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Année de l'opération :
2017Numéro d’opération :
163814Chronologie :
Protohistoire, âge du Bronze, âge du Fer, époque médiévale, époque contemporaine, Seconde Guerre mondialeNature de l'opération :
fouille préventiveNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Texte intégral
1La fouille sur une surface de 9 340 m2 a été réalisée avant l’installation d’une résidence pavillonnaire par la société Pierreval. Le diagnostic avait mis en évidence un ensemble de fossés attribués à l’âge du Bronze final et des structures excavées et bâties du Moyen Âge sur toute la parcelle. La prescription centrée sur la moitié nord de l’emprise porte principalement sur la période protohistorique. La fouille a permis d’observer une chronologie beaucoup plus complexe que celle proposée au diagnostic, avec trois occupations protohistoriques distinctes.
2La phase de l’âge du Bronze final I, cœur de la prescription, a été déduite de la présence d’un réseau divergent de celui de l’âge du Fer et de deux datations radiocarbones (Béta 414183, 3000 ± 30 BP). L’absence d’éléments céramiques significatifs empêche toute caractérisation de l’occupation autre que sous forme d’hypothèse. Les fossés sont profonds mais leurs remplissages sont difficiles à distinguer du limon encaissant, ce qui aboutit à ce que plusieurs d’entre eux ne sont apparus qu’au cours de la fouille, après séchage du terrain, voire à l’issue de la fouille. Dans la mesure où les résultats peuvent être considérés comme significatifs (entre le diagnostic et la fouille et dans les limites de l’aménagement), il semble pouvoir être déduit de l’agencement des fossés la délimitation de deux grandes parcelles. Une phase de l’âge du Bronze final II a été mise en évidence sous forme d’un habitat ouvert, rompant radicalement avec l’organisation observée à la période précédente. Les structures associées à cette phase sont tout particulièrement un groupe de fosses riches en mobilier qui peuvent être interprétées comme des silos et une structure « isolée » en bordure d’emprise. D’autres structures peuvent être liées à cette phase comme le groupe de fosses sud mais également les fosses de la seconde zone de fouille ou nombre de structures dispersés sur le site pour lesquelles aucune certitude quant à l’attribution n’est possible, en particulier les structures 15 et 136, dont le mobilier est essentiellement lithique.
3L’occupation de l’âge du Fer se développe sous la forme d’un ensemble de fossés rectilignes déterminant une forme d’enclos carré (ou rectangulaire auquel manque le côté oriental), au sein duquel des structures ponctuelles (trous de poteaux, fosses) correspondraient à des petits bâtiments et des structures domestiques mal datés. Des structures linéaires rectilignes et/ou curvilignes placés autour de l’enclos correspondent vraisemblablement à des fossés parcellaires en relation avec celui-ci. Le mobilier est peu abondant et se partage entre une céramique commune de finition moyenne et une céramique beaucoup plus fine, noire et bien lissée. Quelques éléments de briquetage en terre cuite (exploitation du sel ?) sont également présents. La faune n’est pas abondante mais très bien conservée et correspond aux grandes espèces domestiques (bovinés, ovicapridés, suidés). Trois phases d’utilisation de l’enclos ont été identifiées attribuées au Hallstatt D2, D3 et La Tène A.
