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Année de l'opération :
2011Numéro d’opération :
123106Lieux :
France métropolitaine, Nouvelle-Aquitaine, Département de la Corrèze, Argentat-sur-Dordogne, ArgentatNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Ministère de la Culture
Texte intégral
1Cette première année de prospection subaquatique sur le secteur d’Argentat aura permis aux plongeurs impliqués dans le projet de se familiariser avec la Dordogne, rivière dont le fonctionnement est encore fortement marqué par les contreforts du Massif Central. Ce milieu présente plusieurs contraintes liées aux conditions géographiques, climatiques (température de l’eau, faible visibilité) et aux aménagements hydrauliques construits au milieu du xxe s. (variation des débits, disparition des zones de sédimentation, etc.). Pour autant, ces dernières n’interdisent pas la prospection. Ainsi, plusieurs zones géographiques de la rivière Dordogne se sont révélées intéressantes. Il s’agit en premier lieu du port fluvial de la ville qui a servi de dépotoir, probablement de la période médiévale jusqu’à aujourd’hui. Il s’agit, ensuite, de deux zones de confluence où du matériel archéologique (surtout des fragments de terres cuites – briques, tuiles, etc. – et du matériel céramique) a parfois été retrouvé en abondance. On notera également deux secteurs qui ont livré du mobilier de la période antique. Pour ces deux derniers cas, une occupation antique est connue à chaque fois sur la rive de la Dordogne dans la périphérie immédiate de ces découvertes.
2Il ne fait aucun doute que des prospections menées sur le cours supérieur de la Dordogne permettront de collecter du matériel archéologique. Pour ce qui est des aménagements anthropiques (digues, pêcheries, embarcadère, etc.), les choses apparaissent plus complexes. Effectivement, les grandes transformations que la rivière a connues depuis le milieu du xxe s. semblent avoir considérablement changé sa physionomie. Il apparaît que les transports de matériaux dans la rivière ne se font plus de la même façon que lors des siècles antérieurs. Les barrages ont régulé les mouvements eustatiques induits par la nature quasi torrentielle de la rivière dans ce secteur. Les crues importantes qui survenaient avant les années 1950 n’existent plus aujourd’hui. À cette occasion, des quantités importantes de matériaux étaient charriées et se déposaient sur les seuils et autres aménagements anthropiques. Comme nous avons pu le constater sur plusieurs aménagements connus anciennement (embarcadère, digues, bief etc.), la présence des barrages a probablement entraîné la destruction de nombreux aménagements anthropiques liés aux activités humaines le long et dans la rivière Dordogne depuis la Protohistoire. Pour autant, il apparaît tout à fait pertinent de continuer cette prospection, notamment en commençant à collecter du matériel archéologique submergé. Corrélé aux vestiges archéologiques connus à l’approche des berges de la Dordogne, ce travail pourrait s’avérer particulièrement fructueux en proposant des dynamiques d’implantations antiques et médiévales, insoupçonnées jusqu’alors, en connexion avec la rivière et son franchissement. Ce constat est particulièrement vrai pour les zones en amont des quais d’Argentat où un aménagement des berges pourrait correspondre à une occupation antique de grande dimension.
Pour citer cet article
Référence électronique
Raphaël Gestreau, « Argentat – La Dordogne » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 16 juin 2021, consulté le 05 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/80188
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