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2020
26 – Drôme

Valence – Place Charles-Huguenel (tranche 1)

Opération préventive de diagnostic (2020)
Responsable d’opération : Chantal Delomier

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Inrap

Delomier C. 2021 : Valence (Drôme, Auvergne-Rhône-Alpes) place Ch. Huguenel, tranche 1, rapport de diagnostic, Bron, Inrap.

Texte intégral

1Les investigations archéologiques proprement dites sont restées réduites et décevantes pour plusieurs raisons. Les difficultés d’accès et l’encombrement des lieux n’ont pas permis de réaliser des sondages aux endroits souhaités. Les salles du sous-sol étaient des espaces réservés, respectivement, aux armoires techniques des réseaux informatiques, aux cuves à fioul, au stockage des dossiers et usuels des archives municipales, ou encore au mobilier en attente de déménagement ou d’enlèvement.

2Seul un puits en blocs de calcaire taillé a été identifié à l’extrémité sud-ouest de la parcelle et des caves (fig. 1). Un petit sondage d’environ 1 m2 a pu être ouvert dans un couloir à proximité du puits. Les résultats renseignent sur les matériaux de construction et la mise en œuvre : briques et blocs de calcaire froid de gros modules liés par un mortier gris pulvérulent, résiduel, masqué par une forte épaisseur de ciment. Au rez-de-chaussée, à l’extérieur, seuls quelques blocs de molasse (0,40 x 0,40 m) formant pilastres, ont été observés, sous une épaisse couche de revêtement de part et d’autre de l’entrée de l’ancienne chapelle, aujourd’hui démolie, rue Farnerie. Les premier et deuxième étages étaient encore occupés par la médiathèque et les archives municipales, et le troisième étage souvent traversé par des agents de l’administration de la mairie annexe (fig. 2). Les combles, quant à eux, étaient encombrés de cartons et objets divers.

3L’ensemble bâti de l’îlot a été visité ou parcouru et les modèles architecturaux examinés. Les données d’archives, abondantes, corroborent l’hypothèse d’une disparition ou plus précisément d’une intégration de l’Hôtel-Dieu des xviie et xviiie s. dans une reconstruction générale de l’édifice au milieu du xixe s. Aucun vestige d’habitat ou d’occupation médiévale n’a été observé à l’exception notable du puits encore en place au sous-sol et fréquemment mentionné dans les textes d’archive comme étant le « puys de la Marignette » (ADD 1J48).

Fig. 1 – Sous-sol sud-ouest, puits

Fig. 1 – Sous-sol sud-ouest, puits

Cliché : C. Delomier (Inrap).

Fig. 2 – Médiathèque, façades nord

Fig. 2 – Médiathèque, façades nord

Cliché : C. Delomier (Inrap).

Périodes médiévale et Renaissance : de l’hôpital Saint-Jean à l’Hôtel-Dieu

4Les textes qui mentionnent un hôpital neuf (hôpital Saint-Jean) à la fin de la première moitié du xve s. (hopitali novo, 1438, ADD 2H64), puis le grand Hôtel-Dieu en 1547 (AMV CC2) montrent incontestablement que l’îlot a été précocement investi par un des premiers des hôpitaux de la ville de Valence, l’hôpital Saint-Jean. Il était construit à proximité immédiate de l’église portant cette dédicace. Les plans anciens reflètent un lotissement assez lâche, confirmé par la vue de Belleforest dans le dernier tiers du xvie s. Quelques maisons éparses sont représentées disséminées dans des jardins plantés d’arbres couvrant le centre du vaste îlot, dont les contours sont lotis de maisons contiguës. Ne subsiste de cette période que le puits de la Marignette, localisé, on l’a vu, au sud-ouest de l’îlot. Il reste à l’air libre, au carrefour des anciennes rues Saint-Jean ou de l’hôpital, et Saint-Félix (aujourd’hui Madier de Montjau) jusqu’au milieu du xixe s., où il est définitivement englobé dans la reconstruction de l’édifice.