4L’occupation récente du site consiste entre une grande excavation de 50 m sur 30 et une plus réduite de 20 m sur 15. Ces deux creusements sont adossés à une voirie aménagée entre deux murs partiellement conservés. La première excavation s’enfonce de 1 m sous le sol actuel dans le calcaire pulvérulent. Son fond est plat. Des constructions sont présentes en son sein : un grand bâtiment compartimenté de 20 m sur 13, un petit bâtiment carré de 5 m de côté et probablement un troisième bâtiment et un quatrième (rectangulaires ?) dont l’accès a été presque impossible. Le grand bâtiment, situé dans l’espace dégagé de la future voirie, a fait l’objet du maximum d’investigation : il présente des murs extérieurs épais (0,8 à 0,9 m) monté en plaquettes équarries. De nombreux éléments de lapidaire ont été découverts pour certains encore en place (moellons, rebords de niche, puits, entrées moulurées, jambage facetté de fenêtre…). Tous les blocs montrent des traces de rubéfaction. La zone médiane du bâtiment présente une couche d’une vingtaine de centimètres d’épaisseur de lauzes rubéfiées mêlés à des fragments de chaux de nombreux gros charbons et quelques tuiles faîtières en céramique vernissée. Ces éléments témoignent d’un incendie de la toiture qui s’est effondrée sur le sol et a provoqué l’abandon définitif du bâtiment dont l’intérieur n’a jamais été déblayé. Les vestiges en relation avec cet évènement sont peu fréquents et renvoient pour les plus récents au début du xve s. Le plancher mis en évidence sous les déblais brûlés (en bois de hêtre et clouté) a été daté au 14C de 1216-1282 AD. Sans exclure des réaménagements au cours de l’utilisation, on peut imaginer que la date pourrait correspondre à la fondation du grand bâtiment. Sa destruction quant à elle pourrait trouver un écho dans le passage des armées anglaises lors de la Guerre de Cent ans (bataille de Formigny en 1435 ?). Un petit bâtiment carré de 5 m de côté jouxte l’entrée du domaine depuis la rue encadrée de murs en limite d’emprise à l’ouest. Les investigations dans ce bâtiment ont été limitées par l’emprise d’un pavillon et par l’organisation générale des sondages. Elle permet toutefois d’observer que le bâtiment n’a pas été incendié mais aussi que l’un de ses murs de 0,8 m d’épaisseur repose partiellement sur une petite fosse remplie de déchets de construction de toiture (fragments de lauzes brisées, généralement lors de leur perforation). Les éléments de datation sont toutefois assez indigents pour dater cette fosse et à plus forte raison le mur du petit bâtiment qui prend appui dessus. Le mobilier présent dans ce secteur, bien qu’assez homogène, ne permet de dater que l’état d’abandon du bâtiment mais se mêle également de quelques éléments appartenant à la phase de déconstruction et de récupération de matériaux sur l’ensemble des bâtiments (au xviiie s. pour enclore la parcelle ?). Un troisième bâtiment très lacunaire pourrait être rectangulaire. Il présente une entrée massive côté est et une petite pièce partiellement elliptique au milieu. Plusieurs limitations en profondeur sur des emprises de pavillons ont empêché d’avoir une lecture sûre de cet ensemble qui pourrait également être uniquement un mur de clôture du domaine, en limite du creusement de l’ensemble de la cour. Ne resterait alors que le petit édifice partiellement elliptique de 3 m sur 2. Aucun élément de datation n’est présent, autre que les rares fragments de céramique blanche vernissée qui constituent l’ensemble du mobilier du secteur (xive s. pour la plupart). Cependant la prolongation du mur de l’entrée massive et du grand bâtiment sont chaînés et témoignent d’une contemporanéité de cette partie de la construction. Un quatrième bâtiment côté sud (rectangulaire ?) est possible mais situé dans un secteur dont l’accès a été presque impossible.
5L’ensemble pourrait être en relation avec une petite seigneurie locale, voire un petit domaine (ayant appartenu aux Templiers ?, éventuellement repris par les Hospitaliers après 1307 ?), dont pourrait encore témoigner le reste du domaine situé de l’autre côté du mur d’enceinte à l’est de l’emprise, dont le bâtiment principal présente des éléments du xie (en réemploi ?), du xive et du xvie s.
6La Seconde Guerre mondiale est présente au travers de cinq fosses, ce qui est peu si l’on tient compte du fait que Langrune-sur-Mer est installée sur une des plages du débarquement (section OBOE de Sword Beach). Ces structures ont permis la découverte d’éléments originaux comme des tôles articulées de débarquement de chars et de la vaisselle réglementaire en faïence britannique.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Plan phasé du site |
| Crédits | DAO : E. Ghesquière (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/72848/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 634k |
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| Titre | Fig. 2 – Plan des structures médiévales |
| Crédits | DAO : E. Ghesquière (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/72848/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 542k |
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| Titre | Fig. 3 – Pièce principale du grand bâtiment du xiiie s. |
| Crédits | Cliché : E. Ghesquière (Inrap). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/72848/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 127k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Emmanuel Ghesquière, « Langrune-sur-Mer – Rue des Chasses » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Normandie, mis en ligne le 02 juin 2021, consulté le 08 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/72848
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