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Année de l'opération :
1999Chronologie :
époque médiévaleNature de l'opération :
fouille programméeNotes de la rédaction
Organisme porteur de l’opération : Brown University & Wesleyan University (USA)
Texte intégral
1Ce programme de fouilles, dont cette campagne n’est qu’une première étape, concerne le grand cloître gothique de l’ancienne abbaye. Les fouilles ont été lancées dans le cadre du programme de restauration du site de Saint-Jean-des-Vignes proposé par M. Thierry Algrin, architecte en chef des Monuments Historiques.
2Situé au cœur des bâtiments conventuels, le cloître de Saint-Jean-des-Vignes formait un carré de 30 m de côté. En partie démoli vers 1830, il ne conserve que ses galeries ouest et sud en élévation. De la galerie nord subsistent des formerets, avec culs-de-lampe sculptés, dans le mur du bas-côté sud de l’église, et les fondations de l’arcade. Il n’y a aucun vestige de la galerie située au-dessus des niveaux de circulation gothiques. Seules les fondations de l’arcade et du dortoir sont conservées.
3Quatre sondages ont été lancés en 1999 (2 dans chacune des galeries sud et est). Leurs résultats sont liés à ceux des fouilles préalables. Il a donc été possible d’identifier 2 niveaux différents de circulation. Un niveau de circulation médiéval (présumé xive s.) a été établi sur la base d’une petite surface de carreaux vernissés encore en place et des traces de mortier sur les murs de fondation. En moyenne, ce niveau se trouve à 56,78 m en altitude. Il a été également possible d’établir un niveau de circulation moderne (présumé xviie s.) d’après des empreintes de carreaux récupérés et la présence d’une cicatrice à la même altitude sur le mur du bas-côté sud de l’église. Ce niveau se trouve en moyenne à 57 m en altitude et constitue effectivement le niveau de circulation actuel. Une reprise en sous-œuvre dans la maçonnerie de l’arcade sud affirme le rehaussement en niveau de circulation au xviie s.
4En ce qui concerne les fondations des arcades du cloître et des bâtiments claustraux, il est maintenant possible de connaître leurs profils et leurs profondeurs sur les côtés nord, sud et est. Bien que les profils des fondations des arcades du cloître soient effectivement les mêmes, celles de la galerie nord descendent à peu près 75 cm plus profondément que les 2 autres. Cette différence s’explique selon toute probabilité par le contrebutement des forces latérales venant des voûtes de l’église gothique.
5Dans les 2 tranchées de la galerie est du cloître, 4 sépultures intactes ont été fouillées. Sur la base du contenu du remblai de ces tombes construites, on peut constater que toutes les quatre étaient des enterrements tardifs (voire post-médiévaux), adultes et présumés masculins. De plus, l’équivalent NMI de 7 autres individus dont un enfant provenant des inhumations perturbées a été mis au jour dans le remblai des 4 tombes. Entre 2 des tombes, il y avait un charnier comprenant au moins 4 autres individus.
6Sur le réseau hydraulique de l’abbaye, des observations inédites ont pu être effectuées. Il existe un drain vertical au cœur du troisième pilier de l’arcade sud du cloître (en venant de l’ouest). Ce drain ramène des eaux pluviales du toit de la galerie sud pour déboucher dans un puisard, ou bac, souterrain. Ce puisard est entièrement lié à la construction de fondations du pilier et fait donc partie de la conception originale. Situé au milieu des 2 baies donnant accès au lavabo gothique dans le milieu du préau, ce système d’évacuation des eaux pluviales évite l’installation d’une gargouille qui aurait rejeté l’eau sur les chanoines réguliers qui passaient dessous deux fois par jour.
7À Saint-Jean-des-Vignes, l’eau fraîche était captée à une source située à 2 km du site abbatial. En 1999, notre équipe a réussi à identifier l’édifice de la fontaine de ce réseau hydraulique à partir de l’étude de chartes médiévales et d’anciennes cartes. Nous avons réalisé un plan et une coupe longitudinale mesurés de l’ensemble subsistant toujours en élévation. Ce remarquable édifice, qui alimentait le lavabo du cloître, semble dater d’environ 1230 et n’a jamais été étudié. Il mérite d’être conservé et classé Monument Historique.
Pour citer cet article
Référence électronique
Sheila Bonde, Clark Maines, « Soissons – Abbaye Saint-Jean-des-Vignes » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Hauts-de-France, mis en ligne le 04 août 2021, consulté le 09 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/94934
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