Période moderne : les Trinitaires et l’Hôtel-Dieu

5Les Trinitaires s’installent en 1683 pour administrer l’Hôtel-Dieu. Le contrat stipule que les sœurs sont établies à l’hôpital Saint-Jean ou Hôtel-Dieu, au nombre de quatre, plus deux servantes.

6Les Trinitaires ont été confirmées par Louis XV, en mai 1727. Le plan de l’Hôtel-Dieu, daté du xviiie s. (ADD_8Fi_00282) montre bien que le bâtiment occupait toute la moitié nord de l’îlot. Les amorces des tracés vers le sud indiquent un lotissement privé composé de maisons.

7Deux caves, encore en place au sud-est de l’îlot, semblent avoir été utilisées comme celliers à cette période puisqu’elles se situent précisément sous la maison de M. Dupalais, noté sur ce plan du xviiie s. La typologie, très nettement surbaissée, des voûtes, d’un arc doubleau et du couvrement d’une porte, contribue à orienter la datation de ces espaces vers le xviiie s. De la chapelle, des salles des malades et des cours, il subsiste encore les tracés structurants que l’on retrouve dans les plans dressés en 1977 et 1980, avant les travaux de démolition liés à la construction de la médiathèque.

La maison d’Éducation des Trinitaires au xixe s.

8On propose une première phase de reconstruction de l’ensemble, éventuellement dès la première moitié du XIXe s. En 1820, Louis XVIII confirme la réunion de l’Hôtel-Dieu à l’Hôpital général et assure ainsi « le sort des Dames Trinitaires en leur cédant les bâtiments de l’Hôtel-Dieu avec le mobilier, pour constituer leur chef d’Ordre et maison de Noviciat à condition qu’elles abandonnent leurs créances constituées sur les hospices et qu’elles créent, pour les filles d’artisans, une école gratuite pour laquelle le Conseil municipal leur donnera une allocation annuelle de 1200 francs ».

9L’Hôtel-Dieu devient une maison d’éducation, qui évolue en 1845 vers l’École normale du département pour la formation des institutrices. Les sources mentionnent de grands travaux d’adaptation et de constructions, concernant l’église, en établissant la communauté et le noviciat dans des salles plus spacieuses, et en ouvrant un pensionnat et deux salles d’asile. C’est donc vers 1850 que la plupart des travaux sont engagés.

10La documentation montre que l’îlot n’a plus subit de profondes modifications pendant une longue durée, après cette reconstruction généralisée du milieu du xixe s. L’Hôtel-Dieu a évolué dans un cadre rigide depuis sa création au xviie s., jusqu’aux dernières années du xxe s., qui ont été les plus sévères en ce qui concerne l’intégrité du bâtiment. Aussi, les plans les plus récents, comme ceux de 1980, restent-ils essentiels pour comprendre la dynamique de l’ensemble. Les cours et les constructions principales (salles des malades et chapelle) forment des points d’ancrage, qui ont en définitive assez peu bougé jusqu’aux années 1980.

11Les modifications drastiques engagées en 1980 pour la construction de la médiathèque ont provoqué la destruction de la chapelle (fig. 3), le morcellement des anciens volumes (en hauteur et en plans), la suppression de cours et des escaliers, la mise en place de structures béton à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments préexistants.

Fig. 3 – Les années 1977-1980, destruction de la chapelle des Trinitaires

Fig. 3 – Les années 1977-1980, destruction de la chapelle des Trinitaires

Cliché : V. Rajeau.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Sous-sol sud-ouest, puits
Crédits Cliché : C. Delomier (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/70675/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 224k
Titre Fig. 2 – Médiathèque, façades nord
Crédits Cliché : C. Delomier (Inrap).
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/70675/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 330k
Titre Fig. 3 – Les années 1977-1980, destruction de la chapelle des Trinitaires
Crédits Cliché : V. Rajeau.
URL http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/70675/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 387k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Chantal Delomier, « Valence – Place Charles-Huguenel (tranche 1) » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Auvergne-Rhône-Alpes, mis en ligne le 31 mai 2021, consulté le 16 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/70675

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Auteur

Chantal Delomier

Inrap

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Responsable d’opération

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