Guerny – Les Aulnaies
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Année de l'opération :
2017Numéro d’opération :
172810Chronologie :
Préhistoire, Néolithique, Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, époque médiévaleNature de l'opération :
fouille programméeNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Club d’archéologie subaquatique du Val-d’Oise/Centre de recherches archéologiques du Vexin français
Texte intégral
1Les fouilles archéologiques subaquatiques programmées dans l’Epte ont été poursuivies en 2017, dans la continuité des découvertes effectuées depuis 2015 sur ce tronçon de la rivière. En effet, les années précédentes, les fouilles conduites en collaboration par le Club d’archéologie subaquatique du Val-d’Oise (Casavo) et le Centre de recherches archéologiques du Vexin français (Cravf) avaient permis de mettre en évidence une structure anthropique composée de plusieurs alignements de pieux au centre de la rivière, et d’un aménagement de berge côté francilien. Les deux sondages profonds réalisés en 2016 avaient précisé la stratigraphie du fond de la rivière et permis de noter que la pointe des pieux butait sur une couche de graves de silex.
2L’objectif de la campagne 2017 était donc de poursuivre les fouilles en aval afin de mieux percevoir l’étendue du site et compléter notre connaissance de l’empierrement côté francilien. Une cinquantaine de mètres carrés ont été fouillés et relevés, ce qui a permis la découverte et l’identification d’une quarantaine de nouveaux pieux. Dans le prolongement des alignements trouvés les années précédentes, des pieux calés par un apport de silex et de craie ont été mis au jour (fig. 1). Ils sont de même nature (bois de chêne) et de même taille que les bois déjà trouvés. Leur position au centre de la rivière et l’importance de leur calage laisse à penser qu’ils appartiennent à une structure conçue pour résister à un fort courant, sans qu’il soit possible de déterminer précisément sa nature.
3D’autres alignements de bois ont été trouvés. Ce sont de petits piquets, très spongieux qui ont conservé leur écorce, et sont pour une partie d’entre eux en aulne glutineux. Ils sont implantés dans une couche argileuse qui affleure dans cette zone, car le flux du courant y a créé une sorte de chenal.
4Non loin de la rive normande, sous le sable accumulé, une épaisse couche de calcaire à l’aspect pulvérulent a été déposée. Des ossements de faune y ont été trouvés. Sa localisation à l’extérieur de la zone crayeuse mais à proximité de la berge laisse penser à une structure stabilisant les abords du site. Dans cette même zone, un troisième sondage a été implanté afin de poursuivre le prélèvement des pieux. Il a livré un bois couché taillé plus grossièrement et situé sous les apports de craie, silex et calcaire.
5L’aménagement de berge observé côté francilien et matérialisé par un important empierrement de blocs de silex, de craie et de calcaire se poursuit en aval. La rive francilienne se trouve ainsi rectifiée de manière linéaire sur une trentaine de mètres. Le niveau exceptionnellement bas de l’Epte a permis de dresser une petite coupe dans la berge et de confirmer la stratigraphie. Plus en aval, l’empierrement apparaît comme remanié ou ayant bénéficié d’une recharge à une époque plus moderne, comme le montre le mobilier découvert.
6L’année 2017 a également été celle des premiers résultats des datations C14. Elles ont montré que nous étions en présence de bois antiques pour la planche 1, le pieu 9 et le pieu 33.
7L’étude dendrochronologique a confirmé la datation gallo-romaine et a permis de montrer que les bois de chêne du centre de la rivière partageaient la même date d’abattage avec ceux composant l’alignement de pieux inséré dans l’empierrement de la berge francilienne découverts en 2016. Ces datations coïncident avec le matériel archéologique trouvé depuis 2015 : tegulae, tessons de céramiques antiques et monnaie gauloise (fig. 2).
8Un bois de nature différente (P. 87) a quant à lui donné une datation néolithique (4038 à 3806 av. J.-C.). Elle est à confirmer, mais elle laisse présager des occupations antérieures au site antique.
9La campagne de 2017 a confirmé l’importance de l’aménagement au sein de la rivière Epte, les datations C14 et dendrochronologiques ont montré que ce dernier se constitue autour du iiie s. apr. J.-C. Les investigations à venir devraient permettre de mieux caractériser la structure et ses phases d’occupation.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Exemple de pieu inséré dans la zone crayeuse |
| Crédits | Cliché : A. Kucab (Casavo-Cravf). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/73198/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,9M |
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| Titre | Tabl. I |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/73198/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 104k |
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| Titre | Fig. 2 – Potin des Rèmes (ier s. apr. J.-C.) |
| Crédits | Cliché et DAO : A. Kucab (Casavo-Cravf). |
| URL | http://journals.openedition.org/adlfi/docannexe/image/73198/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 667k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Anne Kucab, Yannick Le Digol, « Guerny – Les Aulnaies » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Normandie, mis en ligne le 02 juin 2021, consulté le 10 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/73198
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