Limoges – Jardin d’Orsay
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Année de l'opération :
2017Numéro d’opération :
123693Chronologie :
Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, époque médiévale, Haut Moyen Âge, époque moderneNature de l'opération :
opération de diagnosticNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Inrap
Texte intégral
1Ce diagnostic a été réalisé dans le cadre d’un projet de construction d’un skate-park dans le jardin d’Orsay recouvrant aujourd’hui l’emplacement de l’amphithéâtre associé à la ville antique d’Augustoritum/Limoges. Ce quartier n’a fait l’objet d’aucune investigation archéologique depuis 1967, époque à laquelle seuls les vestiges gallo-romains de l’amphithéâtre ont été recherchés. Les éventuelles occupations antérieures à la mise en place de l’amphithéâtre ou postérieures à son abandon demeuraient tout à fait inconnues.
2Les six sondages archéologiques réalisés ont permis plusieurs observations archéologiques intéressantes. Plusieurs phases d’occupation ont été distinguées. La première concerne la période romaine, avec la construction de l’amphithéâtre. Le haut Moyen Âge semble matérialisé par un premier remblai à la surface horizontale qui a servi de niveau de circulation. Au cours du Moyen Âge, peut-être à la fin de la période, un nouveau remblai semble apporté pour rehausser le niveau de cet espace. L’aménagement du Jardin d’Orsay à partir du début du xviiie s., constitue l’ultime phase observée en stratigraphie jusqu’à nos jours.
3La première constatation tient dans le fait qu’aucun vestige gaulois ni antérieur n’a été mis au jour au sein de nos tranchées.
4Les sondages 2, 3, 4 et 6 ont été ouverts à l’emplacement de l’arène de l’édifice de spectacle gallo-romain. Et effectivement, la roche horizontalisée a été atteinte dans ces sondages à une profondeur comprise entre 5 m à 5,50 m. Au fond du sondage 3, un décaissement pourrait correspondre à un puisard ou à une galerie technique au centre géométrique du monument. Le mur, large de 0,64 m, séparant l’arène des gradins a été observé ponctuellement dans le sondage 5. Le terrain naturel au nord de ce mur se situait à 3,50 m de profondeur, soit près de 1,80 m au-dessus du fond de l’arène. Dans le mur s’ouvrait une ouverture donnant sur un espace qui devait se développer sous la cavea. Au fond du sondage 6, une tranchée s’ouvrant dans la roche à 5,50 m de profondeur suivait tout à fait la courbure attendue du mur de podium. Il pourrait s’agir d’un caniveau annulaire. On peut d’ores et déjà estimer que ce sont près de 10000 m3 de roche arénisée qui ont été extraits pour l’implantation de l’édifice.
5Les observations liées à notre diagnostic indiquent que c’est sans doute durant le haut Moyen Âge que l’édifice est en grande partie détruit. Par la suite, la partie creuse de l’arène semble avoir été comblée sur près de 1,30 m de hauteur pour recevoir des manifestations publiques diverses (marchés, foires, exécutions, parades…). Le tassement progressif de ces remblais est certainement à l’origine du nom de « Creux des Arènes ».
6Les stratigraphies observées dans les différents sondages ont permis d’entrevoir une nouvelle étape de remblaiement en vue du rehaussement de l’espace de circulation à l’emplacement de l’édifice antique. La datation de ce nouvel apport de remblai reste difficile à établir. Est-ce vers 1568, lorsqu’on rasa les murailles « à fleur de terre » ?
7De 1713 à 1718, l’intendant d’Orsay fit niveler les élévations subsistantes et recouvrir les ruines sous un énorme remblai pour créer le jardin en terrasse qui porte son nom.
Pour citer cet article
Référence électronique
Christophe Maniquet, « Limoges – Jardin d’Orsay » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 11 juin 2021, consulté le 18 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/79409
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