Introduction
Texte intégral
1Le poème épique des Argonautiques d’Apollonios de Rhodes, d’inspiration homérique, est largement étudié sur le plan littéraire et poétique. Les éditions et commentaires d’Anthos Ardizzoni, Hermann Fränkel, Francis Vian, Enrico Livrea, Richard Hunter ou encore Rocchina Matteo ont servi largement de support à ces études qui ont envisagé l’œuvre dans ses dimensions esthétiques, poétiques, narratives, intertextuelles, politiques : on peut ici citer, parmi bien d’autres, les noms d’André Hurst, Charles Beye, Massimo Fusillo, Jim Clauss, Virginia Knight ou encore Anatole Mori. En revanche, ce poème épique hellénistique est beaucoup moins étudié sur le plan strictement linguistique. Il n’y a pas d’étude systématique récente de la langue d’Apollonios : on ne peut guère citer que quelques travaux anciens, voire datée d’O. Linsenbarth, De Apollonii Rhodii casuum syntaxi comparato usu Homerico, Leipzig, G. Fock, 1887 ; Charles J. Goodwin, Apollonius Rhodius. His Figures, Syntax, and Vocabulary, Baltimore, Friedenwald, 1891; Michael M.F. Oswald, The Use of the Prepositions in Apollonius Rhodius Compared with Their Use in Homer, Notre Dame, IN, Notre Dame UP, 1904 ; G. Boesch, De Apollonii Rhodii elocutione, Diss. Berlin, 1908. À date plus récente, on ne peut signaler, en dehors de quelques articles importants sur le participe ou le vocatif, que les deux études de Georgios N. Vasilaros, Der Gebrauch des Genetivus absolutus bei Apollonios Rhodios im Verhältnis zu Homer, Athènes, Lichno /Nationale und Capodistrianische Universität Athen, Philosophische Fakultät, 1993 et de Poulheria Kyriakou, Homeric hapax legomena in the Argonautica of Apollonius Rhodius. A Literary Study. Stuttgart, Steiner, 1995. On note d’ailleurs que la langue d’Apollonios est les plus souvent étudiée dans son rapport à la langue homérique. Comme s’il n’y avait pas de réelle autonomie de l’auteur alexandrin… toujours pris entre tradition et innovation, coincé dans une opposition des échos et des écarts par rapport à la norme que représente Homère en matière de langue épique. Même si cette profondeur homérique n'est pas à négliger, il est sans doute aussi temps d’envisager d’autres dimensions de la langue littéraire et très artificielle d’Apollonios de Rhodes. À l’occasion de la préparation d’une thèse de doctorat en sémantique et lexicologie grecques sur la création verbale chez Apollonios de Rhodes à l’université de Lyon, il nous a semblé judicieux d’organiser une journée d’étude sur la langue d’Apollonios de Rhodes. Sont abordées ici des questions de pragmatique, de morphologie et de sémantique : dérivation verbale, préfixation nominale, suffixation et gradation dans le domaine nominal, modalité et temporalité, anthroponymie et théonymie, et des phénomènes spécifiquement poétiques comme la tmèse.
Pour citer cet article
Référence électronique
Isabelle Boehm, Christophe Cusset et Emmanuelle Morel, « Introduction », Aitia [En ligne], 9.2 | 2019, mis en ligne le , consulté le 11 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/aitia/4847 ; DOI : https://doi.org/10.4000/aitia.4847
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