Ledoux François et Grandhomme Jean-Noël (dir.), Paul Ledoux, peintre alsacien engagé volontaire dans l’armée française. Carnets et correspondance de guerre (1914-1918)
Ledoux François et Grandhomme Jean-Noël (dir.), Paul Ledoux, peintre alsacien engagé volontaire dans l’armée française. Carnets et correspondance de guerre (1914-1918), Huningue, Presses universitaires Rhin & Danube, 2024, 392 p.
Texte intégral
1Ce nouveau témoignage de soldat de la Grande Guerre a de quoi retenir l’attention, à maints égards. Tout d’abord, il s’agit de la transcription fidèle (à quelques corrections près) de huit carnets tenus quasi quotidiennement par l’auteur tout au long de sa campagne de novembre 1914 à décembre 1918, à raison de quelques lignes par jour en moyenne, ainsi que des compléments apportés ultérieurement sur d’autres cahiers (sans qu’il soit facile, malheureusement, de les distinguer) et d’un choix de lettres échangées avec son épouse et des amis. François Ledoux, petit-fils de l’auteur, en signe l’avant-propos puis l’introduction, conjointement avec Jean-Noël Grandhomme, et l’ensemble est encore agrémenté d’une série d’illustrations (gravures, dessins, aquarelles) reproduites en couleur. Car on connaît surtout Paul Ledoux comme un peintre de renommée régionale. Originaire d’Illkirch-Graffenstaden, il s’est formé successivement dans des écoles d’arts à Strasbourg, Paris et Munich. Établi à Paris quand éclate la guerre, il décide de signer un engagement volontaire dans la Légion étrangère, ce qui lui confère ipso facto la nationalité française. Son témoignage inédit, exhumé il y a quelques années du grenier de son ancien atelier de Saint-Léonard, près de Bœrsch, nous permet ainsi de suivre l’expérience de guerre d’un artiste qui, après quelques mois passés au front, est appelé en janvier 1915 à rejoindre l’équipe de commandement de son régiment en qualité de dessinateur, ce qui le met à l’abri des combats de première ligne (mais pas des tirs d’obus). Son colonel lui confie alors le soin de réaliser des croquis et dessins topographiques. La même année, il devient encore interprète pour les interrogatoires de prisonniers allemands, avant de rejoindre plus tard le service de renseignement de la 3e Armée. En plus de nous renseigner sur cette expérience de guerre peu ordinaire, son témoignage nous permet d’en apprendre davantage sur cette génération d’artistes alsaciens établis à Paris et sur leur proximité avec le milieu des (fils d’) optants soucieux de cultiver le souvenir des provinces perdues, de pair avec certains cercles nationalistes. Proche de Lucien Rudrauf (lui aussi originaire de Graffenstaden et engagé volontaire), qu’il continue de fréquenter au cours de la guerre, et des époux Laugel, francophiles réfugiés à Paris à la veille du conflit, il entretient en outre des relations épistolaires avec Pierre Bucher, Henri Floury, futur éditeur de Hansi, Albert Carré et Maurice Barrès, pour ne citer que les plus connus. Un petit monde, somme toute assez réduit, qui jouera pourtant un rôle considérable dans la politique d’assimilation mise en œuvre en Alsace après 1918.
Pour citer cet article
Référence papier
Raphaël Georges, « Ledoux François et Grandhomme Jean-Noël (dir.), Paul Ledoux, peintre alsacien engagé volontaire dans l’armée française. Carnets et correspondance de guerre (1914-1918) », Revue d’Alsace, 151 | 2025, 391-392.
Référence électronique
Raphaël Georges, « Ledoux François et Grandhomme Jean-Noël (dir.), Paul Ledoux, peintre alsacien engagé volontaire dans l’armée française. Carnets et correspondance de guerre (1914-1918) », Revue d’Alsace [En ligne], 151 | 2025, mis en ligne le 01 février 2026, consulté le 16 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/alsace/6574 ; DOI : https://doi.org/10.4000/15nkf
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