deux us (us 1457 et 1471) qui constituent un rejet domestique dans le fossé. Il est composé d’un sédiment sombre, organique, contenant de la cendre mélangée avec des rejets alimentaires (ossements, coquillages) et de la céramique. Certains coquillages particulièrement fragiles (moules, pétoncles, couteaux,...) sont très bien conservés, peu fragmentés démontrant ainsi l’absence de piétinement après leur dépôt. Une bonne partie de ce dépotoir est situé à l'aplomb du rempart. Il est tentant d'y voir un rejet du haut de la courtine et provenant de l'intérieur du château. L'intégralité de ces couches a fait l'objet d'un prélèvement par carroyage pour des études archéozoologiques. Il faut noter la cohérence chronologique des artefacts découverts dans ces niveaux d’utilisation (milieu xive-milieu xve s.) ce qui pourrait faire penser à un entretien régulier du fond de cette section de fossé.

11La période d’abandon et de comblement du fossé se fait en deux temps. Tout d’abord, le résultat de la démolition puis un comblement progressif correspondant à l’abandon définitif du site castral.

12Une voie est implantée le long de la contrescarpe (sa limite méridionale n’a pas pu être observée en raison de la banquette protégeant un réseau). On peut imaginer qu’elle présente une largeur d’environ 4,50 m. Il est difficile de préciser son orientation, mais on peut penser que cet axe longe celui du fossé.

13La contrescarpe paraît accueillir une activité dès le début de l’occupation du site puisqu’elle a livré des zones de foyers. En revanche, le caractère limité du sondage n’a pas permis d’associer ces structures à une quelconque organisation de type habitat, ou activité artisanale.

14L’année 2017 a permis de compléter notre vision sur l’organisation globale du site castral . L’étude du comblement des fossés a permis de confirmer un abandon assez précoce du site à la fin du Moyen Âge, même si la tour paraît avoir été habitée en dernier par rapport à la plate-forme. La différence dans le creusement des deux sections de fossé et un comblement différencié font penser à la présence d’une structure d’entrée (châtelet, pont-levis) située entre les deux sondages. Cette entrée pourrait correspondre à l’axe formé par l’actuelle maison de Broue et au bâtiment 7, médiéval, découvert en 2016.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Éric Normand, Alain Champagne, « Saint-Sornin – Tour de Broue » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 30 mai 2021, consulté le 05 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/69819

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Auteurs

Éric Normand

Drac Nouvelle-Aquitaine (service régional de l’archéologie)

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Responsable d’opération

Éric Normand

Drac Nouvelle-Aquitaine (service régional de l’archéologie)

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